Attentat de Zagreb du 23 octobre 2008

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L'entrée du parking 2 jour après l'attentat

L’attentat de Zagreb du 23 octobre 2008 est une attaque visant le journaliste et propriétaire de l'hebdomadaire croate Nacional, Ivo Pukanić et réalisé grâce à une bombe déclenchée à distance et placée à proximité de la voiture du journaliste garée devant la rédaction du journal, dans le centre de Zagreb. L’attaque a tué Ivo Pukanić ainsi qu'un autre employé du journal, Niko Franjić, et a blessé trois personnes. Elle a eu lieu à 18 h 22 (16 h 22 UTC) dans un parking extérieur donnant sur Palmotićeva et Stara Vlaška à quelques centaines de mètres de la Place Ban Jelačić, la place centrale de Zagreb.

Contexte[modifier | modifier le code]

Ivo Pukanić (né en 1961) était une personnalité controversée, il avait obtenu en 2003 une interview d'Ante Gotovina, alors que celui-ci était recherché par le TPIY, et avait accusé en Milo Đukanović, l'homme d'affaires Stanko Subotić, et le premier ministre de Serbie Zoran Đinđić d'être liés à un trafic de cigarettes[1]. Il avait déjà été victime d'une tentative d'assassinat en , mais avait survécu en se jetant au sol alors que le revolver de son assaillant se serait enrayé. La police aurait suspecté la tentative d'assassinat d'avoir été un avertissement lancé à Ivo Pukanić pour le dissuader de poursuivre certaines activités. À la suite de cette attaque, il était sous protection policière[2] mais le gouvernement a annoncé qu'il avait lui-même demandé la fin de cette protection deux mois avant l'attentat[3].

L'attentat du a rapidement été associé à l'augmentation de la criminalité et de l'insécurité à Zagreb en 2008[4]. En avril 2008, un supporter de football, membre des Bad Blue Boys, avait été tué à Ribnjak en périphérie de Zagreb ; évènement suivi par des vengeances des Bad Blue Boys envers les groupes alternatifs, notamment les Punks[5],[6]. Plus tard, un homme avait été battu à mort à un arrêt de bus situé dans une avenue très fréquentée (Avenue Većeslav Holjevac)[7]. Début , à la suite de l'assassinat d'Ivana Hodak, la fille de l'avocat Zvonimir Hodak défendant Vladimir Zagorec, un ancien général accusé de vol de bijoux, lui ayant été confié comme gage pour des achats d'armes pendant la guerre de Croatie, le ministre de l'intérieur Berislav Rončević et la ministre de la justice Ana Lovrin du dixième gouvernement de Croatie ainsi que le chef de la police de Zagreb avaient été limogés[8],[9]. Rončević avait été remplacé par Tomislav Karamarko et Lovrin par Ivan Šimonović[4],[10]. La veille de l'attentat contre Ivo Pukanić, le parlement croate avait, à 75 votes contre 53 (une abstention), voté contre une motion de censure demandée par le parti social-démocrate notamment en raison des activités mafieuses au sein de la capitale[11].

Déroulement[modifier | modifier le code]

L'attentat a eu lieu à 18 h 22, heure locale. La bombe était placée dans une poubelle à proximité de la Lexus appartenant au journal[12],[13]. Ivo Pukanić et Niko Franjić, directeur marketing, sont morts sur le coup. Cela s'est déroulé dans un parking extérieur donnant sur Palmotićeva (45° 48′ 48″ N 15° 58′ 57″ E / 45.813457, 15.9825745° 48′ 48″ N 15° 58′ 57″ E / 45.813457, 15.98257) une rue passante du centre de Zagreb, près de Stara Vlaška et de la place Josip Lang et proche de la rédaction du journal, à quelques centaines de mètres de la place principale de Zagreb, la place Ban-Jelačić. La police a immédiatement bloqué la circulation tout autour du lieu de l'explosion, causant d'importants embouteillages autour du centre-ville. Un homme d'une trentaine d'années, portant une casquette de baseball, aurait été vu s'enfuyant en courant dans Palmotićeva, une rue adjacente[14],[15],[2].

Réactions[modifier | modifier le code]

Dans une conférence de presse spéciale, le président du gouvernement Ivo Sanader a refusé une proposition de déclencher l'état d'urgence[16]. Les médias ont demandé le déclenchement d'un plan spécial anti-mafia, comparable à l'opération Sabre, déclenchée en Serbie après l'assassinat du premier ministre de Serbie Zoran Đinđić, qui avait abouti à l'arrestation d'une centaine de personnes.

Enquête[modifier | modifier le code]

Parmi les suspect, la police a nommé Sretko Kalinić, un homme de main du clan Zemun de la mafia serbe[17] qui avait été condamné in absentia a 40 ans de prison en Serbie pour 8 assassinats et son implication dans de nombreuses affaire criminelle[18]. Il avait été vu en Croatie une semaine avant l'attentat. Il a été rapporté qu'il aurait été impliqué dans d'autre assassinat en Bosnie-Herzégovine[19].

Le 27 octobre, la police interrogea de nombreux ancien policier et militaire qui était suspectés de pouvoir fournir de tels explosifs[20]. Le 29 octobre la police arrêta 10 personne décrit par le porte parole de la police comme de « dangereux membre du milieu criminel »[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Attentat à la voiture piégée : deux journalistes tués en Croatie », sur balkans.courriers.info, Jutarnji List,‎ (consulté le 24 octobre 2008)
  2. a et b « Ivo Pukanic, Niko Franjic Killed, Two Injured », Javno.hr,‎ (consulté le 23 octobre 2008)
  3. Gouvernement de Croatie, « PM Sanader: We won't let Croatia become a Beirut », sur vlada.hr,‎ (consulté le 24 octobre 2008) : « two months ago Pukanic had requested that he no longer be under police protection »
  4. a et b Reuters, « Croatia vows action against crime wave », ekathimerini,‎
  5. Croatiapress, « Ribnjak Park the Scene of the Killing of a Youth Three Weeks ago To Get Round-the-Clock Wardens »,‎
  6. « Zagreb's Mayor Protects Fans, Punks Panic », Javno.hr,‎
  7. « Suspect Confess to Attacking Luka Ritz », Javno.hr,‎
  8. Jean-Arnault Dérens, « Mobilisation générale contre la mafia croate », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  9. (en) skynews, « Croatia Murder: Ministers Fired », skynews,‎ (lire en ligne) :

    « Mr Sanader said Tomislav Karamarko, head of the central intelligence agency, would be appointed as the new interior minister. Ivan Simonovic, an independent legal expert, will take over as justice minister from Ana Lovrin. »

  10. (hr) « Novi ministri Šimonović i Karamarko položili prisegu », Vijesti.net,‎
  11. « Croatian PM Sanader Survives No-Confidence Vote », sur seenews.com,‎ (consulté le 24 octobre 2008)
  12. « Semtex, or C4 Explosive Placed in Trash Near Car », sur javno.com, Javno,‎ (consulté le 24 octobre 2008)
  13. « Zagreb car bomb kills journalist », BBC News,‎
  14. « Eksplodirao auto bomba pored Nacionala, ubijen Ivo Pukanić?! », Ezadar.hr,‎
  15. « Ubijen Ivo Pukanić », Poslovni.hr,‎
  16. Reportage spécial sur Nova TV (23 octobre 2008)
  17. « It Is Easy To Cast Doubt On Serbia, Montenegro », Javno.hr,‎ (consulté le 27 octobre 2008)
  18. (sr) Dorotea Čarnić, « Ubica iz "audija smrti" », Politika,‎ (consulté le 27 octobre 2008)
  19. (sr) D. Stojaković, « "Zemunci" izrešetali ugostitelja », Novosti,‎ (consulté le 27 octobre 2008)
  20. (hr) « U Rijeci nova uhićenja zbog Pukanićevog ubojstva », Vijesti.net,‎ (consulté le 27 octobre 2008)
  21. « Croatian police arrest 10 in journalist's murder », sur Herald Tribune, The Associated Press,‎ (consulté le 1 novembre 2008)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]