Rhododendron

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Rhododendrons, Azalées

Les rhododendrons ou azalées (Rhododendron) forment un genre de plantes angiospermes (arbres, arbustes ou arbrisseaux) appartenant à la famille des Éricacées.

À l'exception des groupes tropicaux Azaleastrum et Vireya, les rhododendrons sont essentiellement rustiques. On les rencontre dans les régions montagneuses, telles que les Alpes, les Pyrénées, le Caucase, les Carpates et l'Himalaya. Beaucoup sont originaires de Chine et du Japon, et beaucoup se sont répandus en Laponie et en Sibérie. Les rhododendrons se rencontrent aussi dans les régions forestières d'Inde et de Birmanie.

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'époque médiévale, le rhododendron était appelé « Rosage », terme qui a été conservé jusqu'au XVIIIe siècle, puisque Joseph Pitton de Tournefort introduisit en 1702 le « Rosage de la mer Noire », à la suite d'un voyage en Asie Mineure. C'est au naturaliste Carl von Linné que l'on doit la dénomination de Rhododendron.

Les rhododendrons n'ont commencé à être réellement cultivés comme espèces horticoles qu'en 1656, quand John Tradescant rapporta un Rhododendron hirsutum endémique des Alpes. Cependant, le véritable succès des rhododendrons a commencé avec les espèces d'origines himalayenne et chinoise (Rhododendron arboreum, auriculatum et seroticum), au milieu du XIXe siècle.

Description[modifier | modifier le code]

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Les rhododendrons forment des arbustes étalés ou arrondis, parfois des arbres pouvant atteindre jusqu'à quinze mètres de hauteur, notamment dans l'Himalaya. Ils sont généralement sempervirents, bien que les azalées aient parfois des feuilles caduques. Leur feuillage est vert foncé.

Ce sont des plantes extrêmement acidophiles, que l'on regroupe parfois sous le terme générique de plantes de terre de bruyère. Cependant, certains rhododendrons acceptent d'être cultivés en sols neutres, voire légèrement calcaires, comme (Rhododendron hirsutum).

Les fleurs, en forme de trompette évasée, peuvent être roses, blanches, rose lilas, mouchetées de pourpre, rose saumoné, carmin, jaunes, violettes, orange, etc. Les fleurs peuvent s'épanouir depuis septembre, pour les formes hâtives d'appartement, mais plus généralement de janvier - février jusqu'à la fin juillet, pour les formes les plus tardives. Les plus grandes fleurs mesurent environ 10 cm de longueur et de largeur, souvent groupées en grappes terminales coniques qui peuvent compter jusqu'à 20 fleurons, tandis que les plus petites ne dépassent pas 4 mm.

La floraison de la majorité des rhododendrons et azalées ne dégage que peu ou pas d'odeur. Cependant, quelques espèces (R. auriculatum, R. fortunei, R. luteum, R. nuttallii, R. viscosum) et les cultivars qui en sont issus (R. x 'Mi Amor', R. x Fragrantissimum', etc.) peuvent émettre un parfum très intense. De nombreux lépidotes ont également un feuillage parfumé.

Biotope[modifier | modifier le code]

Les Rhododendrons aiment les sols acides (pH compris entre 4 et 6), frais, bien drainés, humifères, et le soleil si elles sont bien arrosées.

Classification[modifier | modifier le code]

Le genre Rhododendron est très diversifié. Il regroupe plus de mille espèces dans le monde dont huit en Europe. Certaines sont communément appelées "rhododendrons" (arbustes à grandes fleurs), d'autres "azalées persistantes" ou "azalées japonaises" (plantes, fleurs et feuillage plus petits) et d'autres enfin "azalées mollis" (azalées caduques). Il s'agit toutefois d'une classification horticole, ces groupes faisant tous partie du même genre botanique. En outre de nombreuses espèces et variétés présentent des formes intermédiaires.

Les azalées à feuilles persistantes appartiennent au sous-genre Tsutsusi et les azalées à feuilles caduques au sous-genre Pentanthera. Les rhododendrons arbustifs appartiennent principalement aux sous-genres Hymenanthes (qui comprend les espèces "classiques" sans écailles, ou élépidotes) et Rhododendron (qui comprend les espèces avec écailles, ou lépidotes, généralement boréales, alpines, ou épiphytes et saxicoles comme les sections Vireya et Maddenia).

Les sous-genres de Rhododendron sont généralement peu ou pas fertiles entre eux. Toutefois il existe de nombreuses exceptions, y compris entre les azalées caduques et les élépidotes par exemple (hybrides intersectionnels baptisés "azaléodendrons").

Sous-genres[modifier | modifier le code]

Selon Chamberlain (1996)[1] :

  • Azaleastrum
  • Candidastrum
  • Hymenanthes
  • Mumeazalea
  • Pentanthera
  • Rhododendron
  • Therorhodion
  • Tsutsusi

Espèces et variétés[modifier | modifier le code]

Rhododendron luteum
Rhododendron catawbiense

On différencie :

  • les variétés hâtives avec une floraison début mars à début mai
  • les variétés de moyenne saison avec une floraison au mois de mai
  • les variétés tardives avec une floraison fin mai à août

Les rhododendrons hybrides à grandes fleurs sont des arbustes pouvant en général atteindre 2 à 5 m, mais avec une croissance assez lente.

Les rhododendrons nains (généralement lépidotes) ne dépassent pas 2 m de hauteur, et sont des plantes idéales pour la rocaille en raison de leurs origines alpines.

Les rhododendrons dits géants sont des arbres pouvant atteindre 15 mètres de hauteur. On les trouve principalement dans les pays himalayens : Népal, Sikkim, Bhoutan et Inde. Au Népal les arbres sont de très grande hauteur : jusqu'à 30 mètres. Le Rhododendron arboreum rouge est la fleur nationale du Népal. La chaîne himalayenne et les régions voisines — Birmanie, Tibet, Yunnan — sont connues pour l'extraordinaire richesse de leur flore en rhododendrons. La péninsule indo-malaise et la Nouvelle-Guinée hébergent quant à elles plus de trois cents espèces tropicales (vireyas), dont de nombreuses épiphytes.

Le Rhododendron simsii est plus connu sous le nom d'azalée des fleuristes. Il est originaire de Chine et du Japon. Peu rustique, c'est une espèce d'appartement, avec une floraison de septembre à mai.

Quelques espèces[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Rhododendron × ponticum

Les rhododendrons peuvent supporter le plein soleil mais chez certaines variétés un excès d'ensoleillement est susceptible de provoquer le jaunissement des feuilles et l'apparition de taches brunâtres sur la partie exposée. Ils sont aussi très sensibles aux réverbérations des murs. Ils apprécient surtout l'ombre légère ou la protection de plantes plus grandes. Ils peuvent être plantés contre un mur exposé au nord.

Les racines fibreuses restent groupées au pied de la plante, ce qui favorise la transplantation des sujets les plus âgés.

Le rhododendron est une plante de terre de bruyère et redoute particulièrement le calcaire, même en petite quantité, il redoute même le calcaire de l'eau d'arrosage.

Les rhododendrons s'accommodent avec toutes les plantes dites « de terre de bruyère » et peuvent être cultivés en massif étagé.

Pour obtenir les meilleurs résultats, il faut veiller à retirer toutes les fleurs fanées à l'issue de la floraison. Ceci permet d'éviter le développement des graines, et favorise les pousses nouvelles et la floraison de l'année suivante. Dans les régions sèches il faut arroser régulièrement, surtout au début de l'été, de préférence avec de l'eau de pluie.

Bouturage[modifier | modifier le code]

Traditionnellement on les multiplie par marcottage, mais le procédé est lent : l'enracinement intervient parfois au bout d'un an, voire de 18 mois. Le bouturage et le greffage, plus délicats, permettent d'obtenir plus rapidement un plus grand nombre de plantes.

Méthode[modifier | modifier le code]

  1. En fin d'été, couper des rameaux latéraux, fins, d'une dizaine de centimètres de long. Ôter toutes les feuilles sauf les 4 dernières. Enlever avec le greffoir un lambeau d'écorce à la base.
  2. Tremper l'extrémité sectionnée de la bouture dans la poudre d'hormone : cette dernière doit bien recouvrir la partie écorcée.
  3. Planter dans des pots remplis de tourbe, placés en miniserre chauffante (20 à 25 °C). Arrosez abondamment et maintenez le couvercle fermé.
  4. Dès l'apparition de nouvelles feuilles, 3 mois plus tard, rempoter dans de la terre de bruyère. Planter dans le jardin au printemps suivant. La première floraison se fera 4 ou 5 ans plus tard.

Toxicité[modifier | modifier le code]

Boutons de Rhododendron catawbiense.

Selon certaines sources[3], le miel provenant des fleurs de certains rhododendrons d'origine asiatique provoquerait des troubles intestinaux. En effet, la plante renferme dans ses feuilles un glucoside fortement émétique. Ainsi Xénophon (430 - 355 av. J.-C.) décrivait dans l'Anabase[4] le comportement bizarre de soldats grecs, les Dix Mille, ayant raflé le miel d'un village entouré de rhododendrons. Tous ceux qui en mangèrent perdirent la raison, vomirent, eurent la diarrhée et perdirent leurs forces. Ceux qui en avaient peu mangé furent simplement ivres. Personne ne mourut cependant : au bout de vingt-quatre heures, les Grecs retrouvèrent la raison, et quatre jours plus tard ils tinrent à nouveau debout.

Quatre siècles plus tard, la même mésaventure est arrivée aux armées de Pompée : Pline l'Ancien[5] signale que des troupes ont été victimes d'un miel qui rend fou.

Au XVIIIe siècle, un botaniste français, Pitton de Tournefort, signale cette particularité[6].

Le rhododendron concerné était Rhododendron ponticum, ou peut-être Rhododendron luteum (= Azalea pontica). Plus tard, il a été reconnu que le miel issu de cette azalée avait des effets légèrement hallucinogènes et laxatifs. Le Rhododendron ponticum à l'origine des troubles digestifs renferme de l'andromédotoxine (alcool diterpénique), le rhododendron des Alpes (Rhododendron ferrugineum) de l'arbutine, de l'aricoline et de la rhodoxanthine. Ces deux rhododendrons sont considérés comme des plantes de toxicité moyenne, qui provoquent des vomissements, des troubles digestifs divers, des troubles nerveux, respiratoires et cardiovasculaires.

Statut de protections[modifier | modifier le code]

Bonsaï de rhododendron.

Rhododendron × superponticum[7] est une plante ornementale cultivée depuis le 18e siècle. Elle est devenue envahissante majeure des climats océaniques et provoque des dégâts difficilement réversibles dans les milieux forestiers. Par exemple, introduite par l'homme comme ornemental (éthélochorie) dans le parc National de Killarney en Irlande, le Rhododendron × superponticum est considéré comme envahissant et sa destruction est devenue l'une des priorités des autorités du parc, car sa croissance empêche celle des autres espèces[8]. Initialement uniquement composé de R. ponticum ssp. baeticum, il s'agit aujourd'hui d'un groupe d'hybrides primaires et secondaires de Rhododendron ponticum et R. catawbiense entre autres.

Depuis 2007, le rhododendron pontique (Rhododendron ponticum sensu lato), fait partie de la liste des « plantes invasives avérées » de la Bretagne et de la Basse-Normandie[9],[10]. En revanche, l'espèce type R. ponticum ssp. baeticum est considérée comme vulnérable dans sa zone d'origine, en Espagne[11].

Depuis 1997, la Collection nationale des hybrides du genre Rhododendron se trouve au Domaine de Trévarez.

Langage des fleurs[modifier | modifier le code]

Dans le langage des fleurs, la signification du rhododendron est celle du danger ; cette signification est très probablement liée à la présence de composés toxiques. À Montréal, le rhododendron signifie « vous êtes la plus belle ».[réf. nécessaire]

La signification de l'azalée est celle de la tempérance.

Emblème national[modifier | modifier le code]

Branches de rhododendron sur les armoiries du Népal.

Le rhododendron est la fleur nationale du Népal, où il figure sur les armoiries du pays, comme une guirlande.

Anecdote[modifier | modifier le code]

J'aime pas les rhododendrons est une chanson humoristique de Sim de 1971[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. David Chamberlain et al., The Genus Rhododendron: Its Classification and Synonymy, RBG Edinburgh,‎ , 184 p.
  2. The Plant List, consulté le 9 février 2014
  3. Guide des plantes toxiques
  4. Livre IV, chap. VIII, 20
  5. Voir aussi : Histoire naturelle, Livre XXI,Du miel vénéneux... XLIV et suiv.
  6. Relation d’un voyage au Levant, 1717, t. II lettre XVII p. 224 et suiv) en ligne sur GALLICA
  7. (en) James Cullen, « Naturalised rhododendrons widespread in Great Britain and Ireland », Hanburyana, no vol. 5,‎ , p. 11-30
  8. http://www.killarneynationalpark.ie/Rhododendron.htm
  9. Rhododendron pontique sur le site Conservatoire botanique national de Brest
  10. Liste des plantes invasives de Bretagne, Conservatoire Botanique national de Brest (Nov. 2007)
  11. (es) collectif, Libro Rojo de la Flora Silvestre Amenazada de Andalucía
  12. http://www.dailymotion.com/video/x7wk2s_sim-j-aime-pas-les-rhododendrons-19_music

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bases taxinomiques[modifier | modifier le code]

Autres liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]