Thé du Labrador

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Rhododendron groenlandicum

Le thé du Labrador, ou Lédon du Groenland (Rhododendron groenlandicum, anciennement Ledum groenlandicum), est un sous-arbrisseau de la famille des Ericaceae présent dans les toundras, tourbières et forêts d'Amérique du Nord, consommé en breuvage ou comme condiment.

Période de cueillette dure environ six semaines, du début juillet jusqu’à la mi-août[1].

Description[modifier | modifier le code]

fleurs

L'espèce est proche du Lédon palustre (Rhododendron tomentosum), certains auteurs la considérant d'ailleurs seulement comme une sous-espèce de ce dernier[2].

C'est un sous-arbrisseau à port dressé haut de quelques dizaines de centimètres[3] mais pouvant dans de bonnes conditions de croissance former des buissons atteignant jusqu'à 1,50 m de hauteur et de diamètre[4]. Le feuillage est persistant, les feuilles sont alternes, simples, de forme elliptique et allongée, à bord du limbe recourbé vers le dessous. La face supérieure de la feuille est verte et luisante, la face inférieure est couverte d'un épais duvet qui masque la nervure médiane et qui de couleur vert pâle sous les jeunes feuilles en formation vire ensuite au roux sous les feuilles pleinement développées. L'invisibilité de la nervure par-dessous la feuille et la couleur rousse sont des caractères qui permettent de distinguer Rhododendron groenlandicum de Rhododendron palustre. Il est par ailleurs pratiquement imputrescible[5].

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Le thé du Labrador est présent sur une grande partie septentrionale du continent nord-américain depuis le Groenland jusqu'en Alaska. On le trouve sur la majeure partie du territoire du Canada et dans plusieurs des États du nord des États-Unis[6].

C'est une plante qui affectionne l'humidité et les sols acides et qui se rencontre notamment dans les tourbières et les sous-bois de conifères.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Les Athabaskans l'utilisaient comme une boisson, mais aussi comme un médicament pour le sang faible, le rhume, la tuberculose, les étourdissements, les brûlures d'estomac, les problèmes rénaux et la gueule de bois.

Les Amérindiens le fumaient dans le calumet de la paix. Il était aussi utilisé pour traiter la grippe, la respiration difficile et les problèmes d’estomac[7]. Le thé du Labrador arrivait en tête de liste des 17 plantes désignées par les guérisseurs autochtones pour leurs vertus thérapeutiques[8].

Certaines personnes mâchent les feuilles de thé du Labrador crues parce qu'elles en apprécient la saveur, ou l'utilisent comme épice pour la viande en faisant bouillir les feuilles et les branches dans l'eau, puis trempent la viande dans la décoction.

Il est à noter que le thé du Labrador peut être confondu avec d'autres plantes lui ressemblant, notamment le kalmia des marais (Kalmia angustifolia), très toxique et qui peut pousser près de lui[9].

Plante hôte[modifier | modifier le code]

Le Thé du Labrador (Ledum groenlandicum) est la plante hôte des chenilles des papillons Callophrys augustinus et Plebejus idas[10].

Synonymes[modifier | modifier le code]

  • Ledum groenlandicum Oeder
  • Ledum palustre subsp. groenlandicum (Oeder) Hultén
  • Ledum palustre var. latifolium (Jacq.) Michx.
  • Ledum latifolium Ait.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Zone Science - ICI.Radio-Canada.ca, « Le thé du Labrador victime de son succès », sur Radio-Canada.ca (consulté le )
  2. Selon Tutin et al (1972) cités dans Telabotanica Ledum palustre
  3. Parc national du Canada Elk Island  : Arbres et arbustes communs
  4. Plants for the future : Ledum groenlandicum (en)
  5. « Les bienfaits du thé du Labrador », sur Passeportsanté.net (consulté le )
  6. US Forest Service : Labrador tea (en) [PDF]
  7. Blondeau, Marcel. et Cuerrier, Alain., Plantes des villages et des parcs du Nunavik = Plants of the villages and the parks of Nunavik, Institut culturel Avataq, (ISBN 978-2-89544-378-0 et 2-89544-378-5, OCLC 857067387, lire en ligne)
  8. « Le thé du Labrador: un thé antidouleur | Marie-France Léger | Santé », La Presse,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. Anny Schneider, Plantes médicinales indigènes du Québec et du Sud-Est du Canada, Montréal, Les Éditions de l'Homme, , 265 p. (ISBN 978-2-7619-5256-9), p. 137
  10. papillons diurnes du Canada