Déclaration de Barmen

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La déclaration de Barmen est un texte de 1934 à tendance œcuménique qui regroupe plusieurs tendances du protestantisme allemand. Cette déclaration théologique de Barmen est l'acte fondateur de l'Église confessante qui s'oppose au mouvement orienté vers le national-socialisme des chrétiens allemands. C'est en conséquence un texte écrit en résistance à la théologie moderne et immanente des chrétiens allemands et au paganisme du national-socialisme.

Le national-socialisme et le mouvement des Chrétiens allemands voulaient établir un christianisme positif déjudaïsé, donc débarrassé de l'Ancien Testament et des écrits de Paul de Tarse et inséré dans la spiritualité païenne du national-socialisme, c'est-à-dire une spiritualité immanente et holiste. Face à ces attaques contre la foi chrétienne, le texte protestant marque un retour au sources du christianisme : la Parole de Dieu et la vérité transcendante de l'Ecriture Sainte. C'est une redécouverte des confessions de la Réforme. Il s'oppose non seulement aux Chrétiens allemands, mais aussi à tout le syncrétisme moderne qui l'a rendu possible. Ceux-là réagiront en accusant l'église confessante de petitesse d'esprit et de fondamentalisme[1].

Le texte est principalement écrit par Karl Barth, mais d'autres protestants allemands y participent, comme Dietrich Bonhoeffer, Rudolf Bultmann. Même si comme l'affirme Robert Ericksen, il n'y pas vraiment de théologie étanche à Hitler pendant cette période[2], l'engagement derrière cette déclaration et la participation à l'église confessante reste une ligne de démarcation claire, qui regroupera des protestants de tendances très différentes, même si après la guerre l'aspect théologique de la déclaration sera critiqué par les luthériens orthodoxes [pourquoi ?].

En déclarant dans le premier point « Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle, en plus et à côté de cette seule Parole de Dieu, l’Église pourrait et devrait reconnaître d’autres événements et pouvoirs, personnalités et vérités, comme Révélation de Dieu et source de sa prédication », le texte rejette la « théologie naturelle » et l'acceptation d'une loi naturelle à côté de celle de Dieu. Le texte va ainsi à l'envers de la théologie moderniste, qui dit que « Dieu est révélé dans la nature, la culture humaine, qu'il est accessible par la raison et le progrès historique »[1].


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Modern Fascism: The Threat to the Judeo-Christian Worldview, Gene Edward Veith, 1993, (ISBN 0570046033)
  2. Theologians Under Hitler: Gerhard Kittel, Paul Althaus and Emanuel Hirsch, Yale, 1985

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