Élisabeth de Hesse

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Élisabeth de Hesse
Élisabeth de Saxe (« Duchesse de Rochlitz »), portrait par Lucas Cranach l'Ancien (1534)
Élisabeth de Saxe (« Duchesse de Rochlitz »), portrait par Lucas Cranach l'Ancien (1534)

Titre Princesse de Hesse
Autre titre landgravine de Saxe
Biographie
Dynastie Maison de Hesse
Nom de naissance Elisabeth von Rochlitz
Surnom dame de Rochlitz
Naissance 4 mars 1502
Marbourg
Décès 6 décembre 1557 (à 55 ans)
Smalkalde
Père Guillaume II de Hesse
Mère Anne de Mecklembourg
Conjoint Jean de Saxe (1498–1537)

Élisabeth de Hesse (née le 4 mars 1502 à Marbourg; † 6 décembre 1557 à Smalkalde) est une princesse hessoise devenue par mariage princesse consort de Saxe. À la mort de son époux, le prince-héritier Jean de Saxe (1498–1537), elle administra seule son douaire, les bailliages saxons de Rochlitz et de Kriebstein ainsi que d'autres fiefs, ce qui lui valut le surnom d’« Élisabeth von Rochlitz ». Avec l'appui de son frère Philippe, elle propagea la Réforme sur ses terres.

Sa jeunesse[modifier | modifier le code]

Son enfance fut marquée par le combat politique que sa mère Anne de Mecklembourg dut mener à la mort de Guillaume II de Hesse en 1509, contre les parlementaires des États de Hesse. À l'encontre des dispositions testamentaires du défunt landgrave, un conseil de cinq barons, mené par le Grand-Maître Ludwig von Boyneburg zu Lengsfeld, se fit fort d'exercer la régence d’Anne et de ses enfants, le prince-héritier Philippe, frère d’Élisabeth, étant encore mineur.

Élisabeth vécut désormais auprès de sa mère, reléguée sur ses terres de Gießen, tandis que son frère était mis sous surveillance à Cassel sous la garde de Ludwig von Boyneburg zu Lengsfeld.

Élisabeth et sa mère dépendaient financièrement du Conseil, qui traitaient la famille princière avec bien peu d'égards : on le voit aux événements de l'année 1512. Cette année-là une sœur d'Anne, Catherine épousait le duc Heinri de Saxe. Pour l'occasion, Anne comptait bien présenter sa fille, promise de longue date au prince-héritier Jean (1498–1537), à la Cour de Saxe ; mais elle ne reçut jamais les robes de damas promise par le conseil, si bien que la mère d'Élisabeth renonça au voyage de Dresde. Élisabeth vécut désormais comme une simple bourgeoise.

Ce n'est qu'en 1514 que sa mère, résidant désormais à Cassel avec ses enfants, obtint enfin le titre de régente : elle devait en échange reconnaître l'autorité des conseillers.

À la cour de Dresde[modifier | modifier le code]

Le 8 mars 1515, Élisabeth se fiançait avec le prince-héritier Jean, avec Dispense papale (tous deux étant cousins au quatrième degré). Mais Elisabeth continua de vivre auprès de sa mère à Cassel. En 1516, Jean vint à Marbourg pour les noces. Ce n'est qu'au mois de janvier 1519 qu'Élisabeth s'établit pour de bon à la cour de Dresde, et le mariage fut célébré à Cassel.

Comme précédemment sa mère avait dû le faire, elle dut lutter contre l'autorité du duc Georges le Barbu et sa chancellerie pour imposer son indépendance à la cour ; en effet Jean, son mari, souffreteux, était entièrement soumis aux volontés de son père. L'union entre les deux époux resta stérile et la pression des courtisans provoqua chez Elisabeth une insomnie chronique. Elle n'en montra pas moins une grande égalité d'humeur et un profond talent diplomatique. C'est ainsi qu'elle apaisa les tensions entre son frère et sa mère, qui entendait se remarier (Philippe Ier s'y opposait). Élisabeth s'interposa encore lorsque la Réforme gagna la Hesse (sa mère était une catholique déterminée). Elle fut aussi la nourrice de Maurice de Saxe (1521-1553).

Châtelaine de Rochlitz[modifier | modifier le code]

Le château de Rochlitz, qui fut de 1537 à 1547 la résidence favorite d'Élisabeth de Hesse.

Lorsque le prince Jean mourut, le 11 janvier 1537, Élisabeth se retira dans son douaire de Rochlitz. Mais la cour de Saxe ne voulait lui laisser aucun fief en propre, afin de la mettre dans la même situation de dépendance que sa mère à Gießen. Elle parvint pourtant à ses fins avec l'aide de son frère[1] : au terme des pourparlers, elle obtint le bailliage de Rochlitz (comprenant la ville et le château de Rochlitz, Mittweida et Geithain) ainsi que le bailliage de Kriebstein (comprenant Waldheim et Hartha). C'est la raison pour laquelle les historiens la désignent souvent comme « Élisabeth von Rochlitz ».

Sur ses terres, Élisabeth institua à partir de 1537 la confession luthérienne, alors que son beau-père combattait pour maintenir le catholicisme dans le reste de la Saxe. La même année, son frère dépêcha vers elle le prédicateur Johann Schütz. Elle devint conseillère du duc Maurice de Saxe lorsque ce dernier monta sur le trône ducal. Élisabeth éleva à Rochlitz sa nièce, Barbara, future duchesse de Wurtemberg-Mömpelgard.

La retraite de Smalkalde[modifier | modifier le code]

Avec la défaite de la Ligue de Smalkalde, Élisabeth dut renoncer à sa terre de Rochlitz. Son frère lui donna en compensation la terre hessoise de Smalkalde où elle vécut jusqu'en 1547. Son frère Philippe étant prisonnier de l'Empereur, sa femme, Christine de Saxe, multipliait les démarches pour le faire libérer. À cette époque, Elisabeth se rendait donc fréquemment à Cassel pour veiller à l'éducation de ses neveux. En 1556 elle tomba gravement malade et mourut le 6 décembre 1557. On l'inhuma dans l’Église Sainte-Élisabeth de Marbourg, et sa sépulture est la plus récente de la crypte.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Johanna Elisabeth Wigand, Geschichte der Regenten von Hessen-Cassel, Cassel, Dieter Carl,‎ 1882 (réimpr. Vellmar 2001), Facsimilé Historische Edition (ISBN 3-9807814-0-2), p. 37–39
  • (de) Elisabeth Werl,  Elisabeth dans Neue Deutsche Biographie (NDB), volume 4, Berlin : Duncker & Humblot, 1959, p. 451. (lire en ligne)
  • Elisabeth Werl, « Herzogin Elisabeth von Sachsen (1502 1557) als Schwester Landgraf Philipps d.Gr. von Hessen », Hessisches Jahrbuch für Landesgeschichte, no 7,‎ 1957, p. 199–229.
  • Pauline Puppel, Ursula Braasch-Schwersmann, Hans Schneider et Wilhelm E. Winterhager, Landgraf Philipp der Großmütige 1504–1567 ; Hessen im Zentrum der Reform, Marburg/Neustadt-an-der-Aisch, Land de Hesse,‎ 2004, « Elisabeth von Rochlitz », p. 192–193.
  • Rajah Scheepers, Regentin per Staatsstreich? Landgräfin Anna von Hessen (1485–1525), Königstein, Ulrike Helmer,‎ 2007 (ISBN 3-89741-227-6)
  • Rajah Scheepers, « Zwei unbekannte Verlobungen Landgraf Philipps des Großmütigen? – Landgräfin Annas Heiratspolitik », Zeitschrift des Vereins für hessische Geschichte, no 109,‎ 2004), p. 13–29.
  • Rajah Scheepers, « Nicht einer Frauen werk.‘– Frauen, Religion und politische Macht », Yearbook of the European Society of Women in Theological Research, no 12,‎ 2004, p. 193–206.
  • « Elisabeth von Rochlitz (1502–1557). », Newsletter der Sächsischen Landesausstellung, no 5,‎ 2003, p. 4 (lire en ligne) (PDF; 341-kB)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Lors des négociations autour de la terre de Rochlitz à Dresde, Philippe Ier avait fait la connaissance d'un dame de la Cour, Margarethe von der Saale, qu'il épousera plus tard en secondes noces.

Voir également[modifier | modifier le code]