Tour de Pise

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Tour de Pise
torre de pisa
Leaning tower of pisa 2.jpg

La tour de Pise

Présentation
Style
Roman
Construction
1173
Hauteur
55,8
Géographie
Pays
Région
Commune
Localisation
Coordonnées
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Localisation sur la carte de Toscane
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La tour de Pise (torre di Pisa en italien), un des symboles du centre de l'Italie et emblème de la ville toscane de Pise, est le campanile de la cathédrale, situé à son chevet, sur la Piazza dei Miracoli (La place des Miracles), et dont la construction débuta en 1173.

Sa célébrité vient notamment de son inclinaison caractéristique (qui est actuellement d'un angle de 3° 59 vers le sud), apparue très rapidement pendant sa construction, du fait qu'elle a été édifiée sur une plaine alluviale. Ce défaut serait dû soit à un défaut de fondation, soit à un affaissement de terrain dû à une roche : la marne.

Fermé au public pour des raisons de sécurité le puis rouvert le , le monument a été visité par 31 millions de personnes au cours des soixante années précédentes. Devant le risque d'écroulement, d'importants travaux ont été engagés à partir de 1993.

D'un montant de 28 millions d'euros, ils ont permis de redresser la tour et de la stabiliser pour au moins une centaine d'années ; cependant, d'autres affirment qu'elle restera encore au moins 300 ans debout. Aujourd'hui elle est considérée comme stabilisée ; depuis l'été 2004, elle n'a connu que des oscillations physiologiques de faible amplitude, selon le collectif scientifique responsable de la consolidation de l'édifice[1].

Les visites ont pu reprendre depuis le , mais certains scientifiques craignent que cela n'écourte la vie de cette construction, qui reste assez fragile. De prochains travaux vont permettre d'alléger la tour en la débarrassant des aménagements obstruant les étages ; il redeviendra alors possible de voir le ciel depuis l'intérieur comme dans un gigantesque télescope, comme cela était possible avant 1935.

En août 2013, après quelques années de stabilité, la Tour a commencé à se redresser sans qu’aucun travail supplémentaire n’ait été effectué[2].

Architecture[modifier | modifier le code]

Schéma de la tour

Construite dans le style roman, la tour est haute de 55,86 mètres côté sud et de 56,71 m côté nord, du fait de son inclinaison, et a un diamètre externe de 15,5 mètres à la base. Sa masse estimée est de 14 500 tonnes[3].

Cette tour creuse, de diamètre interne de 7,4 mètres (4,2 m au sommet), est composée de deux cylindres de pierre concentriques entre lesquels court un escalier en colimaçon de 293 marches. Les murs de la partie affaissée de la tour ont été affinés afin d'en freiner la chute. Entre chacun des 8 étages, des colonnes de marbre de Carrare servent de support, et de nombreuses sculptures sont visibles. La porte est décorée de sculptures d'animaux et autres grotesques de style roman.

Le son des cloches

Légendes[modifier | modifier le code]

La légende dit que Galilée laissa tomber, simultanément du haut de cette tour, des corps sphériques de poids différents, afin de montrer « devant l'université réunie » que dans une chute ces corps arrivent simultanément, et non pas avec un retard entre eux proportionnel à leur masse, comme le supposait Aristote. Cette légende, encore vive chez les historiens des sciences au début du XXe siècle, fût battu en brèche par les historiens Emil Wohlwill, dans une publication posthume de 1926, et surtout Alexandre Koyré à partir des années 1930[4]. Mais en fait l'expérience a été faite du vivant de Galilée, notamment par Viencezo Renieri, professeur de mathématiques à l'Université de Pise, en 1641, et toutes ces expériences ont conclu que les corps n'arrivent pas simultanément : informé de cela, Galilée s'est contenté de renvoyer son correspondant à son Dialogue dans lequel il est bien précisé que l'arrivée n'est simultanée que dans le vide (et pour des corps de même nature), notion abstraire, voire considérée comme impossible, à l'époque[4].

Une superstition pisane dit également que le fait de monter dans la tour porterait malheur aux étudiants : ils risqueraient de rater leurs études[5],[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Aperçu de l'inclinaison de la tour

La construction de l'édifice commença le et s'étala sur deux siècles. Dès la fin de l'ajout du troisième étage, vers 1178, la tour avait commencé à pencher et la construction fut interrompue pendant 90 ans.

À partir de 1272, les quatre étages supérieurs furent donc posés en diagonale pour compenser l'inclinaison. La construction s'interrompit alors à nouveau de 1301 à 1350 et ce n'est qu'en 1372 que le dernier étage des cloches, de diamètre moins important, fut achevé.

En 1838, un bassin fut décaissé à la base de la tour pour mettre à jour la base des colonnes qui s'étaient enfoncées sous terre.

Des mesures de l'écartement du sommet avec la verticale montrent l'inclinaison progressive :

  • 1350 : 1,4 m soit 1,47°
  • 1817 : 3,8 m soit 3,99°
  • 1993: 5,4 m soit 5,66°[7], ce qui fait que le dernier étage (no 8, celui des cloches) dépassait l'aplomb des fondations de 4,5 mètres.
  • 2006 : 4,5 m soit 4,72°[8]
  • 2008 : 3,99 m soit 4,19°

Le , la tour fut fermée au public pour des raisons de sécurité. Le monument avait alors été visité par 18 millions de personnes au cours des soixante années précédentes.

Après expertises, les travaux furent commencés : excavations des fondations, coulage de centaines de tonnes de béton pour la stabiliser, cerclage des anneaux, drainage du sol pour alléger la nappe phréatique sur laquelle elle est érigée.

  • En septembre 1995, un système cryogénique pour refroidir le sol s'avère faire pencher la tour encore plus.
  • En 1998, une armature interne en acier fut posée et en 1999, 60 m3 d'argile furent extraits sous la tour et les fondations furent renforcées de piliers de 15 m de profondeur.

Les travaux, entrepris de 1993 à 2001, ont permis de surprenantes découvertes. La tour a été construite sur les restes d'une opulente villa patricienne du IIIe siècle, elle-même érigée sur une nécropole romaine surplombant un cimetière étrusque. Deux corps momifiés et des fragments de mosaïque romaine ont été trouvés.

Visite[modifier | modifier le code]

La tour de Pise vue depuis le Museo dell'Opera del Duomo

La tour est de nouveau accessible au public depuis le 15 décembre 2001 par groupes d'une trentaine de personnes.

La tour de Pise vue de nuit.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (it) « La Torre di Pisa, la storia, le dimensioni, la pendenza », sur TorrediPisa.it (consulté le 14 octobre 2014)
  2. La tour de Pise se redresse toute seule
  3. Sa situation géographique est de 43° 43' 23" N en latitude, 10° 23' 47" E en longitude et à environ 2 mètres au-dessus du niveau de la mer
  4. a et b Alexandre Koyré, études d'histoire de la pensée scientifique, éditions Gallimard, 1984, (ISBN 2-07-070335-5). Conférence de 1937 Galilée et l'expérience de Pise.
  5. (it)Da Nord a Sud: Tutti i Tabù e le Superstizioni degli Atenei Italiani
  6. (it)3 cose da non fare se vuoi laurearti: superstizioni tra Firenze, Pisa e Siena
  7. Pourquoi... La tour de Pise est-elle penchée ?
  8. α = arctan(d/h), d : déviation, h = hauteur = 54,5

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]