Toiturophilie

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La toiturophilie est la passion de l'accès aux toits et l'activité qui consiste à s'y promener. Celui qui la pratique est un toiturophile ou un stégophile.

Symétrie de l'Église Saint-Eustache à Paris
Les toits de Paris la nuit depuis les toits du Musée d'Orsay.

Description[modifier | modifier le code]

Définition[modifier | modifier le code]

L'adepte de la toiturophilie est un amateur de visites des toits des bâtiments et éventuellement un photographe[1]. Il se promène notamment sur les toits d'immeubles, ou de monuments, les parties hautes d'églises et les structures hautes dont notamment les grues.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme toiturophile est un néologisme étymologiquement hasardeux issu de toiture, « le toit », et du grec philein, « aimer », qui donne le suffixe –phile, « celui qui aime », utilisé publiquement pour la première fois dans un reportage intitulé : « Sur les toits de Paris » d’Olivier Lassu, diffusé le 10 novembre 2002 sur la chaîne ARTE. Il semble être inspiré du terme « cataphile », lui-même créé au début des années 1980[2]. Le mot stégophilie, dont la construction est plus orthodoxe, (du grec ancien στέγος, stégos, « toit », φίλος, philos, « ami, amateur »)[3] et le mot anglais rooftopping[4] sont parfois rencontrés.

Pratique[modifier | modifier le code]

Accès et droit[modifier | modifier le code]

Cette activité se pratique généralement de nuit, à la faveur d'accès le plus souvent illégaux. Certains cependant obtiennent des autorisations, notamment dans le cadre de campagnes d'entretiens ou de reportages photographiques. Certaines églises ou grands magasins ouvrent l'accès de leurs hauteurs au public, à titre onéreux ou gratuit. Sans l'autorisation expresse du propriétaire du bâtiment exploré, la toiturophilie est une activité illégale[5]. Elle présente en outre de nombreux dangers, au premier rang desquels se trouve la chute.

Lieux visités[modifier | modifier le code]

Les lieux visités sont toujours des toits, que ce soit de résidences, de grands immeubles (administration, site public), d'églises ou de cathédrales. Par extension, le toiturophile escalade aussi des grues, de hautes cheminées ou toute structure qui permet de s'élever[6].

Vue et panorama[modifier | modifier le code]

Vue depuis un toit du 1er arrondissement de Paris.

Les vues sont très différentes en fonctions du moment de la journée. De nuit, la ville luit, les couleurs blanche, orange et jaune dominent et seuls les grands bâtiments éclairés sont visibles. De jour, une multitude de détails sont visibles, laissant toute une gamme colorée apparaître. L'ambiance diffère.

Architecture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Cette activité permet d'approcher de près des éléments architecturaux habituellement hors de portée. En particulier, la visite des parties hautes des églises et cathédrales révèle des détails ornementaux et des sculptures d'une finesse et d'une précision invisibles depuis le sol. Surtout, l'exploration des toits permet d'avoir des points de vue peu communs sur le bâtiment lui-même et son architecture, sur son environnement urbain et sur la ville[7].

Escalade d'une tour à Bangkok, en Thaïlande.

Photographie[modifier | modifier le code]

Souvent équipé de matériel photographique, le toiturophile profite de ses visites pour documenter ses points de vue[8]. Des adeptes de la photographie panoramique sillonnent ainsi les toits et enregistrent des prises larges.

Art urbain[modifier | modifier le code]

Certains adeptes de l'art urbain (street artists), et notamment auteurs de graffiti, montent sur les toits pour y apposer leur marque, profitant de la visibilité et du prestige que peuvent offrir certains murs élevés[9]. Ces interventions vont à l'encontre de la démarche des toiturophiles ; en effet, pour la plupart d'entre eux, il est primordial de ne laisser aucune trace de leur passage.

Activités similaires[modifier | modifier le code]

Les toiturophiles pratiquent souvent l'exploration urbaine[10]. Cette activité regroupe les cataphiles, toiturophiles et amateurs de lieux abandonnés (friches) ou en chantier.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Stéphanie Fasquelle, « Mindwide, l’homme qui photographie la ville d’en haut », sur lavoixdunord.fr, (consulté le 18 mai 2017)
  2. Voir Étymologie de « cataphilie ».
  3. Jérôme Dupuis, Sylvain Tesson écrivain aventurier, L'Express, 10 novembre 2005.
  4. « Le rooftopping : le phénomène photo qui donne le vertige », konbini.com, 22 octobre 2012.
  5. Lorine L. « Je suis toiturophile : je monte sur les toits et me glisse dans la peau d'une espionne », sur leplus.nouvelobs.com, (consulté le 15 mai 2017)
  6. (ru+en) « TEDx Talk Mustang Wanted », sur youtube.fr (consulté le 22 mai 2013)
  7. Voir par exemple le récit de l'ascension de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris : Irène Omélianenko, « Escalader la nuit », France Culture, 29 septembre 2011.
  8. Voir par exemple les catégories Vues depuis le magasin 2 de la Samaritaine ou Vues depuis le dôme des Invalides.
  9. Ici M. Chat à Paris, par exemple.
  10. Coralie Lemke, « Pourquoi les cataphiles quittent les catacombes pour investir les toits de Paris », sur 20minutes.fr, (consulté le 15 mai 2017)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sur Paris :
    • Michel Setboun et Pierre Guicheney : Paris : La balade des clochers, Éditions Hermé, 2004, (ISBN 9782866654054).
    • Catherine Vialle : Les toits de Paris, Éditions Parigramme, 2000, (ISBN 9782840961840).
    • Frédéric Vuillod : Paris, les toits, la nuit..., Les Éditions du Mécène, 2005, (ISBN 9782907970464).
    • Sur les toits de Paris, Olivier Lassu, 2002, film de 55 minutes.
  • La rubrique Toiturophilie du forum CKZone (l'inscription est nécessaire pour parcourir le forum.)

Articles connexes[modifier | modifier le code]