Black War

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Une image des quatre derniers aborigènes tasmaniens de "lignée pure" vers 1860s ; Truganini, la dernière survivante de l'ethnie est située à l'extrême droite de l'image.

La Guerre noire (Black War) se rapporte à un conflit entre les colons britanniques et les Aborigènes de Tasmanie (dénommée la « Terre de van Diemen » à l'époque) en Australie au début du XIXe siècle. L'histoire des relations interraciales en Tasmanie demeure sujet de controverse pour les historiens mais le conflit a parfois été considéré comme un génocide car il a entrainé la disparition d'une grande partie des Aborigènes de Tasmanie.

Histoire[modifier | modifier le code]

La guerre ne fut jamais déclarée officiellement et il n'y a pas de consensus sur sa durée. Grossièrement, elle commença avec l'arrivée des premiers Européens sur l'île en 1803, arriva à son apogée dans les années 1820 et s'acheva dans les années 1830 avec l'installation des Aborigènes survivants – dont Truganini – à Flinders Island.

Il n'est pas possible à l'heure actuelle de savoir le nombre de morts que cette guerre a entrainés et il demeure sujet de controverse pour les historiens, mais au moins 307 personnes sont mortes de violences de 1803 à 1834[1],[2].

Les plus violentes attaques de hors-la-loi, les bushrangers, ont lieu dans le Pays de van Diemen. Des centaines de bagnards sont en liberté dans le bush, des fermes sont abandonnées par les colons et la loi martiale proclamée en 1828. Un hors-la-loi aborigène nommé Musquito, originaire de Sydney, défie les autorités coloniales et mène des attaques contre des colons, avant d'être arrêté et pendu. Charles Darwin visite Hobart en 1836. Il note une succession récente des « vols, d'incendies et de meurtres par les noirs » qui s'étaient achevés par leur envoi en exil. Toutefois, on pouvait trouver l'origine des violences dans la « conduite infâme » de quelques compatriotes anglais[3].

En 1803, des colons britanniques quittent la Nouvelle-Galles du Sud pour s’établir en Tasmanie, qui devient une colonie séparée en 1826. La population aborigène, estimée à 6 000 personnes au moment de l'arrivée des premiers Européens décline rapidement dans les 30 ans qui suivent cette arrivée, essentiellement par l'introduction de maladies infectieuses contre lesquelles elle n'était pas immunisée mais aussi par suite de ses déplacements et par le changement de son mode de vie et par des échanges violents avec les colons. La population a chuté à environ 300 en 1833. George Augustus Robinson est envoyé sur l'île pour essayer d'y ramener la paix, aidé par Truganini, une femme aborigène avec qui il se lie d'amitié. Les Aborigènes sont envoyés sur l'île de Flinders, où on leur promet logement, nourriture et sécurité en attendant que le calme revienne. Malheureusement, beaucoup meurent de maladies importées par les Européens et les survivants ne seront jamais autorisés à retourner dans leur pays. En 1873, Truganini, dernière survivante de ce groupe, est emmenée à Hobart. Elle y décède en 1876.

Il existe aujourd’hui encore des individus ayant plusieurs ancêtres aborigènes[3].

La controverse[modifier | modifier le code]

L'histoire des relations interraciales en Tasmanie demeure sujet de controverse pour les historiens.

Ainsi, en 2002, l'historien conservateur Keith Windschuttle publie L'invention de l'histoire aborigène (The Fabrication of Aboriginal History), dans lequel il se penche sur les conflits entre les Aborigènes et les colons en Tasmanie et affirme qu'il n'existe pas assez de sources sûres pour valider la thèse selon laquelle un grand nombre d'Aborigènes tasmaniens auraient subi une mort violente aux mains des colons.

L'ouvrage suscite, en réponse, la publication de Blanchiment : De l'invention de l'histoire aborigène par Keith Windschuttle (Whitewash: On Keith Windschuttle's Fabrication of Aboriginal History), édité par l'homme de gauche Robert Manne, professeur de sciences politiques à l'Université La Trobe. Cet ouvrage provoque à son tour une contre-réponse : Eclipse totale : De la réponse des universitaires à l'invention de l'histoire aborigène (Washout: On the academic response to The Fabrication of Aboriginal History) de John Dawson.

Les tenants des divers points de vue s'accusent les uns les autres de manque de rigueur méthodologique dans leur examen des sources, voire de manipulation délibérée de ces sources[1],[2].

Lectures approfondies[modifier | modifier le code]

Lien interne[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « The Fabrication of Aboriginal history by Keith Windschuttle », sur Tasmania history (consulté le 10 mars 2010)
  2. a et b (en) « The Fabrication of Aboriginal history? by James Boyce », sur Tasmania history (consulté le 10 mars 2010)
  3. a et b http://www.sbs.com.au/firstaustralians/index/index/epid/2