Alliance des Indépendants

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L'Alliance des Indépendants (AdI) / Landesring der Unabhängigen (LdU) était un parti politique suisse qui entendait allier libéralisme économique et progrès social.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

L'Alliance des Indépendants est fondée en 1935 par Gottlieb Duttweiler, le chef de la coopérative Migros qui est en désaccord avec la politique menée alors par le gouvernement helvétique. Elle n'est au départ pas conçue comme un parti, mais comme une alliance qui devrait regrouper les meilleurs représentants de tous les partis existants, dans le but de lutter pour une économie sociale de marché. Lors des élections fédérales de 1935, l'AdI fait élire ses premiers représentants au Conseil national (cinq à Zurich, Otto Pfändler dans le canton de Saint-Gall et un à Berne). L'Alliance des Indépendants ne parvient toutefois pas à rallier les meilleurs éléments des autres partis et elle est vraiment fondée en tant que parti politique le 30 décembre 1936.

Ère Duttweiler[modifier | modifier le code]

Si Gottlieb Duttweiler n'a qu'une idée assez vague de ses objectifs politiques, il dirige en revanche le parti de manière assez autoritaire et une première scission a lieu en 1943. Regroupés sous la bannière Indépendants - Liste libre, les sécessionnistes obtiennent un siège au Conseil national cette même année. Toutefois, l'Alliance des Indépendants se maintient à un niveau de 5 % des voix en moyenne nationale, sans toutefois réussir à prendre pied en Suisse romande, italienne ou centrale (à l'exception de Lucerne). Elle restera jusqu'à la fin une force établie principalement dans les cantons alémaniques du plateau suisse.

La phase sociale-libérale[modifier | modifier le code]

Après la mort de Gottlieb Duttweiler, l'Alliance des Indépendants se positionne comme une force sociale-libérale entre la gauche et la droite. Lors des élections fédérales de 1967, elle obtient 9 % des voix, 16 sièges au Conseil national et un au Conseil des États et devient ainsi le plus grand parti d'opposition. L'Alliance touche alors surtout les classes moyennes urbaines. De nombreuses nouvelles sections cantonales sont fondées (1968: Neuchâtel, Genève, Soleure, Grisons; 1972: Valais; 1977: Zoug). Pendant cette période, elle voit deux de ses initiatives populaires être rejetées par le peuple suisse: la semaine de 44 heures en 1958 et une initiative pour l'imposition plus équitable et l'abrogation des privilèges fiscaux en 1976.

À la fin des années 1970, l'aile sociale-libérale dominante doit faire face à une aile écologiste en pleine croissance.

La phase sociale-libérale verte[modifier | modifier le code]

Au milieu des années 1980, l'aile écologiste de l'Alliance des Indépendants s'impose. La Migros, principal bailleur de fond du parti et en désaccord avec cette nouvelle orientation du parti, réduit alors massivement ses subventions à l'AdI. Le quotidien Die Tat doit alors redevenir un hebdomadaire, avant de disparaitre complètement. Plusieurs secrétariats régionaux doivent également être fermés. Par ailleurs, l'Alliance des Indépendants perd son statut de principale force d'opposition avec l'émergence de nouvelles formations politiques, tant à droite (Parti des automobilistes) qu'à gauche (Les Verts).

Le déclin et la dissolution[modifier | modifier le code]

L'Alliance des Indépendants perd toujours plus d'électeurs au profit des Verts et du Parti socialiste, dont l'aile sociale-démocrate se renforce. Durant les années 1990, l'AdI essaye de revenir à ses valeurs sociales-libérales pour mettre fin à la chute, sans succès. Elle disparaît alors de nombreux parlements cantonaux et communaux. En 1994 déjà, la section du canton de Lucerne se dissout, suivie de celle de Bâle-Campagne en 1996. Beaucoup d'élus locaux changent de parti, notamment au profit des Verts.

Elle se dissout après les élections fédérales de 1999 où elle n'a obtenu plus qu’un élu. Sa dernière politicienne en vue était Monika Weber, conseillère aux États de Zurich, qui siègeait à la municipalité de cette ville en tant qu'indépendante jusqu'en 2006.

Presse[modifier | modifier le code]

L'Alliance des Indépendants a disposé d'un journal Die Tat (L'action), fondé en 1935, qui paraît d'abord de manière hebdomadaire, puis quotidienne à partir de 1939. Le parti trouve également un relais dans les journaux de la Migros (Brückenbauer - Construire - Azione).

Présidents du parti[modifier | modifier le code]

Résultats du parti aux élections fédérales[modifier | modifier le code]

Année Conseil national
Voix
Conseil national
Pourcentage
Conseil national
Sièges
Conseil des États
Sièges
1935 37861 4,14 % 7 0
1939 43735 7,07 % 9 0
1943 48557 5,52 % 7 0
1947 42428 4,42 % 8 0
1951 49100 5,11 % 10 0
1955 53450 5,48 % 10 0
1959 54049 5,50 % 10 0
1963 48224 5,01 % 10 0
1967 89950 9,05 % 16 1
1971 150684 7,63 % 13 1
1975 116349 6,06 % 11 1
1979 73895 4,07 % 8 0
1983 77745 4,00 % 9 0
1987 80099 4,17 % 9 1
1991 61176 3,03 % 5 1
1995 34375 1,83 % 3 1
1999 14063 0,72 % 1 0

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) J. Meynaud/A. Korff, Die Migros und die Politik. Der LdU., Zurich,‎ 1967
  • (de) H.G. Ramseier, Die Entstehung und Entwicklung des LdU bis 1943, Zurich,‎ 1973