Élections législatives régionales de 2006 en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Les élections législatives régionales de 2006 en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (Landtagswahl in Mecklenburg-Vorpommern 2006) se sont déroulées le 17 septembre 2006 dans le Land allemand de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, en vue d'élire les soixante-et-onze députés de la cinquième législature du Landtag.

Contexte : huit années de coalition rouge-rouge[modifier | modifier le code]

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Chaque électeur dispose de deux voix, une pour voter dans une circonscription, l'autre pour voter en faveur d'une liste présentée par chaque parti, au niveau régional et comportant autant de candidats que de sièges à pourvoir. Les sièges sont répartis, selon la méthode du quotient de Hare, entre les formations dont la liste a obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés ou qui ont obtenu au moins trois députés dans les circonscriptions. La durée de la législature était fixée à cinq ans et le nombre de députés à soixante-et-onze (dont trente-six élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour).

Par rapport aux élections de 2002, la durée de la législature était passée de quatre à cinq ans, comme dans la plupart des Länder.

Situation politique[modifier | modifier le code]

Depuis 1998, le Land était dirigé par une coalition rouge-rouge entre le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) et le Parti du socialisme démocratique (PDS), conduite par le ministre-président Harald Ringstorff, contestée à ses débuts et dont les résultats sur le plan économique restaient plus que mitigés, le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale restant le plus pauvre des Länder allemands. En outre, depuis 1994 le système politique régional, profitant d'une forte participation liée au couplage des élections législatives régionales et fédérales, s'articulait autour de trois partis : le SPD, l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) et le PDS. Seul le Parti libéral-démocrate (FDP) était parvenu à siéger au Landtag de 1990 à 1994.

Campagne[modifier | modifier le code]

Chef de file[modifier | modifier le code]

Parti Chef de file Résultats en 2002
Parti social-démocrate d'Allemagne
Sozialdemokratische Partei Deutschlands
Harald Ringstorff
Ministre-président
33 députés
40,6 % des voix
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne
Christlich Demokratische Union Deutschlands
Jürgen Seidel 25 députés
31,4 % des voix
Parti du socialisme démocratique
Partei des Demokratischen Sozialismus
Wolfgang Methling
Vice-ministre-président
Ministre de l'Environnement
13 députés
16,4 % des voix
Parti libéral-démocrate
Freie Demokratische Partei
Michael Roolf 0 députés
4,7 % des voix
Alliance 90 / Les Verts
Bündnis 90/Die Grünen
Ulrike Seemann-Katz et
Hendrik Fulda
0 députés
2,6 % des voix
Parti national-démocrate d'Allemagne
Nationaldemokratische Partei Deutschlands
Udo Pastörs 0 députés
0,8 % des voix

Sondages[modifier | modifier le code]

Institut Date CDU SPD Verts FDP PDS NPD
Emnid 08.09.2006 31,0 % 29,0 % 3,0 % 7,0 % 21,0 % 7,0 %
Infratest 01.09.2006 31,0 % 30,0 % 4,0 % 6,0 % 21,0 % 6,0 %
Forsa 23.08.2006 30,0 % 28,0 % 4,0 % 7,0 % 24,0 % 4,0 %
Emnid 12.08.2006 31,0 % 29,0 % 4,0 % 7,0 % 22,0 % 3,0 %
Infratest 03.08.2006 33,0 % 29,0 % 4,0 % 6,0 % 22,0 % 4,0 %
Emnid 24.07.2006 33,0 % 31,0 % 4,0 % 7,0 % 21,0 % 3,0 %
Infratest 12.07.2006 32,0 % 31,0 % 4,0 % 7,0 % 21,0 % 3,0 %
Emnid 12.06.2006 31,0 % 30,0 % 4,0 % 7,0 % 23,0 % 4,0 %
Dernières élections 22.09.2002 31,4 % 40,6 % 2,6 % 4,7 % 16,4 % 0,8 %

Thèmes abordés[modifier | modifier le code]

Contrairement aux trois précédents scrutins, l'élection de 2006 s'est retrouvée déconnectée des élections fédérales au Bundestag, de telle sorte que les thèmes politiques régionaux ont dominé la campagne. En 2002 en effet, la hausse de popularité du SPD, due aux positions du chancelier Gerhard Schröder, avait également profité aux sociaux-démocrates du Land. Pour cette consultation, les questions économiques étaient au cœur des préoccupations des électeurs, 88 % affirmant que le chômage, suivi à 27 % par l'économie, constituait leur principale préoccupation d'après un sondage. Une controverse est en outre apparue sur la volonté de la coalition au pouvoir de procéder à une réforme territoriale et administrative, à laquelle la CDU s'opposait. Le PDS a en outre cherché à tirer profit de l'impopularité de l'organisation du 33e sommet du G8, dans la station balnéaire de Heiligendamm en juin 2007.

Résultats[modifier | modifier le code]

Parti Voix  % +/- Sièges +/-
Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) 247 312 30,2 % -10,4 23 -10
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) 235 350 28,8 % -2,6 22 -3
Parti du socialisme démocratique (PDS) 137 253 16,8 % +0,4 13 ±
Parti libéral-démocrate (FDP) 78 440 9,6 % +3,9 7 +7
Parti national-démocrate d'Allemagne (NPD) 59 845 7,3 % +6,5 6 +6
Alliance 90 / Les Verts (Grünen) 27 642 3,4 % +0,8 0 ±
TOTAL (participation : 59,2 %) 785 842 96,1 % N/A 71 ±

Analyse[modifier | modifier le code]

Malgré de lourdes pertes et en dépit des sondages, les sociaux-démocrates sont parvenus de justesse à rester la première force politique régionale, les chrétiens-démocrates connaissant pour leur part un recul modéré. De même, les nationaux-démocrates, usant d'une rhétorique mêlant critique du capitalisme, théorie du complot, nationalisme et populisme, ont respecté les prévisions des sondeurs et, grâce à la plus forte progression enregistrée lors de cette élection, fait leur entrée au Landtag, allant jusqu'à capter 15 % des voix dans l'Est du Land. À l'inverse, le PDS, qui est parvenu à se stabiliser par rapport à 2002, année où il avait lourdement chuté de huit points, est resté bien en deçà de ce qu'annonçaient les enquêtes d'opinion. Le retour en force des libéraux, qui frisent les 10 % des suffrages exprimés, marque donc la fin du système partisan régional en place depuis 1994 en élargissant la représentation parlementaire à cinq formations contre trois jusqu'alors.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Les sociaux-démocrates se sont tournés vers les chrétiens-démocrates en vue de formée une grande coalition, forte de 45 députés, alors que la coalition rouge-rouge avec le PDS, au pouvoir depuis 1998, disposait encore d'une mince majorité, à savoir 36 députés. Le ministre-président Harald Ringstorff a par la suite été investi pour un troisième mandat avec 42 voix, tandis que son adversaire, Udo Pastörs, recueillait les 6 voix de son propre parti, le NPD. Le 3 octobre 2008, évoquant des raisons d'âge, Ringstorff a démissionné de la direction du gouvernement, étant remplacé par son ministre des Affaires sociales, Erwin Sellering.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]