Tirailleurs lettons

Les tirailleurs lettons (en letton : Latviešu strēlnieki ; en russe : Латышские стрелкиsont) sont huit régiments de soldats recrutés en Lettonie (gouvernement de Livonie et gouvernement de Courlande) ayant combattu pendant la Première Guerre mondiale dans les forces de l'Empire russe puis de l'Union soviétique. Ils avaient un statut à part dans l'Armée impériale russe.
Histoire
[modifier | modifier le code]Sous l'Empire russe
[modifier | modifier le code]Leur création remonte au à l'initiative de deux députés de la Douma. Ils se distinguent lors des deux batailles de l'Aa en au cours desquelles ils subissent de lourdes pertes. Ils arrêtent l'avancée allemande aux portes de Riga puis contribuent à couvrir la retraite de la 12e armée russe au cours de la bataille de Riga (ou bataille de la Jugla) en .
Époque soviétique
[modifier | modifier le code]À la suite de la révolution d'Octobre, les régiments se rangent du côté des bolcheviks. Le 30 juillet 1917 ( dans le calendrier grégorien), l'Iskolats est mise en place à Riga, à initiative du comité central du Parti ouvrier social-démocrate de Russie ; cet organe équivalent à un soviet est contrôlé par les tirailleurs. L'Iskolat est dissout en (février ou dans le calendrier grégorien) à la suite de l'occupation de la totalité du territoire letton par l'armée allemande et du traité de Brest-Litovsk. Lors de l'insurrection des socialistes-révolutionnaires le , les tirailleurs lettons fidèles aux bolcheviks prennent part à la répression des insurgés[1].

Un officier des « tirailleurs lettons rouges », Jukums Vācietis, devient le premier commandant en chef de l'Armée rouge en 1918.
Symbole
[modifier | modifier le code]Les tirailleurs lettons sont restés un symbole fort du patriotisme letton malgré le fait qu'ils n'ont jamais compté plus de 70 000 hommes à côté de 150 000 autres Lettons qui servaient dans le reste de l'armée russe[2].
Le poème épique d'Aleksandrs Čaks Touchés par l’éternité ((ang), 1937) leur est consacré[3].
Pāvels Armands leur consacre son film L'histoire d'un tirailleur letton en 1958[4],[5].
En 1971, un mémorial en l'hommage des tirailleurs rouges lettons ayant combattus aux côtés des bolcheviks est créé à Riga par l'artiste Valdis Albergas (lt). En 2000, après la chute de l'Union soviétique, le monument est transformé dans le but d'honorer la totalité des tirailleurs lettons, quel que soit leur bord politique[6],[7].
En 1982, Juris Podnieks réalise le documentaire intitulé Constellation des tirailleurs (Strēlnieku zvaigznājs) filmant les témoignages des derniers vétérans évoquant leurs souvenirs et les raisons de leur engagement[3].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Youri Korablev et Anatoli Chouryguine, La guerre de 1918-1922 : Quatorze puissances liguée contre l'URSS, Paris, Éditions Delga, , 85 p. (ISBN 978-2-37607-124-2), p. 12.
- ↑ Buttar 2017, p. 179.
- 1 2 (en) Geoffrey Hosking, George Schopflin, Myths and Nationhood, Taylor & Francis, , 256 p. (ISBN 9781136677175, lire en ligne), p. 166
- ↑ (lv) Anda Buševica, « Francijas izcelsmes krievu režisora darbi - Latvijas kino zelta fondā! », sur Latvijas Radio,
- ↑ (en) Jonathan D. Smele, Historical Dictionary of the Russian Civil Wars, 1916-1926, Rowman & Littlefield Publishers, , 1470 p. (ISBN 9781442252813, lire en ligne), p. 660
- ↑ (fr + en + lv) « Monument to Latvian Riflemen »
- ↑ « Monument to Latvian Riflemen ».
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) Pritt Buttar, The Splintered Empires : The Eastern Front 1917–21, Osprey, .

- Youri Korablev, Anatoli Chouryguine, La guerre de 1918-1922, Éditions Delga