Sergueï Podolinsky

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Sergueï Podolinsky ( - [1]) est un médecin, économiste et militant socialiste ukrainien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa mère, Maria Kudasheva est d'ascendance française (elle compte une de Choiseule-Gouffier parmi ses aïeux) ; son père Andrii est noble et versifie. En 1867 Sergueï entre à l'université impériale St. Vladimir de Kiev ; il y étudie les sciences naturelles. Diplômé en 1871, il gagne Zurich afin d'y suivre des études de médecine. Il y fréquente également la jeunesse révolutionnaire russe. En 1872 il assiste à Paris aux conférences de Claude Bernard. De 1873 à 1876 il étudie à Breslau où il devient docteur en médecine. Il complète cette formation par des études d'économie politique, d'histoire et de philosophie. À Kiev, il épouse Natalia Andreeva. Ils s'installent en France. Quitté par sa femme, il doit faire face au décès de deux de ses (trois)enfants morts de méningite. Du fait de ses difficultés financières mais aussi de santé il est assisté par sa mère à Clamart.En elle l'envoie à Kiev où il dépérit dans un état de démence. La mort le prend le . on l'enterre au cimetière Zverinetsky[2].

Il doit quitter la Russie et s'installe en France en 1878[3].

En 1880-81, il forme le Cercle ukrainien de Genève avec Mykhaylo Pavlyk et Drahomanov autour de la revue Hromada que l'argent reçu de ses parents aide à financer [3].

Podolinsky, Marx-Engels et la thermodynamique[modifier | modifier le code]

Il avait en vue de concilier la pensée socialiste et la deuxième loi de la thermodynamique et de faire la synthèse entre Karl Marx, Charles Darwin et Sadi Carnot [4]. Il s’inscrit comme un des premiers parmi une longue liste d’auteurs, souvent de formation scientifique, qui ont été frappés par le caractère économique du concept d’énergie tels qu'Ernest Solvay, Nicholas Georgescu-Roegen, René Passet[5] … Selon Jean-Claude Michéa, Marx était intéressé par les idées de Podolinsky mais il s'en écarta après s'être rendu-compte qu'elles se rapprochaient de Thomas Malthus auquel il s'opposait. Ce fut donc un grand rendez-vous manqué entre écologie et marxisme [6] .

Paul Burkett et John Bellamy Foster examinant l’intérêt de Marx et d'Engels pour les sciences physiques de leur époque mais aussi analysant leur connaissance des affirmations de Podolinsky, notamment en leur diverses traductions, s'inscrivent en faux contre les interprétations de Juan Martinez-Alier et de J.M. Naredo qui ont été ensuite reprises et développées par beaucoup d'auteurs[7].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Sergueï Podolinsky - Hmolpdia
  2. Yurii Duplenko, Kateryna Gamaliia, Ukrainian Naturalist and Economist Serhii Podolinsky and His Role in the Formation of the Noosphere Concept, Ukrainian Naturalist and Economist Serhii Podolinsky, vol.2, N°.2 (autumn 2014)
  3. a et b Mykhaylo Drahomanov: A Symposium and Selected Writings, The Annals of the Ukrainian Academy of Arts and Sciences in the U.S., Vol. II, Spring, 1952, No. 1 (3). http://www.ditext.com/drahomanov/hromada.html
  4. (en) La décroissance comme projet politique de gauche - Serge Latouche
  5. (en) « Le « travail physique » comme valeur mécanique, quelques réflexions sur la place de la nature dans la théorie économique »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) - François Vatin
  6. (en) Le socialisme des origines - Jean-Claude Michéa, 43e minute
  7. Paul Burkett et John Bellamy Foster, Metabolism, energy, and entropy in Marx’s critique ofpolitical economy: Beyond the Podolinsky myth, Theory and Society (2006) 35: 109–156

Voir aussi[modifier | modifier le code]