Stanislav Petrov

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Stanislav Petrov
Stanislav Yevgrafovich Petrov
Petrov recevant le Dresden Preis en 2013.
Petrov recevant le Dresden Preis en 2013.

Naissance 1939
Allégeance Drapeau de l'URSS Union soviétique
Arme Voyska PVO
Grade Lieutenant-colonel
Conflits Guerre froide

Stanislav Ievgrafovitch Petrov (en russe : Станислав Евграфович Петров), né en 1939, est un officier en retraite de la Voyska PVO, la force de défense anti-aérienne de l'Armée soviétique.

Lors d'une alerte déclenchée par les satellites de surveillance soviétiques en , il aurait, comme il l'a rapporté, pris la décision d'informer sa hiérarchie qu'il pouvait s'agir d'une fausse alerte, et non d'un tir de missiles contre l'Union soviétique comme l'indiquait le système informatique d'alerte anti-missiles. Cette crise intervint à un moment d'extrême tension entre l'Union soviétique et les États-Unis, seulement trois semaines après la destruction du Vol 007 Korean Air Lines par des chasseurs soviétiques, et aurait donc pu déclencher une riposte soviétique.

L'incident du 26 septembre 1983[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du dimanche 25 au lundi , Stanislav Petrov était l'officier de garde sur la base d'alerte stratégique de Serpoukhov-15, située dans le village de Kourilovo, dans l'oblast de Kalouga[1] à une centaine de kilomètres au sud de Moscou. Cette base était chargée de recueillir les informations des satellites soviétiques surveillant d'éventuels tirs de missiles nucléaires contre l'Union soviétique. À minuit quinze, heure de Moscou, le système informatique d'alerte anti-missiles Krokus du SPRN (Sistemi Predouprejdienia o Raketnom Napadienii, système d'alerte en cas d'attaque par missile)[2] indiqua un, puis quatre nouveaux tirs de missiles balistiques intercontinentaux Minuteman III en provenance de la Malmstrom Air Force Base, aux États-Unis. Ces tirs avaient été détectés par le satellite de surveillance Cosmos 1382, de type Oko.

Petrov ne disposa que de quelques instants pour analyser la situation. Devant le faible nombre de missiles détectés, il indiqua à ses supérieurs qu'il s'agissait selon lui d'une fausse alerte. Son avis fut suivi et permit ainsi d'éviter une riposte soviétique qui aurait pu être le point de commencement d'un conflit nucléaire ouvert[3].

Par la suite, un diagnostic des systèmes soviétiques mit en cause le logiciel embarqué par les satellites, qui aurait fait une interprétation erronée de la réflexion des rayons du Soleil sur les nuages, confondue avec le dégagement d'énergie au décollage de missiles[4].

Petrov soutient que les enquêteurs qui analysèrent la fausse alerte cherchèrent à faire de lui un bouc émissaire du dysfonctionnement du système ; mais il semble que les conséquences sur sa carrière ne furent finalement ni positives ni négatives[5]. Selon Peter Pry, un ancien analyste à la CIA, cette alerte survint dans un contexte extrêmement tendu dans les relations entre les États-Unis et l'Union soviétique, car Andropov était alors obsédé par la crainte d'une attaque surprise déclenchée par l'Occident, ayant en outre mis sur pied l'opération d'espionnage RYAN[5].

Pour des raisons de secrets militaire et politique, l'incident ne fut rendu public qu'en 1998.

Les suites[modifier | modifier le code]

Stanislav Petrov quitta son poste peu après l'incident en raison du stress provoqué par cette alerte et de l'enquête qui la suivit. Le , puis le , il fut distingué pour ses actions par l'Association of World Citizens, une association pour la paix dans le monde basée à San Francisco[6],[7].

Cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Du gaz en échange de la sécurité de la Russie », RIA Novosti,‎ .
  2. Nicolas Pillet, « Les satellites d'alerte avancée US-K « Oko », sur kosmonavtika.com,‎ .
  3. (en) « How I stopped nuclear war », BBC News,‎ (consulté le 21 janvier 2010).
  4. (en) Dr. Geoffrey Forden, « False Alarms in the Nuclear Age », PBS,‎ .
  5. a et b (en) David Hoffman, « I Had A Funny Feeling in My Gut », The Washington Post,‎ (consulté le 21 janvier 2010).
  6. (en) Jaime Holguin, « Man Honored For Averting Nuke War », CBS News/AP,‎ .
  7. (en) Andrey Mikhailov, « Soviet military man prevented Third World War in 1983 », Pravda,‎ .
  8. (en) The Man Who Saved the World - IMDb.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Opération Able Archer 83, exercice de simulation militaire de l'OTAN du 7 au , qui amena une partie de l'État-Major soviétique à craindre l'imminence d'une première frappe américaine.
  • RYAN, opération du KGB visant à réunir des informations sur les intentions supposées des États-Unis de lancer une attaque nucléaire contre l'Union soviétique.
  • Vol 007 Korean Air Lines

Lien externe[modifier | modifier le code]