Élections législatives régionales de 2004 en Saxe

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Siège du Landtag de Saxe, à Dresde.

Les élections législatives régionales de 2004 en Saxe (Landtagswahl in Sachsen 2004) se sont tenues le 19 septembre 2004 dans le Land allemand de Saxe, afin d'élire les cent vingt députés de la cinquième législature du Landtag, pour un mandat de cinq ans.

Le scrutin a de nouveau été remporté par l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU), qui a cependant perdu sa majorité absolue après quatorze ans, et marqué par la poussée du Parti national-démocrate d'Allemagne (NPD).

Contexte[modifier | modifier le code]

Aux élections régionales du 19 septembre 1999, l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU), au pouvoir depuis 1990, sous la direction de l'ancien secrétaire général fédéral du parti en Allemagne de l'Ouest, Kurt Biedenkopf, avait confirmé sa domination sur ce Land récemment reconstitué en obtenant 56,9 % des suffrages, soit 76 députés sur 120.

L'opposition, elle, s'était réduite à seulement deux formations. Le Parti du socialisme démocratique (PDS), héritier de l'ancien parti unique est-allemand Parti socialiste unifié d'Allemagne (SED), avait supplanté le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) comme deuxième parti du Land avec 22,2 % des voix et 30 sièges au Landtag. Le SPD, déjà faible en Saxe, où il n'avait pas dépassé les 20 % au vote régional, s'était effondré à seulement 10,7 % des voix, soit à peine 14 élus sur 120.

L'Alliance 90 / Les Verts, avec 2,6 %, et le Parti libéral-démocrate (FDP), avec à peine 1,1 %, avaient largement raté leur retour au Parlement régional.

Le 16 janvier 2002, Biedenkopf, critiqué pour son autoritarisme et des affaires financières, annonce sa démission pour les prochaines semaines. La CDU choisit alors Georg Milbradt, ministre des Finances limogé en 2001 pour avoir évoqué la succession du chef du gouvernement, comme successeur. Celui-ci est investi par le Landtag trois mois plus tard, le 18 avril.

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Le Landtag de Saxe comprend au moins cent-vingt députés, élus pour cinq ans depuis 1994. Le Land est divisé en soixante circonscriptions, qui élisent chacune un député, tandis que chaque parti présente, au niveau régional, une liste de cent-vingt candidats. Le jour du scrutin, chaque électeur va disposer de deux voix : la première sert à voter dans une circonscription, dans le cadre du scrutin uninominal majoritaire à un tour, et la seconde pour une liste au niveau du Land.

À l'issue de l'élection, la totalité des sièges est répartie à la proportionnelle suivant la méthode d'Hondt entre les partis dont les listes régionales ont obtenu 5 % des suffrages exprimés au moins. Concernant les formations ayant des élus dans les circonscriptions, les sièges qui leur ont été attribués sont prioritairement comblés par ces députés. Tout siège non-pourvu le sera pas un candidat de la liste, dans l'ordre présentation.

Si un parti obtient plus de députés dans les circonscriptions que la répartition proportionnelle ne lui en accorde, il conserve ces « mandats supplémentaires », mais, afin de respecter une distribution proportionnelle, les autres partis se voient également accorder des sièges en plus. Cela conduit alors à une augmentation du nombre total de sièges au Landtag.

Principaux partis et chefs de file[modifier | modifier le code]

Parti Idéologie Chef de file Résultat de 1999
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne
Christlich Demokratische Union Deutschlands
Centre-droit
Démocratie chrétienne, conservatisme libéral
Georg Milbradt
(Ministre-président)
56,9 % des voix
76 députés
Parti du socialisme démocratique
Partei des Demokratischen Sozialismus
Gauche
Socialisme démocratique, anticapitalisme
Peter Porsch 22,2 % des voix
30 députés
Parti social-démocrate d'Allemagne
Sozialdemokratische Partei Deutschlands
Centre-gauche
Social-démocratie, troisième voie, progressisme
Thomas Jurk 10,7 % des voix
14 députés
Alliance 90 / Les Verts
Bündnis 90/Die Grünen
Centre-gauche
Écologie politique, progressisme
Antje Hermenau 2,6 % des voix
0 députés
Parti libéral-démocrate
Freie Demokratische Partei
Centre-droit
Libéralisme économique, social-libéralisme
Holger Zastrow 1,1 % des voix
0 députés

Campagne[modifier | modifier le code]

Sondage[modifier | modifier le code]

Résultats[modifier | modifier le code]

Scores[modifier | modifier le code]

Composition politique de la quatrième législature.
Parti Suffrages Sièges
Voix  % +/- MU1 +/- Députés +/-
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) 855 203 41,1 % en diminution 15,8 55 en diminution 5 55 en diminution 21
Parti du socialisme démocratique (PDS) 490 488 23,6 % en augmentation 1,3 4 en augmentation 4 31 en augmentation 1
Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) 204 438 9,8 % en diminution 0,9 1 en augmentation 1 13 en diminution 1
Parti national-démocrate d'Allemagne (NPD) 190 909 9,2 % en augmentation 7,8 0 en stagnation 12 en augmentation 12
Parti libéral-démocrate (FDP) 122 605 5,9 % en augmentation 4,8 0 en stagnation 7 en augmentation 7
Alliance 90 / Les Verts (Grünen) 106 771 5,1 % en augmentation 2,5 0 en stagnation 6 en augmentation 6
TOTAL (participation : 59,6 %) 1 970 414 94,7 % n/a 60 en stagnation 124 en augmentation 4

Analyse[modifier | modifier le code]

Avec un recul de l'ordre de quinze points et vingt-et-un sièges, la CDU est la grande perdante de cette élection. Même si elle continue de dominer au vote par circonscriptions, elle s'effondre à la proportionnelle et perd la solide majorité absolue dont elle disposait depuis quatorze ans. Ce recul profite en premier lieu au NPD, formation d'extrême droite qui perce à 9,2 % des voix, directement au quatrième rang des forces politiques régionales.

Il rate de peu de passer devant le SPD, qui achève de se marginaliser sur la scène politique du Land en tombant sous les 10 % des suffrages exprimés. Avec 9,8 %, il obtient son plus mauvais score depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, à n'importe quelle élection parlementaire. Les sociaux-démocrates restent loin, très loin, derrière le PDS, qui conforte son statut et prend même quatre circonscriptions à la CDU, elle qui les remportait toutes depuis 1990. Du fait de la belle poussée du FDP, qui profite du recul des chrétiens-démocrates, et de la réussite, d'extrême justesse, des Grünen, le Landtag comprend désormais six partis, deux fois plus que sous la législature précédente.

Après le scrutin[modifier | modifier le code]

Puisqu'une coalition noire-jaune entre la CDU et le FDP ne disposerait que d'une majorité relative de 62 députés sur 124, Milbradt est obligé de se rapprocher du SPD afin de former une « grande coalition », terme habituel quand bien même les sociaux-démocrates sont très faibles, de 68 sièges. Le cabinet Milbradt II est nommé le 11 novembre.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]