Gabrielle-Suzanne de Villeneuve

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Gabrielle-Suzanne de Villeneuve, née Gabrielle-Suzanne Barbot, dame de Romagné et des Mothais (v. 1695 à La Rochelle - 29 décembre 1755 à Paris), est une romancière française, connue surtout pour avoir composé la première version moderne de La Belle et la Bête.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de Jean Barbot, écuyer, seigneur de Romagné et des Mothais, conseiller du Roi au Présidial de la Rochelle, et de dame Suzanne Allaire, elle épousa en l'église Saint-Barthélémy de La Rochelle le 9 février 1706 Jean Baptiste de Gaalon de Barzay, chevalier, seigneur de Villeneuve, lieutenant-colonel d'infanterie au Régiment de Berville, qui mourut à Pampelune le 14 juin 1711.

Par son mariage, Jean Baptiste de Gaalon de Barzay avait reçu en dot de la famille Barbot la terre de Villeneuve.

Toutefois, dès le 8 novembre 1706, Gabrielle-Suzanne Barbot obtint du Présidial de La Rochelle séparation de biens, à cause des pertes faites au jeu par son mari "et son mauvais ménagement".

Elle en eut malgré tout une fille, Marie Louise Suzanne, née à La Rochelle le 13 février 1708.

Devenue veuve à 26 ans, et sans ressources, elle se lança dans la carrière littéraire, ce qui lui valut l'amitié de plusieurs hommes de lettres, parmi lesquelsCrébillon père[1] avec qui elle vécut quelques années. Son roman le plus apprécié fut La Jardinière de Vincennes, paru en 1753.

La Belle et la Bête[modifier | modifier le code]

Elle aurait entendu ce conte (dont une version antérieure datait de Straparola) de la bouche d'une femme de chambre alors qu'elle était en voyage pour l'Amérique. Elle le fit paraître en 1740 dans un recueil intitulé La Jeune Américaine et les contes marins, mais il ne connut la célébrité que lorsqu'il fut repris en 1758, sous forme très abrégée, par une autre romancière, Jeanne Marie Leprince de Beaumont, dans son Magasin des enfants. La version de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve a néanmoins été souvent rééditée.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Beaucoup de ses ouvrages sont parus de manière anonyme (signée « Mme de V*** »), ce qui rend difficile un certain nombre d'attributions.

  • Le Phénix conjugal, nouvelle du temps (1734)
  • Gaston de Foix, quatrième du nom, nouvelle historique, galante et tragique ( 1739)
  • Contes de cette année (1744) réédité sous le titre : Contes de Mme de Villeneuve (1765)
  • Les Belles solitaires (1745)
  • La Jardinière de Vincennes (1753)
  • Le Juge prévenu (1754)
  • La Jeune Américaine et les contes marins (1740)
  • Le Beau-frère supposé (1740)
  • Le Temps et la patience, conte moral (1768)

D'autres romans lui ont parfois été attribués. Elle a publié aussi sous le titre Anecdotes de la cour d'Alphonse onzieme du nom, roi de Castille une version remaniée d'Alphonse roi de Castille, roman de Madeleine de Scudéry, dont les premières versions avaient paru anonymement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Biancardi (éd.), "Madame de Villeneuve : notice bio-bibliographique", in Madame de Villeneuve, La Jeune Américaine et les contes marins (La Belle et la Bête), Les Belles Solitaires ; Madame Leprince de Beaumont, Magasin des enfants (La Belle et la Bête), Paris, Honoré Champion,‎ 2008, 1630 p., p. Cette "vieille muse", identifiée par sa fonction de "gouvernante" au milieu des chats du dramaturge, désigne peut-être déjà Mme de Villeneuve, âgée de quarante-huit ans à cette époque. Quand Voltaire reparlera d'elle à propos de l'approbation de son Oreste, et la nommera explicitement dans une lettre du 6 janvier 1750, son évocation du cadre et de la personne seront à peu près les mêmes ; son ton seulement se fera plus acide, à cause sans doute de ses démêlés avec Crébillon père, entre-temps devenu censure de la police [...]. (p. 33)