Xian de Tongren

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Tóngrén Xiàn
同仁县
Xian de Tongren
Localisation du xian de Tongren (en rose) dans la préfecture de Huangnan (en jaune)
Administration
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Province ou région autonome Qinghai
Préfecture Huangnan
Statut administratif Xian
Code postal 811300[1]
Indicatif +86 (0)973
Immatriculation 青D
Démographie
73 896 hab. (1999)
Densité 23 hab./km2
Géographie
Coordonnées 35° 24′ 37″ nord, 102° 04′ 53″ est
Altitude 2 480 m
Superficie 319 500 ha = 3 195 km2
Localisation
Localisation de Tóngrén Xiàn
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Tóngrén Xiàn
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Tóngrén Xiàn
Liens
Site web www.hntongren.gov.cn

Le xian de Tongren (同仁县 ; pinyin : Tóngrén Xiàn; tibétain : ཐུང་རིན་རྫོང་།, translitération Wylie : reb gong), aussi appelé Rebkong ou Repkong, est un district administratif de la province du Qinghai en Chine. Il est placé sous la juridiction de la préfecture autonome tibétaine de Huangnan.

Divisions administratives[modifier | modifier le code]

Le district (xian) de Tongren est composé de trois bourgs et huit cantons :

Population[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

La population du district était de 73 896 habitants en 1999[2].

Comme dans beaucoup de régions en lisière de l'aire culturelle tibétaine et de l'aire culturelle chinoise, différents groupes ethniques y coexistent[3].

Selon le recensement de 2011, il y avait dans le district : 65135 Tibétains, 7597 Han, 10308 Monguors, 3631 Hui, 1552 Salar, 451 Bonan et 162 Mongols[4].

Langues[modifier | modifier le code]

Outre la lingua franca qu'est devenue le mandarin, les Tibétains du xian de Tongren parlent le tibétain de l'Amdo.

En termes linguistiques, on note la présence du mandarin Wutun, une version fortement tibétanisée du mandarin du nord-ouest et de la langue langue de Bonan. Il est parlé par environ 4000 locuteurs dans une localité rurale (Wutun, chinois: 五屯) du bourg de Rongwo[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le site de Repkong fut d’abord une région de paturage de l’ethnie Qiang avant de devenir un site de Tuntian pendant la période des Han orientaux. Par la suite, la région fut contrôlée par le royaume de Tuyuhun avant d’être envahie par l’empire tibétain à partir de 634.

La région fut par la suite donnée en dot au Tibet lors du mariage de la princesse Jincheng. Une ville forteresse fut construite pendant la période équivalent à la dynastie Tang et se développa pendant la dynastie Song.

Origines myhologiques du peuplement tibétain[modifier | modifier le code]

Les origines du peuplement tibétain majoritairement tibétain de la région font l’objet de plusieurs récits mythologiques, comme étant notamment le fruit des amours adultérins de la princesse Wencheng. Le mythe le plus établi est toutefois le fruit d’une mission de 300 hommes conduite par Lhajé Draknawa sous les ordres de Drogön Chögyal Phagpa, (1235-1280), 5ème chef de l’école Sakyapa du bouddhisme tibétain[3].

Système du Nangso[modifier | modifier le code]

La présence et le gouvernement par Drogön Chögyal Phagpa est toutefois attestée par des sources historiques. De cette époque date l’apparation du système dit du Nangso (terme pouvant être traduit par secrétaire chargé des affaires intérieures) dans la région. La cour du Nangso était située à Rongwo (隆務囊索) et fut construite et occupée en premier par le Nangso Dodebum[3],[6].

Le nangso de Repkong était chargé de l’administration générale et du trésor. Il était assisté par un conseil de douze ministres. Le caractère héridtaire a fluctué dans le temps mais a été réaffirmé à Repkong au début du XVIIIe siècle. Pour renforcer leur prestige, les nangso pouvaient quérir des titres (comme celui de Daguoshi (chinois : 大國師) ou de seigneur) à la cour de l'empereur en Chine. Ce faisant, ils intégrèrent le système de Tusi. Cependant, ils allèrent aussi au Tibet central en quête de titres. Cette diplomatie permit de maintenir l’autonomie de la région alors en marge des deux aires culturelles[3].

Parallelement au système de Nangso, le pouvoir fut doublée d’une relation de patronage avec le monastère de Rongwo.

Gouvernement conjoint[modifier | modifier le code]

Au début du XVIIe siècle, le pouvoir des Nangso s’affaiblit progressivement. Emerga alors un pouvoir spirituel incarné par le lignage de réincarnation (tulku) des Rongwo Drubchen (chinois : 夏日倉活佛)

Shar Kelden Gyatso, né en 1606 à Repkong devint le premier lama du lignage. Il ancra le monastère de Rongwo dans la tradition Gelugpa en 1630. Le monastère était depuis sa fondation en 1342, de tradition Sakyapa.  La domination des Mongols Qoshot sur la région participa aussi à l’ascendance de l’école Gelugpa. Par sa suite, la région fut gérée par un gouvernement conjoint entre le lignage de réincarnation de Rongwo Drubchen, et l’institution civile du Nangso  jusqu’en 1949[3],[7].

Villages fortifiés[modifier | modifier le code]

D’autres sources mettent en avant la préeminence de la force militaire de quatre villages fortifiés (chinois : 四寨 , 计吴李脱四寨) habités par des fermiers militaires (système du Tuntian) aux horizons ethniques (monguor, Bonan) et religieux variés dans la vallée de Repkong. Ce système s'affermit dès la campagne des armées Ming en 1370 dans le nord-est de l’Amdo et perdura jusqu'en 1729 date de la prise de contrôle par les mandchous de la vallée. Ces quatre vilages fortifiés faisaient partie d’une liaison militaire entre Linxia et Guide[8].

Ere mandchoue[modifier | modifier le code]

Le pouvoir mandchou se consolida progressivement dans la vallée au XVIIème et au XVIIIème siècle. La sixième réincarnation du Rongwo Drubchen fit construire la "vieille rue" commerçante pour accueillir des marchands Hans et Huis. De cette époque date la construction du temple chinois d'Erlang (chinois : 二郎廟) en 1863 et de la mosquée. Cette dernière fut édifiée en 1862, reconstruite et agrandie en 1867, 1911 et 1941[9]. De même, un poste de garnison est maintenu pendant le XIXème siècle et un mur d'enceinte fut construit.

View of Repkong old town and Repkong mosque minaret

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

En , à Rebkong, dans le comté de Tongren, les collégiens ont manifesté quand ils ont découvert que les manuels scolaires étaient uniquement en chinois[10].

Culture[modifier | modifier le code]

La région est renommée pour sa production artistique, en particulier de thangka, peintures sur toile tibétaines. Interdite pendant la révolution culturelle, la peinture des Thangka a connu un renouveau, encouragée par le gouvernement local à partir de 1986. Le gouvernement local a beaucoup investi dans cette politique culturelle. Il a mis en place un village d'artistes et organisé un festival du Thangka. Ce faisant, la pratique de la peinture a ainsi évolué. Plus commerciale, elle s'est aussi ouverte à des femmes peintres[11]. Les arts Regong ont été inscrits en 2009 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité[12].

Religions[modifier | modifier le code]

Le bouddhisme tibétain est majoritairement présent dans la région, les traditions Gelugpa, nygmapa et Bön coexistent à Repkong. Le monastère de Rong Bo, abrite encore 500 moines. Antérieur au bouddhisme dans la région, le culte des divinités locales se maintient notamment avec l’organisation annuelle du festival du Lürol (klu rol or glu rol) dédié au dieu locaux[13],[14].

Les Monguor (ethnie Tu) du village de Nyentok pratiquent également en hiver un rituel de danse totémique dédié au tigre[15].

Le monastère de Rongwo (Longwu), abritant encore 500 moines, est situé dans le district de Rebkong. Nombre de ses moines furent arrêtés dans les suites des troubles au Tibet en mars 2008[16],[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Codes postaux et téléphoniques du Qinghai, (en) China Zip Code/ Telephone Code, ChinaTravel.
  2. (en) National Population Statistics Materials by County and City - 1999 Period, in « China County & City Population 1999 », sur Harvard China Historical GIS (version du 30 janvier 2011 sur l'Internet Archive)
  3. a b c d et e (en) T. Yangdon Dhondup, « Reb kong: Religion, History and Identity of a Sino-Tibetan borderland town », Revue d’Etudes Tibétaines, no. 20,,‎ , pp. 33-59 (lire en ligne).
  4. (zh) « 和諧同仁 ».
  5. (en) Erika Sandman, « Bonan Grammatical Features in Wutun Mandarin », Mémoires de la Société Finno-Ougrienne 264.,‎ (lire en ligne).
  6. (en) « Rongwo Monastery »
  7. (en) Gray Tuttle, « An introduction de Rebgong »
  8. (en) Hannibal Taubes, « The four forts of Repkong : A Tu Community between China, Mongolia, and Tibet, 1370-1730 », Archiv Orientalni, Journal of African and Asian studies,‎ (ISSN 0044-8699)
  9. (zh) « 隆務鎮 »
  10. Brice Pedroletti, Pour l'anniversaire du soulèvement de Lhassa, la crise atteint un nouveau paroxysme au Tibet, 14 mars 2012
  11. (en) Xue Ming, « The Rise of Individual through Tibetan Thangka Art in Rebgong. », CUNY Forum.,‎ , p10-20
  12. UNESCO : Les arts Regong : Inscrit en 2009 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité
  13. Katia Buffetrille, « Le jeu rituel musical (glu/klu rol) du village de Sog ru (Reb gong) en A mdo », Études mongoles etsibériennes, centrasiatiques ettibétaines,‎
  14. Katia Buffetrille, « Some remarks on mediums: the case of the lha pa of the musical festival (glu rol) of Sog ru (A mdo) », Mongolo-Tibetica Pragensia ’08,‎
  15. (en) Kalsang Norbu, Zhu Yongzhong et Kevin Stuart, « A Ritual Winter Exorcism in Gnyan Thog Village, Qinghai », Asian Folklore Studies, Volume 58,‎ , p189–203 (lire en ligne)
  16. Rebkong : plus de 140 arrestations après une manifestation le 17 avril
  17. PRESS RELEASE FROM THE CAT: Comité de Apoyo al Tibet.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Andreas Gruschke: The Cultural Monuments of Tibet’s Outer Provinces: Amdo - Volume 1. The Qinghai Part of Amdo, White Lotus Press, Bangkok 2001.
  • Tsering Shakya: The Dragon in the Land of Snows. A History of Modern Tibet Since 1947, London 1999, (ISBN 0-14-019615-3)

Liens externes[modifier | modifier le code]