Téat Plein Air

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TÉAT Plein Air
Description de cette image, également commentée ci-après
Vue de la scène du TEAT Plein Air.
Type Théâtre en plein air
Lieu Saint-Gilles les Bains
Coordonnées 21° 02′ 54,7″ sud, 55° 13′ 56,9″ est
Architecte Jean Tribel
Inauguration 1970
Capacité 1 000 places
Direction Théâtres départementaux de La Réunion
Site web http://www.teat.re

Géolocalisation sur la carte : La Réunion
(Voir situation sur carte : La Réunion)
Téat Plein Air

Affiche d'un festival du Théâtre plein air de Saint-Gilles, la Réunion.

Le TÉAT Plein Air ou Théâtre en plein air de Saint-Gilles est un théâtre de l'île de La Réunion, département d'outre-mer français dans le sud-ouest de l'océan Indien. C'est un équipement culturel majeur du Conseil général de La Réunion, qui en est le propriétaire.

Histoire[modifier | modifier le code]

Lorsque le Conseil général prend en la décision de réaliser un théâtre en plein air à Saint-Gilles les bains, le but premier est d'offrir aux prochains spectateurs des spectacles de qualité et d'une valeur culturelle incontestable et de faire naître chez les jeunes le goût du théâtre.

C'est un lieu culturel dédié aux arts vivants.

Le théâtre plein air est un monument emblématique du patrimoine de La Réunion. Son emplacement et son style architectural permettent l'immersion complète dans la culture et l'histoire de l'île.

L'édifice s'accorde parfaitement au cadre environnant.

Description[modifier | modifier le code]

Cet amphithéâtre découvert surplombe la station balnéaire de Saint-Gilles les Bains, sur la côte ouest de l'île de La Réunion.

Dirigé depuis juillet 2009 par Pascal Montrouge et géré par les Théâtres départementaux de La Réunion, tout comme le TÉAT Champ Fleuri à Saint-Denis, il accueille par exemple le festival Total Jazz au mois d'avril.

Il est inscrit monument historique en 2012[1].

Il s'agit d'un lieu "magique" de nuit comme de jour... Il est détaché du tissu urbain et de ses nuisances. Posé sur une crête, le théâtre de "verdure" à l'origine, devenu "théâtre de plein air" est un belvédère surprenant offrant des vues plongeantes sur Saint-Gilles, l'océan et sur les paysages environnants de l'île de la Réunion. Il est également ancré sur un morceau de savane sur des roches volcaniques.

Peu visible depuis l'entrée, ce lieu se laisse découvrir au fil de la marche et à travers la végétation jusqu'à la billetterie. Après l'avoir passée, nous observons à notre droite la scène du Badamier récemment créée. Et à notre gauche, nous avons un escalier menant directement en haut de l'amphithéâtre. Ce cheminement permet la découverte d'une agréable scène de chokas, d'aloès et de quelques cactées. Il s'agit de l'œuvre de Nixon, unique jardinier œuvrant au quotidien pour valoriser le site.

Ce dernier abrite quelques espèces endémiques de la Réunion, telles que le bois d'Arnette, le bois d'Olives, un vieux Tamarin et un raisin de mer. Les espaces ont été majoritairement plantés d'espèces indigènes et exotiques provenant de l'océan Indien ou d'ailleurs, comme la plupart des artistes le visitant. Au fil du temps, de différentes et nombreuses espèces se sont ajoutées au paysage exotique du lieu comme le palmier bouteille, l'eucalyptus, l'arbre du voyageur ou encore le flamboyant arbre emblématique de l'été réunionnais.

Tout cela contribue à l'authenticité, le métissage, le contraste et l'identité originale du lieu.

Michel Debré est élu député de la Réunion en 1963. Grand amateur de théâtre, il évoque son projet pour l'île, de réaliser un premier équipement culturel de qualité.

Entrée du Théâtre plein air de Saint-Gilles, la Réunion.

Sa proposition ayant été acceptée, il demande au ministre de la Culture, André Malraux, de lui donner les moyens pour édifier dans une zone touristique et peu pluvieuse, relativement proche de Saint-Denis, un théâtre en plein air.

Architecture[modifier | modifier le code]

En 1966, André Malraux se rapproche de René Allio, alors professionnel du théâtre et qui travaillait déjà avec l'Atelier d'Urbanisme et d'Architecture, pour proposer une équipe compétente sur ce projet. Peu de temps après, le ministre confirme la candidature de Jean Tribel. Ce dernier connaît André Malraux pour l'avoir rencontré lors de l'inauguration de la maison de la culture d'Amiens.

Le projet argumenté du jeune architecte fut donc reçu avec beaucoup de sollicitude et la promesse d'un financement à la hauteur de son ambition.

C'est à la Réunion que Jean Tribel accompagne Michel Debré quelques semaines plus tard. Il découvre le magnifique site à flanc de ravine, d'où l'on aperçoit l'océan Indien dans un panorama d'exception, à l'occasion d'un pique-nique organisé par le Conseil général.

Durant son séjour Jean Tribel rencontre Gilbert Royer qui sera l'architecte d'opération.

En 1955, après cinq années au Maroc, Gilbert Royer, architecte d'origine suisse, s'installe à la Réunion.

Billetterie du théâtre plein air de Saint-Gilles, la Réunion.

C'est à partir de 1967 que Gilbert Royer développera une architecture néo-brutaliste. Sa très grande connaissance de ce matériau sera une aide précieuse pour cette opération. Pour le théâtre de plein air, Gilbert Royer travaillera avec Edwin Quessy, chef de chantier de la SOGEFOM pour mener à bien cette entreprise exceptionnelle à La Réunion. De retour à Paris, Jean Tribel commence le projet en réalisant une maquette en argile.

Inauguration du théâtre[modifier | modifier le code]

Le a lieu l'inauguration du théâtre et le premier festival de l'océan Indien. L'organisation de ce dernier est confiée par le Département à une association nommée "Le Comité des Festivals de l'Océan Indien", présidée par madame Guy Payet. De nombreuses représentations sont prévues telles que des soirées spectacle données par des groupes folkloriques principalement comoriens, malgaches, mauriciens et réunionnais. Ce programme affirme dès lors la vocation culturelle de la Réunion dans le contexte de la région francophone de l'océan Indien. Lors du gala de ce premier festival, placé sous la direction de Michel Debré, huit cents spectateurs venus des quatre coins de la Réunion dont les personnalités locales assistent au déroulement de la soirée.

Cette dernière s'ouvre sur les trompettes de la Garde Républicaine qui compte vingt-neuf musiciens en uniforme bleu galonné de rouge interprétant successivement les hymnes nationaux mauricien, malgache et français. Dans la seconde partie de soirée, les acteurs de la Comédie-Française interprètent la tragédie Britannicus de Jean Racine.

Le XXe siècle marque un tournant dans l'histoire de la Réunion. La départementalisation a modifié l'économie. La société réunionnaise actuelle est issue de l'augmentation de la population durant ces derniers siècles. Le mode de vie de l'île a changé. Partout, on peut voir l'architecture moderne omniprésente. Et l'héritage créole représente peu en comparaison de celui créé dernièrement. L'architecture réunionnaise doit devenir un référent identitaire. Le théâtre plein air de Saint-Gilles est un édifice culturel majeur de la Réunion d'aujourd'hui et l'un des plus beaux monuments du XXe siècle existant sur l'île.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Teat plein air. Jean Tribel. Sous la dir. de Yves-Michel Bernard. Éditions ter'la. 2016. 77 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexe[modifier | modifier le code]

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