Bokator

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Le Bokator (ល្បុក្កតោ), Bok signifiant « cogner », -a pour « le » et -tor pour « lion », est un art martial d'origine khmère dont l'origine remonte au IIIe siècle environ.

Plus que la littérature, c'est surtout l'architecture et la sculpture des bas-reliefs des temples qui - en sanskrit ou sous formes de dessins (le peuple était illettré) - témoignent du mode de vie des Khmers anciens et des guerriers sur les champs de bataille. Les arts martiaux khmers (Kbach kun boran (en) Khmer), sont gravés dans la pierre des temples et des monuments de Angkor Wat, Angkor Thom, Bayon, Preah Vihear.

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • Selon les bas-reliefs et les textes en sanscrit sur les murs des temples, en 257 A.D. un maitre d'armes Lok Kru Sakikori (ou Sathékori), nomma la méthode de combat (Mae) qu'il enseignait, « Lokusskor ». Nom le plus ancien parvenu jusqu'à nous.
  • En 537 A.D. un autre maitre d'arme Lok Kru Yaksakri, fonda sa méthode (Mae) : le Bokator, ou Kun Khèl, utilisant deux khèls (sorte de tonfa-boucliers) contre les épées et les bâtons ou les lances.
  • Un autre maitre d'armes fameux, Lok Kru Kamakyut Parak fonda la méthode (Mae) dite « des deux épées courtes » à la même période.

Le mot « L’Bokk_Kak_ Tao », serait dérivé du sanskrit et signifierait « Tantra » (énergie). Il est défini dans le dictionnaire cambodgien comme la méthode de combat (Mae) utilisant deux khèls (sorte de tonfa-boucliers, voir photos) et mise au point par le maitre d'arme Lok Kru Yaksakri. Ces dires sont confirmés par les krus (maitres) cambodgiens aujourd'hui.

De fait, l'ensemble des maitres experts en arts martiaux khmers traditionnels (Kbach Kun Boran Khmer) admettent que c'est un abus de langage et une confusion de dire que le « L’Bokatao » (« L’Bokator ») ou Kun Khèl regroupe l'ensemble des méthodes (Mae) de lutte et de combat, datant de l'époque pré-angkorienne (avant le IXe siècle A.D.).

Le « L’Bokatao », Bokator ou Kun Khèl n'était que l'une des méthodes à main armées, parmi celles répertoriées comme datant de cette époque (IIIe siècle A.D.).

Il s'agissait à l'époque de techniques de bras armés destinées à contrer des adversaires armés de lances ou d'épées. En effet, les techniques de sauts, de jambes étaient difficilement concevables dans un contexte militaire de batailles rangées, où le combattant est lourdement équipé. Il se caractérisait par des positions très basses (proches de celles du kalari payatt indien), des techniques de combat rapproché et des attaques simultanées visant les points vitaux pour dit-on, disloquer les articulations du corps humain.

Un autre aspect du L’Bokatao (L’Bokk_Kak_ Tao) ou Kun Khèl traitait des aspects mentaux et psychiques du combat, des mantras d'origines brahmanes indiennes permettant de prendre l'ascendant sur, voire le contrôle de, l'esprit de l'ennemi.

De nos jours encore, par tradition, auto-suggestion ou réelle influence, de nombreux keilakors (boxeurs) de Kun Khmer (boxe khmère) durant leur kun kru avant le combat, récitent des mantras, destinés à leur assurer force et domination de l'adversaire.

On le voit, peu d'informations détaillées nous sont parvenues sur le Kun Khèl ou « L’Bokatao » ou « Bokator » (L’Bokk_Kak_ Tao) datant du IIIe siècle AD. Au delà de l'aspect purement historique, il trouve son intérêt dans l'éclairage qu'il apporte sur les origines des arts martiaux khmers. Les premières tentatives de structurer l'enseignement des méthodes (Mae) de combat rapproché avec armes; dans un but militaire datent de bien avant le Royaume d'Angkor (IXe siècle A.D.). De fait, les arts martiaux khmers seront réorganisés, les principes d'enseignement restructurés au IXe siècle, sous le règne de Jayavarman VII le plus grand roi d'Angkor.

En France et en Europe[modifier | modifier le code]

Il existe en Europe plusieurs fédérations affiliées aux différents maîtres cambodgiens revendiquant l'héritage des arts martiaux traditionnels khmers.