Rupi Kaur

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Rupi Kaur
Rupi Kaur by Baljit Singh.jpg
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (30 ans)
PendjabVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Université de Waterloo
Turner Fenton Secondary School (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
Religion
Genre artistique
Site web
Distinction
100 Women ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
Lait et miel (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Rupi Kaur est une poète, écrivaine et féministe canadienne, née en Inde. Elle se fait connaître en tant que « Instapoet »[1],[2] grâce à ses poèmes publiés en ligne, utilisant Instagram comme plateforme principale. Elle a à ce jour publié trois recueils de poèmes. Les sujets qu'elle aborde sont que les violences faites aux femmes, la maltraitance, l’amour, la perte, le deuil et la féminité.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et jeunesse[modifier | modifier le code]

Rupi Kaur naît au Pendjab (Inde) en 1992 ; ses parents émigrent à Toronto lorsqu'elle a 4 ans, dans le but d'échapper aux persécutions envers la minorité sikh. Dans son enfance, sa mère l’encourage à dessiner et à peindre. Pour apprendre la langue de son pays d’accueil, elle se met à lire. Plus tard, elle étudie la rhétorique et l’écriture professionnelle à l’université de Waterloo d’Ontario.

Elle habite à Brampton (Ontario) avec ses parents et ses quatre frères et sœurs. Rupi Kaur et sa famille ont souvent déménagé — sept fois — avant de s’installer durablement à Brampton.

Travaux d'écriture[modifier | modifier le code]

Rupi Kaur commence sa carrière de poète en ligne à travers des réseaux sociaux tels[3] que Instagram et Tumblr[4]. Au lycée, elle écrit anonymement et prend le nom de scène Kaur parce que « Kaur est le nom de chaque femme - amenée à éradiquer le système de caste en Inde[5]. » Parmi ses travaux les plus remarqués se trouve son photo-essai sur les menstruations[6] en mars 2015, ayant pris racine dans le cadre d'un projet universitaire. Le but de ce dernier : une œuvre de poésie visuelle défiant le tabou sociétal des règles et déconstruire l'objectivation des femmes.

Ses travaux développent également d'autres thèmes, tels que la maltraitance, la féminité, l’amour et la perte. Kaur a commencé à écrire un essai pour exprimer un trauma personnel, ayant tout juste quitté une relation amoureuse abusive. Elle en témoigne sur les réseaux sociaux en partageant un message à travers un post Instagram : « C'est à ça que ressemblait une relation abusive. Il me donnait des coups de pied si forts que mes jambes craquaient et que je tombais par terre. Puis il me demandait de me relever, pour ensuite me frapper à nouveau, et encore, et encore, jusqu'à ce que je sois si fatiguée de m'effondrer que je décidais que c'était plus facile de céder[7]. »

En novembre 2014, elle publie son premier livre, lait et miel, qui est une anthologie de ses poèmes. Elle déclare que l’émancipation féminine est son sujet d’écriture favori car « c’est comme devenir ma propre meilleure amie et me donner les conseils dont j’ai besoin. » Elle signe un contrat pour deux livres de plus avec Andrews McMeel Publishing et Schuster Canada. Le premier de ces livres, le soleil et ses fleurs, paraît en 2017. En 2020 sort Home body, un recueil évoquant le corps et la féminité, et prônant l'acceptation de soi.

Sources d'inspiration[modifier | modifier le code]

Rupi Kaur dit tirer son inspiration des histoires et des expériences d’autres personnes. Elle est inspirée par des autrices telles que Anaïs Nin, Virginia Woolf et Warsan Shire et a commencé à écrire sérieusement de la poésie en 2013. Elle s’inspire également des textes sacrés sikh, aussi bien dans sa vie que dans son écriture.

Sa passion pour l’écriture commence dans sa jeunesse. Adolescente, elle s'inscrit à un concours de rédaction et d'éloquence dont elle sort gagnante. À cette époque, elle avait pour habitude d’écrire des lettres à ses amis, à ses béguins, ce qui l'amena à se lancer dans le journalisme. Tout au long du lycée, elle publie ses écrits de façon anonyme, et en 2013, elle commence à partager son travail en utilisant son vrai nom sur Tumblr. En 2014, elle publie sur Instagram et y intègre notamment des illustrations simples.

Toute son œuvre est écrite en caractères minuscules, et la seule ponctuation utilisée est le point. Elle déclare avoir décidé d’écrire de cette manière afin de rendre hommage à sa culture d'origine puisque, dans les textes écrits en gurmukhi, il n’y a pas de majuscules. Elle dit aussi apprécier l’uniformité des lettres et que ce style reflète bien sa vision du monde.

lait et miel[modifier | modifier le code]

Le premier livre de Rupi Kaur est une anthologie intitulée lait et miel. Le livre est un recueil de poèmes, de prose et d’illustrations. Il est composé de quatre chapitres abordant un thème différent et intitulés « Souffrir », « Aimer », « Rompre » et « Guérir ».

En ce qui concerne le titre, Kaur n’utilise pas de majuscules dans la logique de la présentation de ses écrits. lait et miel a été sur la liste des best-sellers de littérature canadienne[8] et a également obtenu la seconde place des best-sellers en poésie.

En 2016, elle avait vendu plus de 500 000 exemplaires[9].

Controverses[modifier | modifier le code]

En 2015, Rupi Kaur poste sur son compte Instagram[10] une photo d’elle dos à la caméra, tout habillée et allongée dans son lit, avec une tache de sang sur son jogging et sur le drap. La photo fait partie d’un projet-photo pour son cours de rhétorique visuelle à l’université de Waterloo. La photo est tirée d’une série sur les menstruations pensée pour déstigmatiser les tabous sur le sujet. Sur sa page Instagram, Rupi Kaur affirme :

« Une majorité de personnes, sociétés et communautés rejettent ce processus naturel. Certains sont plus à l’aise avec la pornographisation de la femme, la sexualisation de la femme, les violences et dégradations de la femme qu’avec les règles. Ils ne prennent pas le temps d’exprimer leur dégoût par rapport à tout ça, mais monteront au créneau et seront dérangés par cela. »

Instagram supprime toutes les photos de la série par deux fois parce qu’elles « ne respectaient pas les règles de la communauté ». Kaur se sert de son compte Facebook pour critiquer la suppression du post : « Merci à Instagram de me donner la réponse précise que mon travail critiquait. Vous avez supprimé ma photo deux fois, déclarant qu’elle allait à l’encontre des règles de la communauté. Je ne m’excuserai pas de ne pas nourrir l’ego et la fierté d’une société misogyne qui voudrait mon corps en sous-vêtements mais qui n’est pas à l’aise avec l’idée d’une petite fuite alors que vos pages sont remplies d’innombrables photos/comptes de femmes (dont beaucoup sont mineures) objectifiées, pornographisées et traitées comme moins que des humains. »

Sur Facebook, la photo est devenue virale et a fait les gros titres à travers le monde. Plus tard, le président d'Instagram a restauré la photo et présenté des excuses à Rupi Kaur, disant l’avoir retirée par erreur. L'autrice a notamment publié un article via le Huffington Post[11].

Publications[modifier | modifier le code]

  • 2014 : milk and honey
    • lait et miel, traduit en français par Sabine Rolland. Éditions Charleston
  • 2017 : the sun and her flowers
    • le soleil et ses fleurs, traduit en français par Sabine Rolland. Éditions NiL
  • 2020 : Home body
    • Corps refuge, traduit en français par Lori Saint-Martin et Paul Gagné. Éditions Guy Saint-Jean (Canada)
    • Home body, traduit en français par Sabine Rolland. Éditions NiL (France)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Un éditeur de BD trouve une seconde jeunesse grâce aux «“Instapoètes”  », sur lesechos.fr, .
  2. « "Instapoet" : Rupi Kaur, Orion Carloto… 4 poétesses à suivre sur Instagram », sur rtl.fr, .
  3. « Rupi Kaur, nouvelle figure canadienne du féminisme pop ? », sur ledevoir.com, .
  4. Camille Deutschmann, « Mélancolie pixélisée : sur Internet, la poésie s'est réinventée », sur konbini.com, .
  5. « “Everybody should write”: in conversation with Rupi Kaur – Young Poets Network », sur ypn.poetrysociety.org.uk (consulté le ).
  6. Voir sur rupikaur.com.
  7. « rupi kaur sur Instagram: "this is what being in an abusive relationship felt like. he’d kick me so hard my legs would crack and i’d fall to the ground. then he’d demand i stand up. only to kick me down again. and again. and again. till i got so tired of collapsing i decided it was easier to give in. do what he was asking. become malleable. mouldable. his idea of “the perfect fit”. #thesunandherflowers" », sur Instagram (consulté le ).
  8. L’œuvre s’est retrouvée dans la liste des best-sellers pendant 25 semaines consécutives.
  9. « Rupi Kaur, la poétesse aux 500 000 recueils vendus », sur actualitte.com, .
  10. « La gêne face aux règles, naturelle ou sexiste ? », sur liberation.fr, .
  11. « Si la photo de mes règles vous a mis mal à l'aise, demandez-vous pourquoi », sur huffingtonpost.fr, .

Liens externes[modifier | modifier le code]