Syndrome de l'imposteur

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Les personnes atteintes du syndrome de l'imposteur, appelé aussi syndrome de l'autodidacte, expriment une forme de doute maladif qui consiste essentiellement à nier la propriété de tout accomplissement personnel. Ces personnes rejettent donc plus ou moins systématiquement le mérite lié à leur travail et attribuent le succès de leurs entreprises à des éléments qui leur sont extérieurs (la chance, un travail acharné, leurs relations, des circonstances particulières). Elles se perçoivent souvent comme des dupeurs-nés qui abusent leurs collègues, leurs amis, leurs supérieurs et s'attendent à être démasquées d'un jour à l'autre.

Notion en psychologie ou en psychiatrie[modifier | modifier le code]

Le terme est inventé par les psychologues cliniques Pauline Rose Clance et Suzanne A. Imes en 1978[1].

Il s'agirait en l'occurrence d'un fantasme masochiste sapant les mécanismes narcissiques et polluant l'existence du sujet affecté. 60 à 70 % des personnes douteraient, à un moment ou à un autre de leur carrière, de la réalité ou de la légitimité de leurs succès[2]. Ces pensées négatives sont généralement dépassées par une certaine clairvoyance, mais elles peuvent finir par devenir invalidantes. Ce syndrome est notamment sensible parmi les types d'enfants et d'adultes perçus comme à haut potentiel[réf. nécessaire], ou plus couramment nommés surdoués.

Pour d'autres[3], le complexe de l'imposteur est lié à la peur de réussir et empêche les personnes qui en sont victimes de développer pleinement leur potentiel. Inconsciemment convaincues que leur réputation est usurpée, ces dernières fuient toute possibilité qui leur permettrait d'aller encore plus loin. Ces personnes vivent dans le doute et pensent qu'un jour elles seront démasquées et que quelqu'un fera la preuve de leur incapacité[4].

Stratégies de défense[modifier | modifier le code]

C'est cette crainte d'être démasqué qui pousse l'imposteur à mettre en œuvre des stratégies pour masquer l'escroquerie dont il se sent coupable. La stratégie overdoing consiste, par rapport à une tâche à accomplir, à investir une très grande énergie. Ceci permet à la personne d'attribuer à cette grande quantité de travail le succès de l'entreprise et non à ses compétences réelles. La stratégie underdoing prépare la personne à l'échec, pour lequel elle a une explication toute faite et d'attribuer à la chance ou à un contexte particulier les raisons de la réussite éventuelle. Dans les deux cas, ces stratégies viennent renforcer le syndrome.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

L'échelle de Clance a été développée pour définir si une personne souffre ou non du syndrome de l'imposteur.[5]

Cependant, la notion de maladie fait débat, et les chercheuses Pauline Rose Clance et Suzanne A. Imes à l'origine de ce concept regretteraient d'avoir utilisé le terme de « syndrome ». Elles préfèrent parler d'une « expérience » que 70% de la population aurait déjà vécue.[6]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Pauline Rose Clance, Suzanne A. Imes, « The imposter phenomenon in high achieving women: Dynamics and therapeutic intervention », Psychotherapy Theory, Research and Practice, vol. 15, no 3,‎ , p. 241–247 (DOI 10.1037/h0086006, lire en ligne)
  2. Le complexe d'imposture, ou, Comment surmonter la peur qui mine votre réussite, Pauline Rose Clance, édition Flammarion (1992), (ISBN 978-2080648778)
  3. La mesure du succès Bulletin RBC, Vol. 68, N° 1 — Jan./Fév. 1987 Paragraphe Le complexe de l'imposteur et la crainte de réussir
  4. Le complexe d'imposture Diane Desharnais, CRHA, La Presse, 16 sep. 2006.
  5. Lien vers le test de l'échelle de Clance
  6. BFM BUSINESS, « Le syndrome de l'imposteur n'est pas une maladie » (consulté le 23 août 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pauline Rose Clance, Le Complexe d'imposture. Ou Comment surmonter la peur qui mine votre sécurité, Flammarion, 1986
  • Philippe Di Folco, Petit traité de l'imposture, coll. Philosopher, Larousse, 2011
  • Kevin Chassangre, Stacey Callahan, Le Syndrome de l'Imposteur: Traiter la dépréciation de soi, Dunod, 2015

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]