Badis ben Mansur (Ziride)

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Badis ben Mansur[1] ou Badis le Sanhadja[2] (? -1016) a été le troisième émir ziride régnant en Ifriqiya (995-1016).

Biographie[modifier | modifier le code]

En 995, Badis succède à son père Al-Mansur ben Bologhin comme souverain de l'Ifriqiya. Ce dernier avait pris quelques distances avec ses suzerains les Fatimides d'Égypte.

Il désigne son oncle Itouweft comme gouverneur de Tahert, en remplacement de son grand-oncle Abu al-Behar qui avait été nommé dans ce poste par Al-Mansur, et l'envoie en compagnie de son autre oncle Hammad gouverneur d'Achir pour faire campagne contre les Zénètes. Cette armée est défaite et repoussée jusqu'à Achir. En 999, Badis part lui-même en campagne, il donne alors à Itouweft le gouvernement de Tahert et d'Achir. Cette nomination amène ses frères à se révolter contre leur oncle Itouweft. Ce dernier parvient à échapper à la vindicte de ses neveux et Abu al-Behar[3] se précipite auprès de Badis pour se disculper de toute responsabilité dans cette rébellion[4]. Badis est alors occupé à combattre les Banou Khazrun, il envoie son oncle Hammad combattre les rebelles. Hammad remporte une victoire sur cette coalition. Les chefs rebelles capturés sont mis à mort, l'un d'eux nommé Maksen est dévoré par les chiens. Les survivants obtiennent la possibilité d'aller se réfugier en Espagne (1000). Hammad est rappelé par Badis pour l'aider à combattre les Banou Khazrun[5].

Vers 1004, les Zénètes profitent du départ de Hammad pour reprendre le combat. Ils bloquent M'Sila et Achir. Badis renvoie Hammad les combattre. Ce dernier châtie les Zénètes, il prend Tîdjist[6]. Peu après Hammad fonde la ville de Kalâa (Kalâa des Béni Hammad). Badis pour éprouver sa fidélité lui demande de renoncer au gouvernement de Tîdjist et de Constantine[5]. Hammad refuse de se soumettre. Badis se met en marche contre son oncle. Il contraint Hammad à se réfugier dans Kalâa[7].

Badis meurt à son campement pendant le siège de Kalâa (mai 1016). L'armée rentre à Mahdia avec le corps de Badis. Son fils, Al-Muizz ben Badis qui n'a alors que huit ans, lui succède[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Badis ben Mansur, en arabe : ʾabū qatāda nāṣir al-dawla bādīs ben manṣūr, أبو قتادة ناصر الدولة باديس بن منصور ; Nasir al-Dawla « Soutien de la dynastie » (c.f. (ar) « الزيريون/بنو زيري/آل زيري/الصنهاجيون »).
  2. Badis le Sanhadja en arabe : bādīs al-ṣanhājīy, باديس الصنهاجي.
  3. En 989, le même Abu al-Behar avait trahi son neveu, Al-Mansur ben Bologhin, en faisant alliance avec les Omeyyades de Cordoue. (c.f. Ibn Khaldoun, op. cit., vol. 3 (lire en ligne), « Histoire de la famille de Zîri-Ibn-Atïa, princes de Fez, et de l'empire qu'elle fonda dans le Maghreb-El-Acsa. », p. 241)
  4. Ibn Khaldoun, op. cit., vol. 2 (lire en ligne), « Règne de Badis, fils d'El-Mansour. », p. 16
  5. a et b Ibn Khaldoun, op.cit., vol. 2 (lire en ligne), « Règne de Badis, fils d'El-Mansour. », p. 17
  6. Tîdjist, Ticili à l'époque romaine, Aïn el-Bordj actuellement, à 15 km à l'Est de Sigus (c.f. Ernest Mercier, Histoire de l'Afrique septentrionale (Berbérie) depuis les temps les plus reculés jusqu'à la conquête française (1830), vol. 3, Adamant Media Corporation (ISBN 978-1-4212-3458-8, lire en ligne), « index géographique », p. 578)
  7. a et b Ibn Khaldoun, op.cit., vol. 2 (lire en ligne), « Règne de Badis, fils d'El-Mansour. », p. 18

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ibn Khaldoun (trad. William Mac Guckin Slane), Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique Septentrionale, vol. 2, Imprimerie du Gouvernement,‎ 1854, 635 p. (lire en ligne)
  • Ibn Khaldoun (trad. William Mac Guckin Slane), Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique Septentrionale, vol. 3, Imprimerie du Gouvernement,‎ 1856, 528 p. (lire en ligne)
  • Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord. Des origines à 1830, Paris, Payot, coll. « Grande bibliothèque Payot »,‎ 1994, 2e éd. (1re éd. 1931) (ISBN 978-2-228-88789-2)
  • (en) Clifford Edmund Bosworth, The new Islamic dynasties : a chronological and genealogical manual, Édimbourg, Edinburgh University Press,‎ 2004, 389 p. (ISBN 978-0-7486-2137-8, lire en ligne), « The Zīrids and Ḥammādids », p. 35-36