Martin Niemöller
Emil Gustav Friedrich Martin Niemöller, né le 14 janvier 1892 à Lippstadt et mort le 6 mars 1984 à Wiesbaden, est un pasteur, théologien allemand et créateur de l'Église confessante.
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Biographie [modifier]
Jeunesse [modifier]
Fils du pasteur luthérien Heinrich Niemöller et de sa femme Paula née Müller, il est élevé dans un milieu conservateur. En 1900, il déménage à Elberfeld où il termine sa scolarité par l'obtention de l'Abitur.
Première Guerre mondiale [modifier]
Quelque mois après le début de la Première Guerre mondiale, il rejoint la flotte sous-marine en 1915 et sert au sein de plusieurs sous-marins où il est formé à bord du U-3. Il est ensuite affecté en février 1916 à bord du U-73 en tant que second officier, sous le commandement de Gustav Sieß. À partir de janvier 1917 il sert à bord du U-39 commandé par Walter Forstmann. Ce sous-marin coule 35 navires, la Kaiserliche Marine pratiquant alors la guerre sous-marine à outrance. Il écrivit dans ses mémoires, après avoir assisté au torpillage d'un navire de transport : « Ce 25 janvier 1917 a marqué un point de non-retour dans ma vie, car il m'a ouvert les yeux sur l'impossibilité absolue d'un univers moral[1]. »
Niemöller est promu premier officier et rejoint l'U-151 de Waldemar Kophamel en août 1917.
Le 15 juin 1918, il obtient son propre commandement avec le UC-67, et coule avec ce sous-marin 3 navires alliés.
Entre-deux-guerres [modifier]
Après la guerre pour lequel il a été décoré, il devint brièvement agriculteur et s'oriente finalement vers la théologie protestante de 1919 et 1923. Il a été ordonné en 1924 et est devenu pasteur à Dahlem en 1931.
Au moment de la montée en puissance du pouvoir nazi, qui noyauta peu à peu l'église allemande, le pasteur Martin Niemöller, pourtant partisan du régime hitlérien et ancien des Corps Francs, appela les pasteurs hostiles aux mesures antisémites à s'unir au sein d'une nouvelle organisation, le « Pfarrernotbund », la « Ligue d'urgence des pasteurs », qui respecterait les principes de tolérance énoncés par la Bible et la profession de foi réformatrice. Cet appel eut un grand écho : à la fin de l'année 1933, 6 000 pasteurs, soit plus d'un tiers des ecclésiastiques protestants, avaient rejoint ce groupe dissident. La « Ligue d'urgence des pasteurs », soutenue par des protestants à l'étranger, adressa au synode une lettre de protestation contre les mesures d'exclusion et de persécution prises envers les juifs et envers les pasteurs refusant d'obéir aux nazis. Malgré les protestations, Martin Niemöller fut déchu de ses fonctions de pasteur et mis prématurément en retraite au début du mois de novembre 1933. Mais la grande majorité des croyants de sa paroisse décida de lui rester fidèle, et il put ainsi continuer à prêcher et à assumer ses fonctions de pasteur.
Niemöller fut arrêté en 1937 et envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen. Il fut ensuite transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau.
Après-guerre [modifier]
Libéré du camp par la chute du régime nazi, en 1945, il se consacrera par la suite, jusqu'à sa mort en 1984, à la reconstruction de l'Église protestante d'Allemagne et prendra de plus en plus de distance avec les milieux conservateurs de ses origines pour devenir un militant pacifiste. Ce poème a été, et continue aujourd'hui à être, faussement attribué au dramaturge Bertolt Brecht.
- Poème attribué à Niemöller[2] :
« Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas communiste.
Lorsqu'ils ont emprisonné les socialistes,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas socialiste.
Lorsqu'ils sont venus chercher les syndicalistes,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas syndicaliste.
Lorsqu'ils sont venus me chercher
il ne restait plus personne
pour protester. »
La forme initiale exacte et l'origine de ce poème ne sont pas connues avec certitude (voir les liens externes). La forme ci-dessus est une traduction de celle reconnue définitive par la Fondation Martin Niemöller[3]. Le poème a été écrit en 1942.
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
Liens externes [modifier]
- (de) Fondation Martin Niemöller
- (en) Autre biographie
Références [modifier]
- Winter, Jay & Baggett, Blaine, 14-18, Le Grand Bouleversement, Presses de la Cité, 1997.
- (en) Niemöller, origin of famous quotation Harold Marcuse, UC Santa Barbara (2005).
- (de) http://www.martin-niemoeller-stiftung.de/4/daszitat/a31.