Martin Niemöller

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Martin Niemöller

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Le pasteur Martin Niemöller à La Haye en 1952 (Nationaal Archief).

Nom de naissance Friedrich Gustav Emil Martin Niemöller
Naissance 14 janvier 1892
Lippstadt
Décès 6 mars 1984 (à 92 ans)
Wiesbaden Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Nationalité allemande
Profession

Emil Gustav Friedrich Martin Niemöller, né le 14 janvier 1892 à Lippstadt et mort le 6 mars 1984 à Wiesbaden, est un pasteur, théologien allemand et créateur de l'Église confessante.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Fils du pasteur luthérien Heinrich Niemöller et de sa femme Paula née Müller, il est élevé dans un milieu conservateur. En 1900, il déménage à Elberfeld où il termine sa scolarité par l'obtention de l'Abitur.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Quelques mois après le début de la Première Guerre mondiale, il rejoint la flotte sous-marine en 1915 et sert sur plusieurs sous-marins où il est formé à bord du U-3. Il est ensuite affecté en février 1916 à bord du U-73 en tant que second officier, sous le commandement de Gustav Sieß. À partir de janvier 1917 il sert à bord du U-39 commandé par Walter Forstmann. Ce sous-marin coule 35 navires, la Kaiserliche Marine pratiquant alors la guerre sous-marine à outrance. Il écrivit dans ses mémoires, après avoir assisté au torpillage d'un navire de transport : « Ce 25 janvier 1917 a marqué un point de non-retour dans ma vie, car il m'a ouvert les yeux sur l'impossibilité absolue d'un univers moral[1]. »

Niemöller est promu premier officier et rejoint l'U-151 de Waldemar Kophamel en août 1917.

Le 15 juin 1918, il obtient son propre commandement avec le UC-67, et coule avec ce sous-marin trois navires alliés.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Carte de membre de l'Église confessante signée par Niemöller. Berlin-Dahlem, 1934.

Après la guerre pour laquelle il a été décoré, il devient brièvement agriculteur et s'oriente finalement vers la théologie protestante de 1919 à 1923. Il est ordonné en 1924 et devient pasteur à Dahlem en 1931.

Au moment de la montée en puissance du pouvoir nazi, qui noyaute peu à peu l'Église allemande, le pasteur Martin Niemöller, pourtant partisan du régime hitlérien[2] et ancien commandant des Corps francs[3], appelle les pasteurs hostiles aux mesures antisémites à s'unir au sein d'une nouvelle organisation, le « Pfarrernotbund (de) », la « Ligue d'urgence des pasteurs », qui respecterait les principes de tolérance énoncés par la Bible et la profession de foi réformatrice. Cet appel a un grand écho : à la fin de l'année 1933, 6 000 pasteurs, soit plus d'un tiers des ecclésiastiques protestants, ont rejoint ce groupe dissident. La « Ligue d'urgence des pasteurs », soutenue par des protestants à l'étranger, adresse au synode une lettre de protestation contre les mesures d'exclusion et de persécution prises envers les Juifs et envers les pasteurs refusant d'obéir aux nazis. Malgré les protestations, Martin Niemöller est déchu de ses fonctions de pasteur et mis prématurément en retraite au début du mois de novembre 1933. Mais la grande majorité des croyants de sa paroisse décide de lui rester fidèle, et il peut ainsi continuer à prêcher et à assumer ses fonctions de pasteur.

Niemöller fut arrêté en 1937 et envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen. Il fut ensuite transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Martin Niemöller sur un timbre d'Allemagne de 1992, dessiné par Gerd Aretz.

Libéré du camp par la chute du régime nazi, en 1945, il se consacre par la suite, jusqu'à sa mort en 1984, à la reconstruction de l'Église protestante d'Allemagne et prend de plus en plus de distance avec les milieux conservateurs de ses origines pour devenir un militant pacifiste. Ce poème a été, et continue aujourd'hui à être, faussement attribué au dramaturge Bertolt Brecht.

Poème attribué à Niemöller[4],[5] :

« Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas communiste.

Lorsqu’ils ont enfermé les sociaux-démocrates,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas social-démocrate.

Lorsqu'ils sont venus chercher les syndicalistes,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas syndicaliste.

Lorsqu'ils sont venus chercher les juifs,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas juif.

Lorsqu’ils sont venus me chercher,
il ne restait plus personne
pour protester. »

La forme initiale exacte et l'origine de ce poème ne sont pas connues avec certitude (voir les liens externes). La forme ci-dessus est une traduction de celle reconnue définitive par la Fondation Martin Niemöller[4]. Le poème a été écrit en 1942.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Winter, Jay & Baggett, Blaine (trad. Ania Cambau), 14-18 – Le Grand Bouleversement, Presses de la Cité, 1997 (ISBN 978-2258048096).
  2. (en) Leo Stein, « Niemoeller speaks! An Exclusive Report By One Who Lived 22 Months In Prison With The Famous German Pastor Who Defied Adolf Hitler », The National Jewish Monthly, sur history.ucsb.edu,‎ mai 1941 (consulté le 18 mars 2014), p. 284–5, 301–2.
  3. (de) « Biographie – Vom U-Boot zur Kanzel zur Protestdemonstration: Stationen aus dem Leben Martin Niemöllers », sur martin-niemoeller-stiftung.de, site officiel de la fondation Martin Niemöller (Martin Niemöller Stiftung),‎ 17 septembre 2005 (consulté le 18 mars 2014).
  4. a et b (de) « Als die Nazis die Kommunisten holten... », Martin Niemöller Stiftung, 22 septembre 2005.
  5. (en) Harold Marcuse (en), « Martin Niemöller's famous quotation », UC Santa Barbara, page créée le 12 septembre 2000, mise à jour le 28 février 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]