Symphonie nº 40 de Mozart

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Symphonie nº 40 en sol mineur
KV. 550
Image illustrative de l'article Symphonie nº 40 de Mozart
Mozart par Doris Stock en 1789.

Genre Symphonie
Nb. de mouvements 4
Musique Wolfgang Amadeus Mozart
Effectif Orchestre symphonique
Dates de composition
Partition autographe Société philharmonique de Vienne
Création inconnue
Versions successives
1791 (ajout d'une partie de clarinettes)
Représentations notables
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Symphonie no 40 en sol mineur,
KV 550

I. Molto allegro

II. Andante

III. Menuetto, Allegretto-Trio

IV. Allegro assai

La Symphonie no 40 en sol mineur, KV. 550 a été composée par Wolfgang Amadeus Mozart durant l'été 1788, alors âgé de 32 ans. C'est la plus célèbre de ses symphonies, y atteignant un équilibre quasi miraculeux entre le fond et la forme, la richesse thématique et la dynamique rythmique.

Historique[modifier | modifier le code]

Écrite par le musicien trois semaines après la Symphonie no 39, elle est achevée le (ses trois dernières symphonies, dont celle-ci, sont terminées en moins de deux mois). Les circonstances précises de sa composition restent inconnues. La partition a été remaniée après 1791 par l'ajout de parties de clarinettes ce qui était inhabituel dans la symphonie classique jusqu'alors, jusqu'à ce que Beethoven impose définitivement ces pupitres dans l'orchestre symphonique . La rumeur à propos du fait que cette symphonie n'ait pas été jouée semble fausse ; en effet, si Mozart a modifié sa nomenclature en ajoutant une partie de clarinette, c'est bien qu'il avait entendu sa première version et qu'elle lui convenait mieux en ajoutant la partie de clarinette.

Le manuscrit a appartenu un temps à Johannes Brahms.

La 40e Symphonie est dans un ton et une atmosphère tout différents. Après des moments épiques de spiritualité dans la 39e Symphonie en mi bémol majeur, Mozart développe dans la sol mineur un sentiment tragique et angoissé, toutefois exprimé avec une grâce mélancolique d'une beauté insurpassable. Le célèbre thème anapestique ouvrant le premier mouvement est devenu presque aussi mythique que celui ouvrant la Cinquième Symphonie de Beethoven. Probablement, la perte de sa fille en bas âge, et l’impopularité relative dont souffrait durant cette période le compositeur ont-elles contribué à l'atmosphère inquiète et tourmentée de la symphonie. Elle est aujourd’hui immensément populaire, de loin la plus jouée du compositeur, et même l'une des œuvres les plus emblématiques de la musique classique universelle. Sa géniale véhémence, fruit d'un art qui est au sommet de ses capacités, n'a jamais cessé de séduire toutes les générations depuis le temps de sa création.

Orchestration[modifier | modifier le code]

Instrumentation de la symphonie nº 40
Cordes
premiers violons, seconds violons,
altos, violoncelles, contrebasses
Bois
1 flûte,
2 hautbois,
2 clarinettes en si bémol,
2 bassons
Cuivres
2 cors en si bémol et en sol

Structure[modifier | modifier le code]

Thèmes principaux, par mouvement
Thèmes des quatre mouvements

Elle comporte quatre mouvements et son exécution demande environ un peu moins d'une demi-heure.

  1. Molto allegro (à 2/2, en sol mineur, 299 mesures)
  2. Andante (à 6/8, en mi bémol majeur, 123 mesures)
  3. Menuet et Trio (à 3/4, en sol mineur, 84 mesures)
  4. Allegro assai (à 2/2, en sol mineur, 308 mesures)

Durée : environ 36 minutes

Analyse[modifier | modifier le code]

L'atmosphère de cette symphonie évoque celle de la Symphonie no 25 en sol mineur, déjà rien que par la similitude de tonalité. C'est d'ailleurs, avec cette dernière, la seule symphonie de Mozart écrite en mode mineur (à noter toutefois que Mozart avait déjà écrit dans sa géniale enfance, à l'âge de 8 ans, une toute première œuvre symphonique, en la mineur, dite « Symphonie Odense »).

Le premier mouvement, de tempo allegro, obéit à la classique forme sonate (exposition à deux thèmes, mineur contre majeur, exposition bis, développement central, réexpostion, coda). Ce mouvement initial ne comporte pas, comme c'est le cas dans certaines des symphonies tardives de Mozart (36, 38 et 39) d'introduction lente. L'allegro molto se lance d'emblée dans le fameux thème anapestique d'ouverture, à la fois pathétique et d'une indicible grâce mélancolique, joué par les violons comme « à voix basse », au-dessus d'un frémissement rythmique, continu et fiévreux, donné par les cordes graves (violoncelles, contrebasses).

À la gravité de l’Andante, entrecoupée de séquences fortement rythmiques alliant la grâce à la grandeur, répond un menuet (forme A-B-A) d'une farouche pugnacité, qui ne cesse toutefois de séduire par l'élégance de ses fortes articulations au contrepoint provocateur dans ses parties A, encadrant un Trio central (partie B) d'un charme volontairement naïf et empreint de nostalgie.

Enfin, le finale Allegro Assai, se lance sur un arpège ascendant, rapide, de forme inquiète et interrogative, auquel répond constamment en alternance, comme du tac au tac, la même phrase brève, aussi autoritaire qu'impérieuse. Ainsi, l'atmosphère globale du mouvement est comme dominée par une colère fébrile, qu’aucune coda conclusive ne vient apaiser, mais, en même temps, et tel est le « miracle mozartien », l'ensemble reste sans cesse sous l'empire de la beauté et de la grâce les plus souveraines et les plus parfaites.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François-René Tranchefort, Guide de la musique symphonique, Paris, Fayard, coll. « Les indispensables de la musique », (1re éd. 1986), 896 p. (ISBN 2-213-01638-0), p. 520
  • Jean Massin et Brigitte Massin, Wolfgang Amadeus Mozart, Paris, Fayard, coll. « Bibliothèque des grands musiciens », (1re éd. 1970), 1195 p. (ISBN 978-2-213-00309-2), p. 1078