TheFamily

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The Family
Création 30 janvier 2013
Fondateurs Alice Zagury, Nicolas Colin et Oussama Ammar
Forme juridique Société par actions simplifiée
Siège social Paris
Drapeau de la France France
Direction Alice Zagury
Activité Société d'investissement
Effectif 19
SIREN 790 749 337
Site web thefamily.co

The Family est une entreprise française fondée en 2013 par Alice Zagury, Oussama Ammar et Nicolas Colin.

Son but est de promouvoir l'émergence d'un écosystème de startups européennes dans le champ de l'économie numérique[1].

L'entreprise fournit aux startups de son portefeuille de l'accompagnement, des services et en contrepartie entre à leur capital[2],[3].

Les locaux de l'entreprise accueillaient des conférences qui visaient à promouvoir l'entrepreneuriat et le thème de la transition numérique[4]. Les vidéos de ces rencontres sont publiées en ligne[5]. En septembre 2019, ses locaux ferment, la direction de l'entreprise annonçant changer de modèle et basculer en "tout à distance", marquant un "demi-échec" du modèle économique de l'entreprise[6].

Activité[modifier | modifier le code]

The Family se définit comme un accompagnateur de startups sur le long terme. En contrepartie d'une participation variable à leur capital, The Family propose à des startups ayant déjà une activité et une clientèle, une aide stratégique. Celle-ci se matérialise par l'accès à un écosystème d'entreprises innovantes et d'investisseurs dans le monde entier. Sont également proposés des services à prix négociés de la part d'entreprises comme Facebook, Amazon ou Github. L'aide proposée peut aussi être un accompagnement à l'international via les bureaux The Family de Londres, Berlin[7] et plus récemment Bruxelles[8].

Financement[modifier | modifier le code]

The Family a levé 700 000 euros[2] en 2014. En 2018 l'entreprise lève 15 millions d'euros[9]. En contrepartie de l'accès à son infrastructure, The Family entre au capital des startups à hauteur de 1 % à 7 % du capital (selon la source sur laquelle on s'appuie)[10],[2],[4],[1],[11].

Problèmes de gouvernance[modifier | modifier le code]

En mars 2022, deux des trois cofondateurs (Alice Zagury et Nicolas Colin) dénoncent un comportement potentiellement délictueux chez le 3ème cofondateur, Oussama Ammar. Selon eux, ce dernier aurait détourné 3 millions d'euros de la structure d'investissement TheFamily en 2019-2020. TheFamily a engagé plusieurs procédures dont une procédure pénale avec dépôt de plainte le 23 mars 2022 pour abus de confiance et faux. Une procédure devant le tribunal de commerce a également été enclenchée dès le 3 mars 2022. En interne, la cabinet Pwc a été mandaté afin d'analyser les flux financiers entre TheFamily et Oussama Ammar[12].

En mai 2022 une enquête de Capital révèle que les plus values dégagées par le fonds ont une clef de répartition particulière. En effet le fond LGT Capital (appartenant à la famille princière de Liechtenstein) bénéficie d'une part prépondérante dans la répartition des bénéfices : il se voit attribuer par les statuts la garantie de retrouver deux fois sa mise. Viennent ensuite les fondateurs et salariés de TheFamily qui ont droit à un "carried interest” (commission sur les droits de cession) de 50% des plus-values de cessions. Alors que sur le marché, cette commission est plutôt usuellement de 20%. Plusieurs investisseurs de ce fonds le considèrent comme dysfonctionnel. Par exemple la structure britannique TheFamily ne tient pas d'assemblée générale d'actionnaires. Les dirigeants ont installé leur holding personnelle à Hong-Kong, en Estonie au Luxembourg, sur lesquelles ils perçoivent leur rémunération en tant que fondateur et dirigeant de TheFamily. Les comptes de 2017 n'ont pas été certifiés par les commissaires aux comptes. Les comptes 2017, 2019 et 2020 n'ont pas été déposés. Pour certains investisseurs de TheFamily « Les règles les plus élémentaires de structuration et de bonne gestion n'ont jamais été respectées ». Frédéric Montagnon, investisseur dans TheFamily conclue sur le fonctionnement de TheFamily[13]

« Oussama Ammar n’a fait qu’appliquer ce qu’il professe dans ses vidéos. Il a toujours tenu un discours très agressif vis-à-vis des investisseurs, disant qu’il fallait leur prendre de l’argent sans être trop regardant sur les moyens. […] Il est regrettable que ce discours toxique reste suivi - voire vénéré - par autant de jeunes désireux de lancer leur start-up »

— Frédéric Montagnon

Quelques chiffres[modifier | modifier le code]

Au , The Family a déjà permis de lever 80 millions d'euros pour le compte de 270 startups accompagnées[11]. Au mois de , selon le site internet de l'entreprise, la valorisation totale des startups du portefeuille de The Family aurait franchi le seuil d'un milliard d'euros[14].

Les « barbares »[modifier | modifier le code]

Dans son entreprise de promotion de l'entrepreneuriat numérique, The Family a repris[15] le concept de « barbares »[16] tiré d'Alessandro Barrico dans son essai Les barbares : Essai sur la mutation, publié en France en 2014. Pour TheFamily, les barbares désignent les entreprises ayant grandi dans l'économie numérique. Il s'agit d'une métaphore pour comparer[16] aux invasions barbares les bouleversements liés à l'avènement d'une société et d'un style de vie numériques. L'avènement des barbares s'accompagne du renversement des modèles traditionnels par de nouveaux modèles rendus possibles par une révolution technologique. Certains exemples cités sont les modèles économiques d'Uber ou d'Airbnb, basés non pas sur la propriété des assets par l'entreprise mais simplement sur leur utilisation.

Les formations[modifier | modifier le code]

The Family a organisé plusieurs formations et des "meetups" sur l'entrepreneuriat comme Koudetat.

En 2017, The Family propose une formation destinée au management intermédiaire des grandes sociétés, afin de les "familiariser avec les façons de penser nées de l'apport des technologies numériques" [17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Marc Bertrand et Sébastien Pommier, « The Family, la "star'accélérateur" », L'Express, (consulté le )
  2. a b et c Nicolas Rauline, « L'accélérateur français de start-up The Family lève 1 million de dollars », Les Échos, (consulté le )
  3. Aurélie Barbaux, « The Family, nouveau concept-lieu pour Paris Capitale du numérique », L'Usine digitale, (consulté le )
  4. a et b Jean-Pierre Gonguet, « The Family, une structure où les start-ups grandissent et se différencient », La Tribune, (consulté le )
  5. Voir les vidéos de Startupfood (nourriture pour jeune pousse) sur YouTube.
  6. « The Family quitte ses locaux, un échec du modèle? », sur Challenges (consulté le )
  7. Bruno Askenazi et Clément Fourcade, « The Family accompagne les entrepreneurs sans limites de temps », Les Échos, (consulté le )
  8. « Après Londres et Berlin, The Family s'implante à Bruxelles », sur L'Echo, (consulté le )
  9. « The Family élargit sa palette et se dote de 15 millions d'euros - Les Echos », sur business.lesechos.fr (consulté le )
  10. Julien Migaud-Muller et François Pitrel, « La pépinière de start-up The Family aide les jeunes entrepreneurs français », (consulté le )
  11. a et b Chloé Dussapt, « Les précieux conseils d'Alice Zagury (TheFamily) pour créer sa start-up », Challenges, (consulté le )
  12. Jamal Henni, « L’incubateur The Family attaque en justice son co-fondateur Oussama Ammar », Capital, (consulté le )
  13. Jamal Henni, « Dassault, Mazzella, Forgeard… l’incubateur The Family inquiète ses riches financeurs », Capital, (consulté le )
  14. « Once upon a time… – Welcome to The Family », Welcome to The Family,‎ (lire en ligne, consulté le )
  15. TheFamily, « Les barbares attaquent ! », (consulté le )
  16. a et b Sophie Fay, « Start-up : ces "barbares" qui veulent débloquer la France », (consulté le )
  17. Sabine Delanglade, « TheFamily veut acculturer les grands groupes », Les Échos,