Royaume d'Hawaï

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Royaume d'Hawaï
(haw) Aupuni Mōʻī o Hawaiʻi
(en) Kingdom of Hawaiʻi

1795–1893

Drapeau
Drapeau d'Hawaï
Blason
Devise Ua mau ke ea o ka ʻāina i ka pono
(La vie du pays se perpétue dans la vertu)
Hymne
  • God Save the King (1810-1860)
  • E Ola Ke Aliʻi Ke Akua (1860–1866)
  • He Mele Lāhui Hawaiʻi (1866–1876)
  • Hawaiʻi Ponoʻī (1876–1893)
Description de cette image, également commentée ci-après
Localisation du royaume d'Hawaï
Informations générales
Statut Monarchie absolue (avant 1840)
Monarchie constitutionnelle (après 1840)
Capitale
Langue(s) hawaïen, anglais
Religion Religion hawaïenne, Église d'Hawaï
Monnaie Dollar hawaïen
Superficie
Superficie 29 311 km²
Histoire et événements
1795 Création
1810 Unification
17 janvier 1893 Renversement de la monarchie par les américains
Roi
1810-1819 Kamehameha Ier
1819-1824 Kamehameha II
1824-1854 Kamehameha III
1855-1863 Kamehameha IV
1863-1872 Kamehameha V
1873-1874 Lunalilo
1874-1891 Kalakaua
1891-1893 Liliuokalani

Entités précédentes :

  • Plusieurs royaumes

Entités suivantes :

Le royaume d'Hawaï ou royaume hawaïen était un royaume établi sur l'archipel d'Hawaï au XIXe siècle. Fondé en 1795 par Kamehameha Ier, d'abord limité à l'île indépendante d'Hawaï, le royaume conquit les îles d'Oʻahu[1], de Maui, de Molokaʻi et de Lānaʻi et les unifia sous un seul gouvernement. L'unification de l'archipel hawaïen s'accomplit en 1810 lorsque les peuples de Kauaʻi et de Niʻihau virent d'eux-même se soumettre à la nouvelle puissance locale. À travers l'histoire du royaume, deux dynasties majeures se partagèrent le pouvoir, la maison de Kamehameha et la maison de Kalākaua.

Rapidement, le royaume fut reconnu à l'international comme le montrent les différents accords commerciaux que le royaume passa avec les États-Unis qui prirent peu à peu le rôle de protecteur des îles face aux potentiels agresseurs étrangers que représentaient alors à l'époque, le Japon ou la Grande-Bretagne notamment.

À la suite d'une révolte des milices d'Honolulu alors aux mains d'officiers remettant en cause la monarchie sous le règne du roi Kalākaua, le pouvoir dut se doter d'une constitution. Celui-ci tenta de l'abroger en 1891, mais fut renversé en 1893. Dès lors, le pouvoir passa à un groupe réduit de ressortissant américains et de sujets hawaïen ayant fait leur étude aux États-Unis s'en sentant proche. Ceux-ci transformèrent le royaume en une république jusque, par la résolution Newlands, Hawaï fut intégré aux États-Unis le 4 juillet 1898.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Historiquement, la société était divisée en plusieurs classes fondée sur la base de la naissance qui attribuaient aux individus différents rôles dans l'organisation de la vie publique. Au sommet se trouvait les ali'i. Sois disant les descendants d'une supposée lignée directe remontant jusqu'au premier polynésien, le légendaire Papa.

Cette société hiérarchique n'entrainait aucune relation avec les autres puissances internationale et ne fut découverte par l'Europe qu'à la fin du XVIIIe par l'explorateur James Cook, lors de son troisième voyage (1776-1780) dans le Pacifique. C'est d'ailleurs à la suite d'une altercation avec les habitants de Hawaï que celui-ci trouva la mort, tragiquement, en 1779.

La mort de James Cook à Hawaï ne précède que de trois ans l'arrivée au pouvoir de Kamehameha Ier, le Grand. C'est ainsi en 1795, après 15 ans de guerre que le royaume d'Hawaï fut fondé avec l'aide et les conseils de plusieurs occidentaux tels que John Young ou encore Isaac Davis. Néanmoins, comme dit précédemment, il faudra attendre 1810 pour que l'unification de l'archipel soit accomplie. En effet, alors que les guerriers de Kamehameha avaient réussi à soumettre les îles d'Oʻahu, de Maui, de Molokaʻi et de Lānaʻi, l'île de Kauaʻi dut son indépendance à une forte tempête qui décima les armées royales. L'unification accomplie, la société hawaïenne se réforma pour devenir une monarchie constitutionnelle pensée dans les codes des puissances traditionnelles européennes et pu ouvrir ses portes aux marchands étrangers et se tourner vers le progrès apporté par les navires occidentaux.

La dynastie Kamehameha (1795–1874)[modifier | modifier le code]

De 1810 à 1893, le pouvoir du royaume fut partagé entre la maison de Kamehameha (jusqu'en 1874) et la maison de Kalākaua (jusqu'en 1893). À la mort de Kamehameha Ier, cinq des membres de sa famille prirent le pouvoir, chacun sous le nom de leur prestigieux ancêtre jusqu'en 1873 date à laquelle Lunalilo, membre de la dynastie par sa mère, tint la couronne.

Pendant les règnes de Kamehameha II puis de Kamehameha III, la principale épouse de Kamehameha Ier, la reine Kaʻahumanu tint conjointement le pouvoir en tant que reine régente et Kihina Nui, première ministre d'avant l'heure.

Transformation économique et socio-culturelle[modifier | modifier le code]

L'unification en une seule entité politique centralisée de l'archipel au XIXe siècle permit l'ouverture des populations au commerce international. Sous Kamehameha Ier, on note une importante exportation des ressources forestières, en particulier du bois de santal vers la Chine ce qui conduit à la découverte de l'argent par la société hawaïenne.

À la mort du roi fondateur, la succession fut organisée par Kaʻahumanu, futur Kamehameha II alors mineur. Celle-ci tint la régence durant toute la minorité du jeune roi.

La régence fut marquée par la promulgation de nombreuses lois sur les mœurs sociaux régissant en particulier les relations entre les deux sexes et le statut de la femme dans la société hawaïenne. Ainsi, la consommation de bananes fut proscrite pour les femmes et l'interdiction pour les hommes de manger à la même table que les femmes fut proclamée. Également, à l'arrivée des missionnaires chrétiens, elle favorisa l'abandon de l'ancienne religion au profit du christianisme ainsi que le développement d'une langue hawaïenne écrite. Ces efforts conduisirent le pays à connaître l'un des plus forts taux d'alphabétisation dans le monde (au-dessus de 90% dans la seconde moitié du XIXe) mais également à renforcer et à consolider le gouvernement en donnant un support écrit aux pouvoirs et devoirs du roi par exemple.

En 1848, le roi Kamehameha III promulgua le grand Māhele, édit royal qui réorganisa complètement le droit de propriété des terres dans le royaume. Celui-ci accorda aux ali'i 98% des terres et seuls 2% aux roturiers. La vente était interdite et seul le transfert au descendant était autorisé.

L'ouverture des îles au monde extérieur représenta pour les indigènes un véritable cataclysme. Le contact avec les Européens provoqua une série de pandémies qui éradiquèrent une importante partie de la population. Ainsi, alors qu'en 1778, ceux-ci représentaient 128.000 individus, en 1920, ils n'étaient plus que 24.000 dont la plus part étaient séparé de la civilisation, vivant dans des villages reculés.

Les missionnaires américains tout juste arrivés commencèrent l'évangélisation de l'île et la conversion, forcée, des locaux. Ceux-là, ainsi que leurs descendants devirent une élite puissance et fournirent de nombreux conseillers en chefs et des membres des cabinets au roi tout en dominant la classe professionnelle et marchande dans les villes.

L'arrivée de ces nouvelles élites fut également marquée par l'importation des habitudes culinaires de celles-ci. Ainsi, après 1850, on note les premières traces de plantation de canne à sucre venues du continent. Le refus des locaux à travailler dans ces champs ou les conditions étaient rudes forcèrent les dirigeants à favoriser l'immigration de travailleurs étrangers venus d'Asie et d'Europe. En conséquence, entre 1850 et 1900 quelque 200.000 travailleurs contractuels virent travailler, en vertu de contrats à durée déterminée (généralement pendant cinq ans) de la Chine, le Japon, les Philippines, le Portugal dans l'archipel. Si la plupart rentrèrent dans leurs pays natals, un grand nombre décida de s'installer sur place. En 1908, 180.000 travailleurs japonais arrivèrent sur les îles et 54.000 restèrent sur place.

Domaine militaire[modifier | modifier le code]

C'est en 1810, après l'unification de l'archipel, que le royaume se dota d'une véritable armée et marine formée sur les bases des anciens combattants indépendants traditionnels hawaïens. L'armée et la marine furent équipées de canots et d'uniformes comptant de nouveaux équipements comme des casques, des canons, des mousquets ou encore des navires européens. Lorsque Kamehameha Ier mourut en 1819, il laissa à son fils Kamehameha II un vaste arsenal avec des dizaines de milliers de soldats ainsi que de nombreux navires de guerre. Ce qui permit au jeune roi de contenir les révoltes de 1819 puis de 1824 assez aisément

Habit traditionnel d'un guerrier hawaïen.

La forte diminution de la population hawaïenne causée par les nombreuses épidémies força l'armée à se rétrécir et, à la fin de la dynastie, l'armée royale avait perdue sa marine et était limitée à de simples corps de plusieurs centaines de soldats. À la suite de l'invasion française de 1849, Kamehameha III chercha la mise en place de traité de défense avec les États-Unis et la Grande-Bretagne. À la suite de ce rapprochement, lors du règne de Kamehameha IV, les États-Unis menacèrent, faute de quoi le royaume refuserait de donner leur accorder l'exclusivité commerciale, annexeraient les îles. Pour contrebalancer cette situation, Kamehameha IV et Kamehameha V poussèrent à la création d'alliances avec d'autres puissances étrangères, en particulier avec la Grande-Bretagne.

Après une révolte de caserne en septembre 1873 sous Lunalilo, l'armée royale fut dissoute. Toutefois, une petite armée fut restaurée sous le roi Kalākaua, mais ne réussit pas à arrêter la rébellion de 1887. En 1891, la reine Liliʻuokalani accéda au pouvoir. Les élections de 1892 furent suivies de pétitions et de demandes de son administration pour modifier la constitution de 1887. Les États-Unis maintinrent au moins un croiseur dans Hawaï en tout temps pour limiter les risques de guerre civile. Néanmoins, le 17 janvier 1893, Liliʻuokalani, croyant que l'armée américaine interviendrait si elle changeait la constitution, attendit l'USS Boston pour quitter le port. Une fois que l'on su que Liliʻuokalani révisait la constitution, le Boston a fut rappelé et aida le Parti Missionnaire dans son renversement. À la suite de la chute de la royauté et de la mise en place du gouvernement provisoire d'Hawaï, l'armée du Royaume fut désarmée et dissoute. Cent ans plus tard, en 1993, le Congrès américain publia, tardivement, des excuses officielles.

L'incident français de 1839[modifier | modifier le code]

Après la mort de Kamehameha Ier, sa femme, la reine Ka’ahumanu, convertie au protestantisme, débuta une forte politique de répression des communautés catholiques. En 1831, la déportation des prêtres missionnaire catholiques français fut organisée ainsi que la conversion forcée des populations indigènes au protestantisme. De cette période, on retrouve de nombreux témoignages signalant des violences et parfois même la pratique de la torture sur les plus résignés des catholiques. Cette politique agressive face au culte latin continua sous le règne du fils aîné de Kamehameha le Grand : Kamehameha II.

En réponse, la France en 1839 envoya sous les ordres du Capitaine de frégate Laplace à bord de l’Artémise, une force armée ayant pour but de réaffirmer les intérêts français et porter secours aux populations indigènes et prêtres catholiques opprimés. Menaçant d’attaquer, Laplace obtint de Kamehameha III la ratification d’un édit de tolérance le 17 juillet 1839 garantissant la liberté de culte aux catholiques et accordant 20.000 $ de compensation aux prêtres déportés et malmenés.

L'affaire Paulet de 1843[modifier | modifier le code]

Le 13 février 1843, un événement qui put marquer la fin du Royaume d’Hawaï survint. Sous les ordres de Lord George Paulet, le HMS Carysfort vint réclamer, canons et armes chargés, la cession de l’ensemble des îles à la couronne britannique sans quoi un assaut serait lancé.

Voyant la fin proche (l’armée d’Hawaï ne pouvait absolument pas, alors en l’état, résister à la Navy anglaise), Gerrit P. Judd, le ministre de l’Économie du royaume, envoya, secrètement, une lettre à la France, aux États-Unis ainsi qu’à la Grande-Bretagne, dans laquelle il protestait contre cette annexion injuste. Le 26 juillet, l’amiral Richard Darton Thomas débarqua sur l’île, présenta ses excuses au nom de la couronne britannique et ordonna la libération du Royaume. La souveraineté était alors de nouveau emportée.

L'invasion française de 1849[modifier | modifier le code]

En août 1849, l’amiral français Louis Tromelin, débarqua dans le port d’Honolulu accompagné des frégates La Poursuivante et Gassendi dans le but d’obtenir, pour les catholiques, les mêmes droits que les protestants. En effet, bien que depuis 1839, la liberté de culte avait été rendue à l’église latine, les catholiques n’étaient pas pour autant complètement égaux en droit avec les réformés. Comme le 25 du mois ses exigences n’avaient pas été satisfaites, l’assaut fut lancé et l’armée française prit le fort d’Honolulu causant des destructions à la hauteur de 100.000 $. La force d’occupation quitta Hawaï le 5 septembre, sans pour autant que les droits des indigènes aient évolué.

Diplomatie étrangère[modifier | modifier le code]

Connaissant les risques de conquête de son territoire, Kamehameha III envoya une délégation en 1842 aux États-Unis et en Europe pour obtenir de ceux-ci la reconnaissance de son indépendance. Le 19 décembre 1942, le président John Tyler répondit favorablement, le 17 mars 1843, ce fut au tour de Louis-philippe, roi de France d’accorder sa reconnaissance au petit état du pacifique sous la demande du roi de Belgique Léopold Ier. Le 1er avril 1843, lord Aberdeen, au nom de la reine Victoria, assura à la délégation hawaïenne que : « Le gouvernement de Sa Majesté était disposé et avait décidé de reconnaître l’indépendance des îles Sandwich sous leur souverain actuel. »

Proclamation franco-anglaise[modifier | modifier le code]

C’est alors le 28 novembre 1843 que, conjointement, à la cours de Londres, les gouvernement britanniques et français reconnurent officiellement l’indépendance du royaume d’Hawaï. Hawaï devint alors le premier état indigène, en dehors du vieux continent, à être reconnu par les grandes puissances. Toutefois, bien que le président américain eût répondu positivement à la demande de Kamehameha III la même année, ce n’est qu’en 1849 qu’ils le reconnurent officiellement.

Par la suite, Hawaï développa un important réseau diplomatiques, d’accords commerciaux et mit en place plus de 90 consulats.

La question des princes hawaïens[modifier | modifier le code]

En 1939, Kamehameha III créa l’école royale et sélectionna les 16 plus puissants vassaux, les ali’i, du royaume qui pouvaient être éligible au trône pour y éduquer leurs enfants et leur y donner la bonne éducation nécessaire au roi. Cette liste comprenait les noms de Moses Kekūāiwa, Alexander Liholiho, Lot Kamehameha, Victoria Kamāmalu, Emma Rooke, William Lunalilo, David Kalākaua, Lydia Kamakaʻeha, Bernice Pauahi, Elizabeth Kekaʻaniau, Jane Loeau, Abigail Maheha, Peter Young Kaeo, James Kaliokalani, John Pitt Kīnaʻu et enfin de Mary Paʻaʻāina, ajouté en 1844 par le roi.

La crise de succession et les élections royales[modifier | modifier le code]

La lignée dynastique des Kamehameha prit fin en 1872 avec la mort de Kamehameha V qui ne laissa pas de descendance. Juste avant sa mort, celui-ci nomma la Cheffe Bernice Pauhi Bishop comme sa successeur, mais, devant le refus de celle-ci de prendre la couronne, Kamehameha expira sans héritier.

Cette situation força la noblesse hawaïenne à élire un nouveau roi. Entre 1872 et 1873 plusieurs nobles apparentés des kamehameha furent avancés et, en 1873, Lunalilo devint le premier roi d’Hawaï élu. Néanmoins, son règne ne fut que de très courte durée puisque il prit fin en 1874 à cause de sa mort, causée par une infection de la tuberculose du roi, alors âgé de 39 ans.

Prise de pouvoir des Kalākaua[modifier | modifier le code]

À l’instar de son prédécesseur, le roi Lunalilo ne donna aucun héritier direct pouvant reprendre le pouvoir à sa mort. De nouveau, les grands du pays se réunirent pour élire un roi qui saurait les guider. À la fin d’une longue campagne politique opposant la reine Emma, veuve du roi Kamehameha IV à David Kalakaua au cours de laquelle les deux rivaux multiplièrent les outrages à l’un comme à l’autre, c’est ce dernier qui remporta la voix du peuple. En 1874, Kalakaua monta officiellement sur le trône du royaume d’Hawaï et par la même occasion fonda la dynastie des Kalakaua qui tiendront le pouvoir jusqu’à la chute de la monarchie hawaïenne. Toutefois, bien qu’un roi fut trouvé, les plus impliqués partisans de la reine Emma, appelés les Emmaites, prirent les armes contre le nouveau roi. Cette révolte ne se calma qu’à l’arrivée des troupes britanniques et américaines appelées en renfort.

Pour éviter une nouvelle crise de succession, l’une des premières décisions du roi fut d’établir sa sœur, Liliʻuokalani, héritière choisie de la couronne.

La constitution de 1887[modifier | modifier le code]

En 1887, les grands du royaume décidèrent qu’il était temps pour leur pays de se donner une nouvelle constitution. Celle-ci fut mise en place et officialisée après un entretien qui réunit les 3000 plus importants nobles du royaume. Hawaï, par cette décision, devenait une monarchie semblable à celle du Royaume-Uni à cette époque, dépouillant le roi de la plupart de son autorité et mettant en avant le pouvoir législatif. Également, elle réduisait le droit de vote à une partie moins importante de la population. Toujours basé sur un taux de richesse à posséder, le suffrage fut également interdit aux Asiatiques qui, à cause des successives vagues d’immigration représentaient une part plus importante de la population. Seuls restaient alors les riches familles hawaïennes et européennes dans la politique des îles.

Réforme constitutionnelle de 1891[modifier | modifier le code]

À la mort de Kalakaua en 1891, sa sœur Liliʻuokalani monta sur le trône en pleine crise économique provoquée par la mise en place de taxes d’importation et d’exportations imposées par le gouvernement des États-Unis, annulant de fait les accords de 1875. En solution, la reine proposa d’établir dans l’île un commerce d’opium organisé et encadré. Pour ce faire, comme elle n’avait le soutien de ses proches conseillers, elle décida de s’alléger de la constitution nouvellement mise en place qui limitait son champ d’action.

Fin de la monarchie[modifier | modifier le code]

En 1893, une révolte menée par un petit groupe de riches hommes d’affaire hawaïens renversa le pouvoir royal et prit le contrôle des institutions. John L. Stevens, ministre américain chargé des relations avec Hawaï, ordonna le déploiement de l’armée américaine sur l’archipel avec comme ordre d’arrêter tous combat, de quelque nature soient-ils pour la défense et la protection des vies et des biens américains. De fait, par sa décision, il empêcha toute riposte de la monarchie et la condamna à disparaître.

Le 17 juillet, Stanford B. Dole se déclara chef du gouvernement provisoire d’Hawaï en lieu et place de la reine. Tout de suite après, il commença à faire pression sur les États-Unis pour que ceux-ci annexent l’archipel ce qui aurait grandement profité à ses affaires. Toutefois, de leur côté, les anciens ministres toujours loyaux à la reine firent de même et multiplièrent les demandes pour le rétablissement de l’ancien régime, illégalement spolié. Un incident diplomatique avec le gouvernement provisoire survenu à la fin de l’année 1893 poussa les États-Unis à donner leur soutien à la reine. Néanmoins, rien ne fut fait concrètement pour la remettre en place.

La rébellion de 1895[modifier | modifier le code]

La reine Lili’uokalani fut forcée, le 24 janvier 1895, alors qu’elle était détenue assignée à résidence depuis le putsch, à signer son abdication en échange de laquelle elle aurait la liberté et ses proches soutiens auraient la vie sauve.

La République d’Hawaï venait alors d’être proclamée.

Liste des monarques successifs du Royaume d'Hawaï[modifier | modifier le code]

Devise[modifier | modifier le code]

Ua mau ke ea o ka ʻāina i ka pono (« La vie du pays est perpétuée par la vertu »).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Joshua Y. Goshi, Kamehameha: The Conquest Of Oahu, Hawaii, , 113 p. (ISBN 978-1091938151)

Liens externes[modifier | modifier le code]