Segundo de Chomón

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Segundo de Chomón
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Segundo de Chomón en 1900.

Nom de naissance Segundo Víctor Aurelio Chomón y Ruiz
Naissance
Teruel
Décès
Paris
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession
réalisateur et opérateur

Segundo Víctor Aurelio Chomón y Ruiz (également connu comme Chomont ou Chaumont) est un opérateur et réalisateur espagnol, né le à Teruel et décédé en 1929 à Paris. Il est un des pionniers du cinéma d'animation. Il réalise ses premiers films en Espagne avant que Pathé ne l'attire en France où il travaille sous le nom de Chaumont.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premiers pas[modifier | modifier le code]

Fils d'Isaac Chomón, médecin, et de Luisa Ruiz, peu de choses sont connues de son enfance à Terruel[1]. Il a peut-être fait des études de dessin industriel[1]. Lors d'un voyage à Paris vers 1895, il rencontre Juliette Mathieu, chanteuse d'opérette, qui devient sa compagne et peut-être sa femme[2]. Elle lui fait connaître les premières projections cinématographiques des frères Lumière[3]. En 1897, ils ont un fils, Robert Mathieu[2]. Entre 1897 et 1899, il s'enrôle dans l'armée espagnole et part à Cuba où il participe à la guerre hispano-américaine[3], puis revient à Paris en 1899[4]. En l'absence de Segundo de Chomón, Juliette Mathieu avait commencé à travailler à l'enluminure, c'est--à-dire le coloriage image par image, de films pour les principales sociétés cinématographiques de l'époque, celle de Georges Méliès et de Charles Pathé[3]. Il en apprend la technique, qu'il cherche à perfectionner, et décide d'en faire son métier[3],[5]. Fin 1901, Segundo de Chomón, Juliette Matthieu et leur fils partent s'installer à Barcelone, où ils établissent un petit atelier de coloriage au pochoir de films, équipé d'un banc-titre rudimentaire pour tourner les titres traduits en espagnol des films de Pathé Frères [6], qu'il distribue à Barcelone[3]. L'atelier réalise notamment pour Pathé Frères le coloriage de Ali Baba et les quarante voleurs (1902), Danses cosmopolites à transformations (1902), La Fée Printemps (1902), La Vie et la passion de Jésus-Christ (1902-1903), Guillaume Tell (1903), La Valise de Barnum (1904) et Métamorphoses du papillon (1904)[7]. Parallèlement à ces activités de sous-traitance et de distribution, Segundo de Chomón tourne quelques documentaires pour Pathé Frères, dont Ascension du mont Serrat en Espagne et Descente du mont Serrat, tournés tous deux le même jour, en 1901 (films perdus), en installant la caméra à l'avant du train pour la montée et à l'arrière pour la descente, afin de donner la sensation du mouvement du train[8], et Barcelone - Parc au crépuscule (1904). À partir de 1902, il réalise quelques films pour la société de production espagnole Macaya y Marro, formée en 1902 par Alberto Marro, l'exploitant de la salle de cinéma Edén Concert à Barcelone, et le financier Luis Macaya[9]. Parmi ceux-ci, Choque de trenes (Collision de trains, 1902, film perdu).

Il interprète notamment les rôles principaux de deux courts métrages comme En avant la musique (connu aussi sous La Leçon de solfège) et dans Les Œufs de Pâques de Chomón en 1907[10].

Activité cinématographique[modifier | modifier le code]

Sa créativité le fait reconnaître comme l'un des plus grands spécialistes de la prise de vues image par image de l'époque. Rappelons que ce que l'on appelle en France en 1906, « le mouvement américain », c'est-à-dire la technique de la première animation, technique encore inconnue en Europe, provient des États-Unis (voir James Stuart Blackton) [11].

Il signe en 1905 des contrats avec des entreprises telles qu'Itala Film de Turin, ou Pathé frères, avec qui il fonde à Barcelone une succursale espagnole. Segundo de Chomón contribue au développement de la création d'une véritable industrie nationale cinématographique espagnole. Ses films visent le public populaire, avec des mélodrames, des zarzuelas, des drames historiques et des comédies.

Après quatre années passées en France, cette période étant sa plus prolifique, il retourne à Barcelone en 1910. Là, il s'associe avec Juan Fuster, ouvre un petit studio et produit et réalise plusieurs films espagnols. Il fait aussi partie de l'équipe de quatre opérateurs qui travaillent pour Giovanni Pastrone sur le film Cabiria.

Longtemps, le réalisateur rencontre des difficultés à se faire connaître du grand public bien que son rôle demeure important dans la mise au point des prises de vues image par image. Il est ainsi confronté à des réalisateurs à succès comme Georges Méliès, dont il est le grand rival, mais aussi Émile Cohl. C'est la guerre de 1914-1918 qui met fin à son activité, de même qu'à celle de ses concurrents.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Comme réalisateur[modifier | modifier le code]

Réalisés en Espagne

Réalisés en France

La Maison hantée (1906)

Réalisés en Espagne

Réalisés en France

Le Spectre rouge (1907)

Réalisés en Espagne

Réalisés en France

  • 1912 : Métamorphoses avec France Mathieu

Réalisés en Italie

Comme chef opérateur[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Tharrats 2009, p. 17
  2. a et b Tharrats 2009, p. 18
  3. a, b, c, d et e Minguet Batllori 2009, p. 95
  4. Tharrats 2009, p. 19
  5. Tharrats 2009, p. 20-22
  6. Tharrats 2009, p. 23
  7. Tharrats 2009, p. 39-43
  8. Tharrats 2009, p. 44
  9. (es) Juan carlos de la Madrid et Román Gubern, Primeros tiempos del cinematógrafo en España, Universidad de Oviedo, (ISBN 9788460561088, lire en ligne), p. 20
  10. Le Cinéma Balzac
  11. Georges Sadoul, Histoire du cinéma mondial, des origines à nos jours, Paris, Flammarion, 1968, 719 p., p. 407-408

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) « Chomón y Ruiz, Segundo de », dans Gran Enciclopedia Aragonesa (lire en ligne)
  • (en) Joan M. Minguet Batllori, Segundo de Chomón, Beyond the Cinema of Attractions (1904-1912), Filmoteca de la Generalitat de Catalunya, Barcelone, 1999
  • (es) Joan M. Minguet Batllori, « Segundo de Chomón y el cine de los orígenes: apuntes para una revisión », Secuencias: revista de historia del cine, no 26,‎ , p. 53-65 (lire en ligne)
  • (en) Joan M. Minguet Batllori, « Segundo de Chomón and the fascination for colour », Film History, vol. 21,‎ , p. 94-103 (lire en ligne)
  • (en) Emily McWilliams, « The Red Spectre: Commentary on Modernity Through Surrealism », Kino: The Western Undergraduate Journal of Film Studies, vol. 3, no 1,‎ (lire en ligne)
  • (en) Leigh Mercer, « Fear at the hands of technology: The proto-Surrealism of the films of Segundo de Chomón », Studies in Hispanic Cinemas, vol. 4, no 2,‎ , p. 79-90 (DOI 10.1386/shci.4.2.79_1)
  • (es) Carlos Fernández Cuenca Segundo de Chomón, maestro de la fantasía y de la técnica,(1871-1929), 1972, Editora Nacional, Madrid, 1972, 226 p.
  • (es) Agustin Sanchez Vidal, « Segundo de Chomón : Compas de espera para un turolense universal », Artigrama, no 2,‎ (lire en ligne)
  • (es) Juan Gabriel Tharrats, Inolvidable Chomón, Filmoteca regional de Murcia, 1990, 59 p.
  • (fr) Juan-Gabriel Tharrats, Segundo de Chomón : un pionnier méconnu du cinéma européen, Paris, L'Harmattan, (ISBN 978-2-296-09970-8)
  • (fr) Louise Beaudet, À la recherche de Segundo de Chomón : pionnier du cinéma, Annecy, Les Éditions du lac, 1985
  • (fr) Réjane Hamus, « Segundo de Chomón », 1895, septembre 1999, n° 27 p. 49

Liens externes[modifier | modifier le code]