Le Triomphe de la Chasteté

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le Triomphe de la Chasteté
Piero della Francesca 044.jpg

Recto

Artiste
Date
Vers Voir et modifier les données sur Wikidata
Commanditaire
Matériau
Mouvements
Localisation
Verso

Le Triomphe de la Chasteté ou Double Portrait des Ducs D'Urbino est une oeuvre de Piero della Francesca, réalisée entre 1460 et 1472 (année du mariage des ducs d'Urbino et année de décès de Battista Sforza), est une tempera sur bois (précoce chez Piero della Francesca) qui est aujourd'hui conservée aux musée des Offices de Florence.

Ce diptyque fut commandé par Frédéric III de Montefeltro, soit le duc d'Urbino lui-même, à des fins supposées commémoratives ou glorifiantes. 

Composition[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un diptyque (deux panneaux) à double face (recto et verso) comportant :

Au recto[modifier | modifier le code]

Les portraits du duc d'Urbino Frédéric III de Montefeltro et de sa femme Battista Sforza (Pesaro, janvier 1446 à Gubbio, 7 juillet 1472) sont ici placés face l'un à l'autre, dans toute leur gloire car ressortant devant leurs terres lointaines. 

Le paysage résulte d'une grande étude de perspective et d'influences flamandes qui donne à la composition une ouverture par l'infini du paysage. De plus, bien que le cadre sépare les deux portraits, le paysage garde une continuité dans sa représentation. Il apparaît ainsi comme le premier lien entre ces deux figures. 

Un autre lien pourrait être leur puissance, qui est ici traduite par l'utilisation de profils. Ils sont alors mis au niveau de figures représentées sur les pièces et médaillons antiques. Ces profils permettent aussi de respecter les règles de bienséance et d'esthétisme (en cachant notamment l'oeil meurtri du duc). L'esthétisme passe également par l'ornement de Battista. En effet, elle répond aux critères de beauté de l'époque (front dégagé, absence de pilosité, bijoux ornés de pierres précieuses, teint cotonneux.) La puissance qui les unit passe également par l'habit de Frédéric, une tunique sobre mais rouge, couleur symbolisant la noblesse et la puissance. 

Finalement, un dernier lien unissant les personnages passe par les oppositions, une opposition principalement articulée autour de la vie et de la mort. En cela ce tableau apparaît comme commémoratif: il est l'éloge d'un homme aimant profondément sa femme. Battista symboliserait la mort en ce qu'elle se fond au paysage et au ciel et que son teint pâle la rapproche d'un masque de cire mortuaire. Tandis que Frédéric voit son portrait dessiné par des contours sombres le faisant ressortir du paysage, ainsi que son visage marqué par l'usure du temps et de la vie. L'opposition se prolonge dans le paysage: celui de Battista peint de tons ternes représente une nature morte alors que celui de Frédéric est dense et fertile. 

Au verso[modifier | modifier le code]

Les deux panneaux, dont le tiers inférieur comporte un texte en latin, représentent leur arrivée dans la ville accompagnée d'anges et de licornes, symboles de chasteté dans deux chars triomphaux qui s'avancent l'un vers l'autre. Le texte en latin souligne l'aspect commémoratif de l'oeuvre, en ce qu'il est rédigé au passé, tout en soulignant la gloire de ces ducs. 

Une gloire amplifiée par les Vertus qui les accompagnent (cardinales pour Frédéric et théologales pour Battista) et placent ces deux figures comme des modèles à suivre. 

Le paysage reste important dans le verso en ce qu'il unit les deux panneaux par sa continuité, de la même manière qu'au recto. 

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lionello Venturi, Piero della Francesca, collection Le Goût de notre temps, Skira (1954), p. 97-101
  • (it) Pietro Allegretti, Piero della Francesca, collana « I classici dell'arte », Milan, Rizzoli/Skira, 2003, p.  148-155.
  • (it)Birgit Laskowski, Piero della Francesca, collana « Maestri dell'arte italiana », Gribaudo, Milan, 2007. (ISBN 978-3-8331-3757-0)
  • (it)Silvia Blasio (a cura di), Marche e Toscana, terre di grandi maestri tra Quattro e Seicento, Pacini Editore pour Banca Toscana, Florence, 2007.
  • (it)AA.VV., Galleria degli Uffizi, collana « I Grandi Musei del Mondo », Scala Group, Rome, 2003.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :