Indice de masse grasse

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L’indice de masse grasse (IMG) est un indice, exprimé en pourcentage, permettant de juger de la proportion de tissus adipeux d’une personne adulte, qui rend compte de la disproportion entre la masse de graisse et celles des muscles.

Calcul[modifier | modifier le code]

Différentes formules existent[1] permettant d’estimer la proportion de masse adipeuse dans le corps humain en tenant compte de l’Indice de masse corporelle (IMC), de l’âge (en années) et du sexe (S = 0 pour la femme et S = 1 pour l’homme).

La formule proposée par Deurenberg, et al., en 1991 pour l’adulte est la suivante[2] :

IMG = (1,2 × IMC) + (0,23 × âge) - (10,8 × S) - 5,4

Soit en fonction de la masse M (kg) et de la taille T (m) :

IMG = (1,2 × M / T² ) + (0,23 × âge) - (10,8 × S) - 5,4

le résultat est exprimé en %.

Note : Cette formule ne s’applique pas à tous les adultes, elle n’est pas valable notamment pour les enfants de moins de 15 ans et les adultes de plus de 50 ans, les femmes enceintes ou qui allaitent, les personnes très musclées, les athlètes d’endurance de haut niveau, et les personnes géantes, naines ou amputées.

Exemples[modifier | modifier le code]

  • femme de 29 ans, 1,58 m et 55 kg : IMG = 27,7 % ;
  • homme de 37 ans, 1,77 m et 74 kg : IMG = 20,63 % ;
  • femme de 23 ans, 1,80 m et 58 kg : IMG = 21,4 %.

Interprétation[modifier | modifier le code]

Notre corps contient une certaine quantité de graisse : environ 25 à 30 % chez les femmes et de 15 à 20 % chez les hommes.

  • Femmes :
< 25 % : trop maigre ;
25-30 % : normal ;
> 30 % : trop de graisse.
  • Hommes :
< 15 % : trop maigre ;
15-20 %: normal ;
> 20 % : trop de graisse.

Ces résultats peuvent ne pas être cohérents si le corps est musclé.

Autres méthodes[modifier | modifier le code]

Il existe d’autres méthodes pour évaluer la proportion de masse grasse :

  • la densitométrie hydrostatique, qui mesure la densité du corps humain en expiration forcée et effectue la déduction connaissant la densité de la graisse (0,9007) et celle de la masse maigre (1,11). La formule de Siri est la plus utilisée : d = m/v (avec d = densité corporelle, m = masse en kg, v = volume en litre), d’où %MG = 495/d-450 ;
  • le comptage du potassium 40 dans une chambre blindée. Le potassium 40, radioactif, est naturellement présent dans le corps humain et représente 0,012 % du potassium total. Cette méthode est coûteuse et discutable car il n’est pas démontré qu’il existe un taux constant de potassium dans la masse maigre, surtout dans les états pathologiques ;
  • la mesure de l’eau corporelle, qui utilise des isotopes stables comme le deutérium ou l’oxygène 18, par absorption orale et analyse par spectrographie de masse sur échantillons d’urine ou de salive. On suppose alors que la masse maigre contient 73 % d’eau ;
  • la méthode des plis cutanés, qui utilise une pince ou compas spécial de type harpenden. Elle mesure six plis cutanés, qui sont, de haut en bas : pli sub-scapulaire, pli bicipital, pli tricipital, pli abdominal, pli supra-iliaque et pli crural. Plusieurs auteurs ont proposé des équations de régression pour calculer la masse grasse : Durnin et Carter pour l’adulte ; Brook pour l’enfant ; Carter en fonction du sexe :
pour les hommes : %MG = (somme des six plis × 0,1051) + 2,585. Norme entre 15 % et 20 % ;
pour les femmes : %MG = (somme des six plis × 0,1548) + 3,58. Norme entre 25 % et 30 % ;
  • l’absorption biphotonique (DEXA : Dual energy X-Ray absorptiometry), qui balaye l’ensemble du corps par un faisceau très fin de rayons X à deux niveaux d’énergie (40 KeV et 100 KeV) pour séparer la masse calcique, la masse maigre et la masse grasse. Celles-ci sont mesurées à 1 % près ;
  • la résonance magnétique nucléaire (RMN), technique coûteuse qui permet de différencier toute la graisse par détection des radicaux méthyles de celle-ci. Cette méthode de référence permet d’étalonner les autres méthodes ;
  • l’impédancemétrie, utilisée maintenant sur des balances destinées au grand public : le corps humain contient une grande proportion d’eau et est donc conducteur électrique. Le modèle de Fricke voit le corps humain sous forme de secteurs intra- et extracellulaires — représentés par deux résistances — et la membrane cellulaire — représentée par un condensateur électrique. Un courant alternatif de faible tension appliqué par des électrodes sur la peau (le plus souvent entre les deux pieds), permet de déterminer la proportion d’eau intra- et extracellulaire : les basses fréquences (1 à 5 kHz) pour l’eau extracellulaire et les fréquences au-delà de 500 kHz pour l’eau totale. Cette méthode n’est pas fiable, car le résultat affiché est modifié par la déshydratation éventuelle du sujet.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en)The effect of sex, age and race on estimating percentage body fat from body mass index: the Heritage Family Study. Authors: Jackson AS, Stanforth PR, Gagnon J, et al. Journal: Int J Obes Relat Metab Disord, Jun 2002;26(6):789-96. Heritage Family Study, commentaires sur www.halls.md.
  2. (en) Deurenberg P, Westrate JA, Seidell JC. Body mass index as a measure of body fatness: age- and sex-specific prediction formulas. Br J Nutr 1991; 65:105-114. Résumé.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]