Vladimir Bortko

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Vladimir Vladimirovitch Bortko
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Vladimir Vladimirovitch Bortko
Naissance (71 ans)
Moscou (Russie)
Nationalité Drapeau de la Russie Russie
Profession Réalisateur, scénariste et producteur de cinéma.

Vladimir Vladimirovitch Bortko (en russe : Владимир Владимирович Бортко), est né le 7 mai 1946 à Moscou, est un réalisateur, scénariste et producteur russe. D'abord peu remarqué, car n'ayant jamais appartenu à ce qu'on appelle le cinéma d'auteur soviétique, il se fait un nom avec ses adaptations des grands classiques de la littérature russe qui se distinguent par leur fidélité au texte et la mise en scène compréhensible pour le grand public[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Vladimir Bortko est le fils de metteur en scène soviétique ukrainien Vladimir Vladimirovitch Bortko et l'actrice Marina Fedotovna Zakharenko. Ses parents divorcent. Il grandit dans la famille de son beau-père, le dramaturge soviétique ukrainien Aleksandr Korneitchouk. Après les études à l’École professionnelle de géologie d'exploration à Kiev et son service militaire en 1965-1966, il travaille pendant trois ans comme technicien en électricité à l'entreprise Voïenproekt de Kiev.

En 1969, il commence les études à l'Université nationale Karpenko-Kary dans la classe de Vadim Tchoubassov et Rodion Efimenko. Diplômé en 1974, il devient assistant réalisateur au Studio Dovjenko. En 1975, il réalise son premier long métrage intitulé Canal, d'après le roman éponyme d'Ivan Grigourko (ru).

En 1980, Vladimir Bortko devient réalisateur aux studios Lenfilm à Léningrad, la plus grande société de production cinématographique de l’Union soviétique après Mosfilm à Moscou. Il connait une célébrité relative dans l'Union soviétique, mais sa grande percée survient avec l'adaptation cinématographique du roman Cœur de chien, écrit par Mikhaïl Boulgakov en 1925[2],[3]. Le spectateur de l'époque de la pérestroïka apprécie cette satyre fidèle au texte qui se fait l'écho de la désillusion du système communiste [4]. Le film reçoit un Grand Prix au Festival du film de Pérouse.

En 1991, il réalise Afghan Breakdown, un film sur l'intervention de l'Union soviétique en Afghanistan avec l'acteur italien Michele Placido. C’était le premier film dans la nouvellement créée Fédération de Russie qui considère les activités militaires de l'Union soviétique de façon critique.

Vladimir Bortko signe le contrat pour les deux grands projets du cinéma russe avec la chaîne de télévision Telekanal Rossiya. Le premier est une adaptation du roman L'Idiot, écrit par l'écrivain russe Fiodor Dostoïevski, dans une série télévisée de dix épisodes en 2003[5]. En 2003, cette série remporte le prix TEFI dans sept catégories et sera nominée dans cinq catégories de l'Aigle d'or dont elle remporte trois. En 2004, l'acteur Ievgueni Mironov reçoit le prix du meilleur acteur au Festival de télévision de Monte-Carlo. En 2004 également, la série reçoit le prix du public au Festival du cinéma national Vivat Kino Rossii ! (Виват кино России!) de Saint-Pétersbourg.

Trois ans plus tard, Bortko réalise une adaptation du roman Le Maître et Marguerite écrit par Mikhaïl Boulgakov, également dans une série télévisée en dix épisodes. Le tournage est suivi par de longues spéculations dans les médias, certains critiques redoutant que la complexité des thèmes socio-politiques et métaphysiques du roman ne soit sacrifiée aux exigences de la télévision populaire. La diffusion débute le 19 décembre 2005[6]. Il s'avère que Bortko ait suivi méticuleusement les dialogues du roman, et la série devient un grand succès auprès des téléspectateurs. Le 25 décembre 2005, 40 millions de Russes ont regardé le septième épisode.

En 2009, Bortko cause une controverse, avec son adaptation cinématographique du drame historique Tarass Boulba, écrit par l'écrivain russe Nikolaï Gogol[7],[8]. La critique ukrainienne lui reproche avoir permis aux acteurs polonais de parler le polonais dans le film, tandis que les Cosaques ukrainiens s'expriment en russe pauvre. Le film toutefois remporte cette fois encore un grand succès, avec près de 4 millions d'entrées dans les salles de cinéma en Russie.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en)Hristo Manolakev, Radostin Rusev, Russian Classical Literature Today: The Challenges/Trials of Messianism and Mass Culture, Cambridge Scholars Publishing, (ISBN 9781443861823, lire en ligne), p. 321
  2. (en)Ágnes Pethő, Words and Images on the Screen: Language, Literature and Moving Pictures, Cambridge Scholars Publishing, coll. « Cine y espectaculos EBSCO ebook academic collection », (ISBN 9781443806275, lire en ligne), p. 123
  3. (en) James Meek, « The hound of hell  », sur theguardian.com, (consulté le 3 octobre 2017)
  4. (en)Peter Rollberg, Historical Dictionary of Russian and Soviet Cinema, Rowman & Littlefield, (ISBN 978-1-442-26842-5, lire en ligne), p. 123
  5. (en)David Macfadyen, Russian Television Today: Primetime Drama and Comedy, Routledge, coll. « Routledge Contemporary Russia and Eastern Europe Series », (ISBN 9781134096152, lire en ligne), p. 42
  6. (en) Tom Parfitt, « Bulgakov classic to enthral Russia  », sur theguardian.com, (consulté le 3 octobre 2017)
  7. (en)Liliya Berezhnaya, Christian Schmitt, Iconic Turns: Nation and Religion in Eastern European Cinema since 1989, BRILL, coll. « Central and Eastern Europe », (ISBN 9789004250819, lire en ligne), p. 1
  8. (en)Birgit Beumers, Directory of World Cinema: Russia 2, Intellect Books, (ISBN 9781783200108, lire en ligne), p. 114

Liens externes[modifier | modifier le code]