ZE Records

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ZE Records
Description de l'image Logo_ZE.jpg.
Fondation 1978
Fondateur Michel Esteban, Michael Zilkha
Genre Mutant disco, no wave, rock indépendant
Pays d'origine États-Unis
Site web zerecords.com

ZE Records est un label discographique indépendant fondé en 1978 par Michael Zilkha et Michel Esteban à New York.

Historique[modifier | modifier le code]

ZE Records a été créé en 1978 à New York par l'Anglais Michael Zilkha (Z), et le Français Michel Esteban (E). Michael Zilkha, (né en 1954) d'origine irakienne, le fils du propriétaire de Mothercare, une société britannique grande distribution, et le beau-fils de Lord Lever été élevé en Angleterre où il fit de brillantes études couronnées par un diplôme du Lincoln Collège[réf. nécessaire], Oxford University, en 1975. Il quitta Londres pour New York pour travailler dans l'édition, et écrivait dans les pages culturelles théâtrales du journal Village Voice.

Michel Esteban (né en 1951) a étudié l'art, en 1968 aux Arts Graphiques de Paris, puis au Milton Glazer's School of Visual Arts de New York. En 1975, après un périple de plusieurs mois "à la Kerouac" à travers les États-Unis, il ouvre dans le centre de Paris « Harry Cover », le premier « concept store » parisien, boutique spécialisée dans les disques imports anglais et américains, et dans le merchandising rock, particulièrement les T-shirts à l'effigie des icônes du rock, livres et magazines internationaux. Le sous-sol de la boutique devient vite la salle de répétition des groupes parisiens new wave, et la boutique elle-même, l'épicentre de la hype parisienne.[réf. nécessaire]

Entre 1975 et 1976, Esteban publia Rock News, le premier magazine « Punk », qui couvrira la naissance du mouvement à Londres, New York, et plus tard Paris. Il publia en 1977 trois livres de poésie Witt, The Night, de Patti Smith, et Desiderata de Lizzy Mercier Descloux.

Lorsque Esteban fit ses premiers pas dans le music business en produisant le groupe français new wave Marie et les Garçons en 1977, il demanda à John Cale de réaliser la production du single. Ils s'étaient rencontrés par l'intermédiaire de leur amie commune Patti Smith alors que Cale produisait Horses (album)|Horses, le premier album de Patti[1]. John Cale produisit donc à New York le premier single Re Bop (devenu culte) du groupe, et quand il décida de monter son propre label indépendant avec Jane Friedman (le manager de John et Patti), il fit appel à Esteban et lui présenta quelques mois plus tard Michael Zilkha. Esteban et Zilkha, depuis longtemps tous deux grands fans du Velvet Underground participèrent à la création avec Friedman et Cale du label SPY Records. Le single de Marie et les Garçons fut originellement publié sur SPY aux USA, tout comme quelques autres singles, tous produits par John Cale dont Harry Toledo, The Necessaries ; le pape de la culture rock : Lester Bangs, Model Citizens, et « l'éminence noire » de Bob Dylan : Bob Neuwirth (en).

Cette aventure à quatre dura quelques mois, puis Zilkha et Esteban décidèrent de créer leur propre label ZE Records. Après l'explosion du punk et de la new wave à la fin des années 70, une nouvelle génération de musiciens « wanabee » souvent écrivains, peintres, réalisateurs et autres arnaqueurs de bas étage créèrent une scène de musique déviante qui rejetait les chemins traditionnels de l'industrie musicale. ZE leur fournit un cocon déjanté et un labo pour que cette tribu urbaine puisse explorer en toute impunité de nouveaux champs de perceptions...

Un an plus tard, Chris Blackwell se joint à l'aventure et à travers un deal de licence avec son label Island Records, offre à ZE l'opportunité d'une exposition mondiale. ZE développa durant quelques années une identité indépendante et surréaliste dotée d'une ligne esthétique singulière, un univers chaotique, mais cohérent, refuge de toute la scène underground arty new-yorkaise composée de fortes personnalités. Pour certains, à cette époque, ZE Records était simplement « le meilleur label de musique indépendant du monde », dixit John Peel dans Melody Maker en 1980. Dans The Face de mars 1980, Robert Elms écrivait « Le meilleur conseil qu'un jeune journaliste branché puisse vous donner aujourd'hui : SI C'EST SUR ZE, ACHETEZ-LE IMMÉDIATEMENT... », et dans le même magazine en janvier 82, Paul Tickell décrivait le label : « ZE records, le label le plus Hype du monde »[2]. Le reste fait partie de l'histoire...[Quoi ?]

En l’espace de quelques années les meilleurs albums de Suicide, Kid Creole and the Coconuts, Lydia Lunch, Alan Vega, James White/Chance, Cristina, Lizzy Mercier Descloux, Was (Not Was) (en), pour ne citer que les plus connus, furent enregistrés sur ZE à la charnière des années 70/80 et ont influencé jusqu'à aujourd'hui grand nombre de groupes[3].

En 1982 Esteban quitta New York et ZE records pour d'autres aventures en solo De 1984 à 1989, il produisit le groupe français new wave transfuge de Marquis de Sade, Octobre, l'album sud-africain de Lizzy Mercier Descloux incluant, contre toute attente, le hit Mais où Sont Passées Les Gazelles, et son suivant au Brésil « One for the Soul » avec Chet Baker. Puis deux albums avec Lio : Pop Model et Cancan, incluant deux singles d'or Les Brunes Comptent Pas Pour Des Prunes et Fallait Pas Commencer et un album d’or Pop Model...

Michael Zilkha arrêta ZE Records en 1984. Il rejoindra son père au sein de Tower Petroleum (une compagnie d'exploitation pétrolière basée à houston renommé Zhilka Energy). Il est aujourd'hui à la tête de Horizon Wind Energy (en). Il siège au bureau de surveillance de la Chinquapin School (en), The Menil Collection, The Contemporary Arts Museum et The Alley Theatre (en), tous domiciliés à Houston, Texas, où il vit désormais[4].

En 2003, Esteban relança ZE records qui à ce jour a remasterisé et réédité plus d'une quarantaine d’albums produits depuis 1978[5].

Il vit depuis 2013 en Thaïlande sur l'île de Koh Phangan.Il a créé un petit studio d'enregistrement en 2017.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Interview avec Michel Esteban pour Strange Days Magazine 2009 Japon http://www.zerecords.com/2010/about_interview_1.php
  2. Article paru sur GONZAI, ZE Records :1979-2009 Les années "No New York" http://gonzai.com/ze-records-1979-2009-les-annes-no-new-york
  3. article du blog DiscoClone sur ZE Records, http://disco-clone.blogspot.com/
  4. Interview Michel Esteban pour INK 19 : UK 2009 http://www.zerecords.com/2010/about_interview_3.php
  5. Interview du The Daily Telegraph avec Michel Esteban : UK 2009 http://www.zerecords.com/2010/about_interview_4.php