Rustam Emomali

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Rustam Emomalii
Рустам Эмомалӣ
Illustration.
Fonctions
Président de l'Assemblée nationale du Tadjikistan
En fonction depuis le
(10 mois et 7 jours)
Prédécesseur Mahmadsaid Ubaydulloyev
Membre de l'Assemblée nationale
En fonction depuis le
(10 mois et 28 jours)
Maire de Douchanbé
En fonction depuis le
(4 ans, 1 mois et 12 jours)
Prédécesseur Mahmadsaid Ubaydulloyev
Biographie
Nom de naissance Рустам Эмомалиевич Раҳмонов
Rustam Emomalievich Rahmonov
Date de naissance (33 ans)
Lieu de naissance Danghara (RSS du Tadjikistan, URSS)
Nationalité tadjike
Parti politique Parti démocratique populaire du Tadjikistan
Père Emomalii Rahmon
Mère Azizmo Asadullayeva
Fratrie Ozoda Rahmon (sœur)
Conjoint Fatimajon Rahmon
Diplômé de Université d'État du Tadjikistan

Rustam Emomalii (en tadjik : Рустам Эмомалӣ), né le à Danghara, est un homme politique tadjik. Il est maire de Douchanbé, la capitale du pays, depuis le , mais également président de l'Assemblée nationale depuis le et président de la Fédération du Tadjikistan de football. Fils du président Emomalii Rahmon, il est régulièrement mentionné comme un possible successeur à son père à la tête de l'État.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et carrière footballistique[modifier | modifier le code]

Né à Danghara, Rustam Emomalii fait des études en relations économique internationales à l'université d'État du Tadjikistan. Il passe également un certain en formation avec l'académie du ministère des Affaires étrangères russe[1].

Durant sa jeunesse, Emomalii est connu par la population de la capitale pour faire des excès de vitesse dans ses voitures de sports dans les artères routières en toute impunité et un tempérament explosif[2].

En 2007, Emomalii fonde une équipe de football, l'Istiqlol Douchanbé, qui rencontre rapidement un succès suspicieux[2].La présidence de l'équipe est donné à l'ami d'enfance de Rustam Emomalii: Shohruh Saidzoda[3]. Pour ce club, Rustam Emomalii joue comme attaquant et remporte le championnat national[4]. En plus d'être titulaire régulier, il assume également le poste de capitaine de l'équipe. Avec l'équipe, il remporte son groupe à la Coupe du président de l'AFC 2010. Des rumeurs de trucages de match entour le club, entre autres à cause d'un but accordé contre le Ravshan Kulob en 2011 qui cause la controverse[3]. Cette victoire de 1 à 0 sur leur rivaux mène à des émeutes où les policiers sont intervenus alors que la foule se dirigeait vers Emomalii[5].

Dirigeant sportif[modifier | modifier le code]

En novembre 2010, alors qu'il est toujours un membre et propriétaire de l'Istiqlol Douchanbé, Emomalii devient vice-président de la Fédération du Tadjikistan de football à l'âge de 23 ans[6]. Il doit cependant prendre sa retraite sportive pour assumer ses fonctions[3]. Le , Emomalii devient président de la fédération[1]. Il remplace à ce poste le président de la fédération depuis 10 ans: Suhrob Kasimov. Il avait aurapavant été conseillé sur l'équipe nationale[4]. Son ami et président de l'Istiqlol Shohruh Saidzoda devient rapidement vice-président de la fédération et est perçu comme le succésseur d'Emomalii à sa tête. Dans les années qui suivent, il se fait également élire au Conseil olympique d'Asie et sur un comité de la FIFA[3].

Son implication dans le milieu du football ne s'arrête pas lorsque sa carrière politique se développe. En avril 2019, il est élu sans opposition à la tête de la Fédération de football d'Asie centrale en remplacement de l'ouzbek Umed Ahmadjonov. Il annonce au même moment une dérogations fiscales pour les activités liés au football[7].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Le premier poste politique d'Emomalii lui est fourni en 2009 avec la délégation tadjike auprès de l'Organisation mondiale du commerce. Il devient ensuite un haut gradé dans l'Union de la jeunesse. Dès l'année suivante, il siège au conseil municipal de la capitale et sur le comité central du parti présidentiel[1]. En 2013, il prend la tête des services frontaliers après avoir été nommé Major général[1]. En mars 2015, Emomalii devient dirigeant de l'agence anti-corruption du pays. Il est soupçonné que son rôle à l'agence est de protéger ses alliés tout en poursuivant les opposants au régime[8].

En 2016, la constitution tadjike est modifié pour réduire l'âge d'éligibilité à la présidence de cinq ans. Le nouvel âge étant 30 ans, il est généralement accepté que l’amendement est introduit pour permettre à Emomalii, qui a alors 29 ans, de devenir président au besoin[9]. Cette amendement est adopté concurremment à un autre amendement exemptant son père aux limites de mandats présidentielles imposés par la constitution[10].

Emomalii devient maire de Douchanbé le et remplace à ce poste Mahmadsaid Ubaydulloyev, maire depuis 19 ans[11]. Le , il devient président du conseil de la capitale tout en gardant son poste de maire de la ville. Cette nomination survient suite à une victoire d'Emomalii à une élection partielle pour le conseil de ville[12]. Lors de cette élection partielle, il récolte 86,89% des voix face à Fazliddin Ikromov du parti agraire et Hikmatullo Saidiyon du parti démocrate. Il est de nouveau candidat dans cette circonscription en 2020[13].

Bien qu'il soit un élu local et non national, Emomalii représente son pays dans des rencontres internationales. En décembre 2019, il rencontre le président ouzbek Shavkat Mirziyoyev pour discuter de futures collaborations entre les capitales tadjike et ouzbek[14].

Le , il est élu membre de l'Assemblée nationale. Son élection à la présidence de la chambre haute a lieu lors de la session inaugurale le suivant et fait de lui le second personnage de l'État après son père[15],[16],[17]. Il remplace ainsi le même Ubaydulloyev qu'Emomalii avait déjà remplacé comme maire de Douchanbé en 2017[11],[13]. Il rejoint alors sa sœur Ozoda Rahmon qui siège à l'Assemblée nationale depuis et considérée comme une rivale de Rustam Emomalii à la succession de son père[18].

Cette rapide ascension alimente les soupçons de succession dynastique à la tête de l'État en vue de la présidentielle d'octobre 2020[19],[9].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Rustam Emomalii est le fils du président Emomalii Rahmon et de la première dame Azizmo Asadulloyeva. Il a un frère nommé Somon et sept sœurs nommées Firuza, Ozoda, Ruhshona, Tahmina, Parvina, Zarrina et Farzona. Tous ses frères et sœurs sont marriés à des personnalités politiques, bureaucratiques ou économiques puissantes de la région de Kulob et Danghara. Sa sœur Ozoda est la chef de cabinet du président[20].

Référence[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Abdullaev 2018, p. 142.
  2. a et b Cooley et Heathershaw 2017, p. 98.
  3. a b c et d Goldblatt 2020.
  4. a et b (en) « Soccer-President's son elected Tajikistan soccer chief », sur Reuters, (consulté le 14 avril 2020).
  5. (en) « Tajik Soccer Fans Riot After 'Favoritism' For President's Son's Team », sur Radio Free Europe, (consulté le 14 avril 2020).
  6. (en) « Tajik President's Son Given Position In Soccer Federation », sur Radio Free Europe, (consulté le 14 avril 2020).
  7. (en) « Rustam Emomali elected to helm CAFA », sur Confédération asiatique de football, (consulté le 13 avril 2020).
  8. Cooley et Heathershaw 2017, p. 110.
  9. a et b Victor Nicolas, « Tadjikistan : le fils du président, déjà maire de Douchanbé, devient sénateur », sur Novastan, (consulté le 13 avril 2020).
  10. (en) Andujalil Abdurasulov, « How Tajikistan's President Emomali Rakhmon consolidated his power », sur BBC, (consulté le 14 avril 2020).
  11. a et b Hierman 2017, p. 292.
  12. (en) « Tajikistan: Rustam Emomali elected chairman of Dushanbe city Council », sur Fergana News, (consulté le 14 avril 2020).
  13. a et b (en) « Rustam Emomali nominated for Dushanbe legislature », sur Asia-Plus, (consulté le 14 avril 2020).
  14. (en) « Shavkat Mirziyoyev receives the mayor of Dushanbe Rustam Emomali », sur Kun.uz, (consulté le 14 avril 2020).
  15. (en) « Son of President of Tajikistan becomes Senator », sur akipress.com (consulté le 27 mars 2020).
  16. « Tadjikistan : le fils du président, déjà maire de Douchanbé, devient sénateur », sur Novastan, (consulté le 7 avril 2020).
  17. (en) « President Emomali Rahmon Attends First Session of Sixth Convocation of National Assembly – Ministry of Health and Social Protection of Population of the Republic of Tajikistan », sur moh.tj (consulté le 20 avril 2020).
  18. Abdullaev 2018, p. 364.
  19. (en) « Tajik President’s Son Officially Second-in-Line to Presidency », sur thediplomat.com (consulté le 20 avril 2020).
  20. Abdullaev 2018, p. 141-142.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Kamoludin Abdullaev, Historical Dictionary of Tajikistan, Rowman & Littlefield Publishers, , 648 p..
  • (en) Alexander Cooley et John Heathershaw, Dictators Without Borders: Power and Money in Central Asia, New Haven et Londres, Yale University Press, (ISBN 978-0-300-24319-2).
  • (en) David Goldblatt, The Age of Football: Soccer and the 21st Century, W.W. Norton & Company, , 560 p..
  • (en) Brent Hierman, Russia and Eurasia 2017-2018, Rowman & Littlefield Publishers, , 345 p..

Voir aussi[modifier | modifier le code]