Carolyne de Sayn-Wittgenstein

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Carolyne de Sayn-Wittgenstein en 1847

Jeanne Élisabeth Carolyne de Sayn-Wittgenstein, née Iwanowska, est un princesse russo-polonaise, née le 8 février 1819 et morte le 8 mars 1887[1] à Rome. Elle fut la compagne de Franz Liszt de 1847 à 1861.

Famille[modifier | modifier le code]

  • Son père : Peter von Iwanowski, aristocrate polonais, riche propriétaire terrien.
  • Sa mère : Pauline, née von Podowska.
  • Son mari : Prince Nikolaus zu Sayn-Wittgenstein-Berleburg-Ludwigsburg (1812-1864), aide-de-camp du gouverneur de Kiev et fils cadet du feld-maréchal russe, le prince Ludwig Adolf Peter zu Sayn-Wittgenstein (1769-1843).
  • Sa fille : Marie Pauline Antoinette (1837–1920), épouse du Prince Konstantin zu Hohenlohe-Waldenburg-Schillingsfürst.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les premières années[modifier | modifier le code]

Karolina Elżbieta Iwanowska naît le 8 février 1819. Elle vit au château de Woronińce, aujourd'hui Voronivtsi (Воронівці), Ukraine, entre Kiev et Odessa, alors province de l'Empire russe.

En 1836, obéissant à son père, elle épouse le prince Nicolaus zu Sayn-Wittgenstein. Leur fille, la princesse Marie, naît le 18 février 1837.

Près de Franz Liszt[modifier | modifier le code]

En février 1847, elle rencontre Franz Liszt, alors en tournée à Kiev[2]. En septembre de la même année, Liszt cesse son activité de pianiste virtuose pour se consacrer à la composition.

Le grand-duc de Weimar offrant à Liszt le poste de maître de chapelle en "Service extraordinaire", la princesse quitte la Russie avec sa fille et le rejoint à Weimar en avril 1848. ils y vivent douze ans. Ils accroissent le rayonnement musical de la ville en invitant de nombreux musiciens, dont plusieurs fois Berlioz, qui entretint avec la princesse une correspondance de 1852 à 1867. Elle l'encourage notamment à écrire Les Troyens, dont il dédie la partition à Virgile (Divo Virgilio) mais aussi à la princesse Carolyne de Sayn-Wittgenstein.

Associé aux nombreuses déceptions de Liszt à Weimar, le scandale entraîné par le fait que le compositeur vive avec une femme mariée les pousse à quitter cette ville.

En 1860, elle se rend à Rome pour obtenir le divorce. Après deux audiences pontificales, elle reçoit l'autorisation d'épouser Liszt. La cérémonie est fixée à Rome (église San Carlo al Corso) pour le 22 octobre 1861, jour des cinquante ans de Liszt. Mais la veille, la cérémonie est annulée[3]. Liszt commence ce qu'il appellera plus tard sa "vie trifurquée" : il séjourne à Rome, à Budapest puis aussi à Bayreuth sans cesser de faire de longs séjours à Weimar, dans la maison que lui avait fait préparer le Grand-Duc : la Hoffgärtnerei.

Les dernières années[modifier | modifier le code]

La princesse, recluse dans son appartement de Rome (93 Piazza di Spagna, puis 89, via Babuino)[4], se consacre aux études théologiques. Elle meurt huit mois après Liszt.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Des causes intérieures de la faiblesse extérieure de l'Église, 24 vol, 1877. L'Église romaine, après s'être donné le temps de la réflexion, l'inscrivit sur l'Index Librorum Prohibitorum de 1948.
  • La vie chrétienne au milieu du monde et en notre siècle. Entretiens pratiques recueillis et publiés par Henri Lasserre, Paris, 1895.
  • Simplicité des colombes, prudence des serpents — Quelques réflexions suggérées par les femmes et les temps actuels, s.d. ; Texte sur Gallica
  • Émile Ollivier et Carolyne de Sayn-Wittgenstein, Correspondance, 1858-1887, Pariss, PUF, 1984

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Ernst Burger, Franz Liszt, préface de Alfred Brendel, (de) Paul List Verlag GMBH, 1986 ; (fr) traduit de l'allemand par Odile Demange, Fayard, 1988, (ISBN 2-213-02120-0[à vérifier : ISBN invalide])
  • Henri Maréchal, Rome, — Souvenirs d'un musicien, préface de Jules Claretie, Librairie Hachette et Cie, 1904. Un chapitre est consacré à « madame la princesse de Wittgenstein », p. 229-286. texte sur Gallica.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Point à préciser. — Le jour de sa mort varie du 7 au 10 mars selon les sources : 9 mars (wikipédias sauf (de)) ; 10 mars ((de)w) ; 8 mars (Burger, p. 168) ; 7 mars (Burger, p. 328.).
  2. Probablement le 2 février 1847, salle de l'université de Saint-Vladimir (Kiev), récital de piano [Source : Ernst Burger, p. 169.]
  3. « Un cousin de la princesse, présent à Rome par hasard, entre tout aussi par hasard dans l'église déjà décorée pour le mariage. Il obtient qu'un examen du dossier soit ordonné la veille même de la cérémonie. La princesse s'y oppose. Le mariage n'aura pas lieu. » [Burger, p. 221.]
  4. Burger, p. 121.