Société burkinabè des fibres textiles
| Société burkinabè des fibres textiles | |
| Création | |
|---|---|
| Forme juridique | société d'économie mixte |
| Action | Groupe Geocoton Advens 45 %, République du Burkina Faso 35 % (2017)[1] |
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La Société burkinabè des fibres textiles (SOFITEX) est une société d'économie mixte créée en 1974 qui a pour mission le développement de l'agro-industrie cotonnière au Burkina Faso. Principal acteur de la filière coton dans le pays, elle opère dans la culture, la commercialisation, l'égrenage et la promotion du coton.
Alors que d'autres pays d'Afrique francophone ont nationalisé leurs sociétés cotonnières dès 1974, la Haute-Volta a mis en place pendant cinq ans une phase de transition et créa l'Association « Haute-Volta /Compagnie Française pour le Développement des Textiles » qui dura de 1970 à 1979.
Le , le gouvernement voltaïque prit son autonomie et créa la « Société Voltaïque des Fibres Textiles » avec un capital de 1,1 million de francs CFA, dont 55 % pour l'État et 45 % pour la Compagnie Française pour le Développement des Textiles. En 1981, à la suite de l'implantation de l'usine de Dédougou et de certains aménagements, le capital est passé à 2,2 millions de francs CFA[2][source insuffisante]. Le capital de la société est ensuite porté à 4 millions de CFA. Dans l'ouest du pays, la région cotonnière de Bobo Dioulasso, près de la frontière ivoirienne, elle devient le principal levier des changements économiques et sociaux.

Elle a pour mission de travailler en coopération étroite avec l'union nationale des producteurs de coton du Burkina Faso, qui promet une production d'un million de tonnes pour 2011. Même dans l'hypothèse d'une stagnation sur un niveau de production de 700 000 tonnes de coton, la culture de la fibre blanche injecterait 1,25 milliard de dollars dans l’économie du Burkina Faso[3].
Environ 80% de sa production en coton est fait avec des organismes génétiquement modifié (OGM). La Banque agricole et commerciale du Burkina (BACB) apporte son concours aux campagnes cotonnières de la Sofitex[4].
Principale société d’égrenage du Burkina, la Sofitex organise le classement manuel et visuel des différentes qualités de coton, dans un seul centre, en fonction de la longueur de la fibre. Sur le plan qualitatif, le Burkina Faso a pu de cette manière améliorer sensiblement la qualité de son coton malgré la croissance très forte de la production au cours des décennies 1990 et 2000. Des progrès ont été faits pour réduire la contamination et la longueur de la fibre s’est sensiblement améliorée, le pourcentage de coton classé 1-1/8” étant passé de 20 % en 1995/1996 à 80% en 2005/2006[5].
Son ancêtre jusqu'en 1979, était la Compagnie Française pour le Développement des Textiles (CFDT). Une quinzaine d'années après l'indépendance de 1960, la plupart des pays transformèrent ses filiales en sociétés cotonnières, sur le modèle de sociétés d’économie mixte où la CFDT restait actionnaire: la Sodecoton au Cameroun, la Compagnie ivoirienne pour le développement des textiles (C.I.D.T) en Côte d'Ivoire, la Compagnie malienne pour le développement du textile au Mali, la CotonTchad au Tchad, la Société centrafricaine de développement agricole (Socada) en République centrafricaine, la Société togolaise du coton (Sotoco) au Togo, la Sodefitex au Sénégal, la Société nationale pour la promotion agricole (Sonapra) au Bénin et la Société Burkinabè des Fibres Textiles (Sofitex) en Haute-Volta.
Historique
[modifier | modifier le code]Origines (1970-1979)
[modifier | modifier le code]Alors que d'autres pays d'Afrique francophone ont nationalisé leurs sociétés cotonnières dès 1974, la Haute-Volta a mis en place une phase de transition de cinq ans et créa l'Association «Haute-Volta/Compagnie Française pour le Développement des Textiles» qui dura de 1970 à 1979.
Le 20 juin 1979, le gouvernement voltaïque prit son autonomie et créa la «Société Voltaïque des Fibres Textiles» en collaboration avec la Compagnie Française pour le Développement des Textiles (CFDT)[6],[7],[8][source insuffisante].
En 1981, à la suite de l'implantation de l'usine de Dédougou et de certains aménagements, le capital est passé à 2,2 millions de francs CFA. Le capital de la société est ensuite porté à 4 millions de CFA.
En janvier 2025, le conseil des ministres a nommé Bienvenu Paré au poste de directeur général, succédant à Arsène Gislain Somda qui aura passé 10 mois à ce poste[9]. Le nouveau directeur général, Bienvenu Paré, a identifié comme principal défi « la relance de la production cotonnière qui est à son niveau très bas ces dernières années ». Il s'engage à poursuivre l'accompagnement des producteurs[10].
Organisation
[modifier | modifier le code]Siège et implantations
[modifier | modifier le code]Le siège social est situé à Bobo-Dioulasso au 2744 Avenue William Ponty. La SOFITEX dispose d'usines à Bobo-Dioulasso et à Banfora[11]
Actionnariat
[modifier | modifier le code]- Compagnie française pour le développement des fibres textiles (CFDT): 45%
- État burkinabè: 35%
- Autres actionnaires: 20%[12]
Gouvernance
[modifier | modifier le code]La société est placée sous la tutelle du Ministère de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat du Burkina Faso.
Activités
[modifier | modifier le code]Production cotonnière
[modifier | modifier le code]La SOFITEX organise le classement ses différentes qualités de coton[13],[14],[15]. Environ 80% de sa production en coton est faite avec des organismes génétiquement modifiés (OGM)[source secondaire souhaitée][16],[17].
Nouvelles orientations
[modifier | modifier le code]En 2024, la SOFITEX a acquis un domaine d'environ 1 000 hectares dans la vallée de Samandéni pour assurer elle-même la production de coton, destinée exclusivement à ses propres besoins[18].
Impact économique et social
[modifier | modifier le code]Retombées économiques
[modifier | modifier le code]Dans l'ouest du pays, la région cotonnière de Bobo Dioulasso, près de la frontière ivoirienne, est devenue le principal levier des changements économiques et sociaux. Même dans l'hypothèse d'une stagnation sur un niveau de production de 700 000 tonnes de coton, la culture de la fibre blanche injecterait 1,25 milliard de dollars dans l'économie du Burkina Faso[19].
Relations avec les producteurs
[modifier | modifier le code]La SOFITEX travaille en coopération avec l'Union nationale des producteurs de coton du Burkina Faso. Elle fournit aux producteurs les intrants (semences, engrais, pesticides) et l'accompagnement technique nécessaire[20],[21],[22][source secondaire souhaitée].
Défis et perspectives
[modifier | modifier le code]Difficultés récentes
[modifier | modifier le code]Les années 2023 et 2024 ont été particulièrement éprouvantes pour la société, avec une baisse significative de la production[23],[24],[25][source secondaire souhaitée]. La campagne cotonnière 2024-2025 est évaluée à 286 623 tonnes, soit une baisse de 27%[26].
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Abdul Razac Napon, Mien De Graeve, Wouter Elsen, « De la Françafrique à la corruption : les dessous de la filière coton au Burkina Faso », Bastamag, 27 février 2017, consulté le 13 mars 2017.
- ↑ « SOFITEX : : Société Burkinabè des Fibres Textiles », sur sofitex.bf via Wikiwix (consulté le ).
- ↑ https://archive.wikiwix.com/cache/20160303000000/http://www.legriot.info/1111-une-saison-cotonniere-20102011-pleine-de-promesses-au-burkina-faso/.
- ↑ http://www.africatime.com/burkina/nouvelle.asp?no_nouvelle=528083&no_categorie=
- ↑ http://www.coton-acp.org/docs/strategies/Cotton%20quality%20and%20marketing_French_Final_July%202008.pdf
- ↑ (en) Augustin Loada, « L’Économie Politique du Succès de la Filière Coton au Burkina Faso: Entre Paradoxes et Incertitudes », opendocs.ids.ac.uk, The Institute of Development Studies and Partner Organisations, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Université Michel de Montaigne-Bordeaux III Centre de recherche sur les espaces tropicaux, Aspects du développement économique dans un pays enclavé: le Burkina Faso, Presses Univ de Bordeaux, (ISBN 978-2-905081-35-3, lire en ligne)
- ↑ « Présentation de la SOFITEX », sur sofitex (consulté le )
- ↑ « Burkina/SOFITEX : Bienvenu Paré prend les commandes de la direction générale », sur BurkinaInfo - Toute l'information du Burkina Faso en temps réel, (consulté le )
- ↑ Carine Pierrette Zongo, « SOFITEX : Le nouveau directeur général installé dans ses fonctions », sur Filinfos, (consulté le )
- ↑ Afrique, École d’Affaires EENI, commerce, transport masters, « Société Burkinabè des Fibres Textiles (SOFITEX) », sur Afrique, École d’Affaires EENI, commerce, transport, masters (consulté le )
- ↑ Afrique, École d’Affaires EENI, commerce, transport masters, « Société Burkinabè des Fibres Textiles (SOFITEX) », sur Afrique, École d’Affaires EENI, commerce, transport, masters (consulté le )
- ↑ Mountanou KANI, « Qualité du coton fibre de la SOFITEX, le Laboratoire de Technologie du Coton Fibre acte pour une énième fois le renouvellement de son diplôme d’accréditation », sur sofitex, (consulté le )
- ↑ Reporter, « USINE BOBO 3 DE LA SOFITEX : Le ministre de l’Agriculture émerveillé par le niveau technologique », sur Journal Le Reporter, (consulté le )
- ↑ Morin, « SOFITEX: le coton qui fait la fierté du Burkina sur le marché international », sur Wakat Séra, (consulté le )
- ↑ « Des OGM pour sauver la Sofitex », sur JeuneAfrique.com (consulté le )
- ↑ « OGM au Burkina Faso : presque moitié moins de Coton Bt cultivé, selon le directeur de la Sofitex – Inf'OGM » (consulté le )
- ↑ Salif SAWADOGO, « Burkina Faso : la SOFITEX s’investit désormais dans la culture de coton - FINECO », (consulté le )
- ↑ Arnaud S.W. KABORE, Hamadé SIGUE, Alain P.K. GOMGNIMBOU et Noël COMPAORE, « Socio-economic acceptability of SOFITEX cotton ginning factories: Perception of residents of the towns of Bobo-Dioulasso and Banfora in Burkina Faso », International Journal of Humanities and Social Science, (ISSN 2220-8488 et 2221-0989, DOI 10.30845/ijhss.v14p14, lire en ligne, consulté le )
- ↑ La rédaction, « Burkina : La Sofitex lève 120 milliards FCFA auprès du pool bancaire national pour la campagne 2023-2024 », sur Ouest Info, (consulté le )
- ↑ « Burkina / Campagne cotonnière 2024-2025 : Les producteurs de la SOFITEX passent à la caisse - leFaso.net », sur lefaso.net (consulté le )
- ↑ Mountanou KANI, « Campagne 2023-2024 de commercialisation du coton, des équipes sur le terrain pour partager les bonnes pratiques avec les producteurs », sur sofitex, (consulté le )
- ↑ hachem, « Industrie Bobo 2024: zoom sur la Sofitex et la SN-Citec », sur L'economiste du faso, (consulté le )
- ↑ « Campagne 2023-2024 de commercialisation du coton : La Sofitex donne le top départ à Houndé - leFaso.net », sur lefaso.net (consulté le )
- ↑ « CAMPAGNE COTONNIÈRE 2023-2024 AU BURKINA FASO : 325 F CFA LE KILOGRAMME DE COTON PREMIER CHOIX, 10 MILLIARDS DE SUBVENTIONS DE L'ÉTAT ET PLUS DE 625 000 TONNES DE PRÉVISIONS », sur Ministère de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat, (consulté le )
- ↑ « Burkina/ Campagne cotonnière 2024-2025 : Le bilan provisoire de la production du coton conventionnel ressort à 286 623 tonnes – Horonya finance », (consulté le )
Voir Aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Régine Levrat, Le coton dans la zone franc depuis 1950. Un succès remis en cause, L'Harmattan, 2009, 270 p. (ISBN 978-2-296-07885-7), compte-rendu de Sébastien Bainville dans Afrique contemporaine, 2010/2, no 234, p. 180-182, [lire en ligne]
- Alfred Schwartz, « Des temps anciens à la dévaluation du franc C.F.A., les tribulations de la culture du coton au Burkina Faso », Annales de géographie, mai-, no 595, p. 288-312 [lire en ligne]