Kamehameha Ier

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Kamehameha Ier
Le roi Kamehameha le grand vers la fin de sa vie.
Le roi Kamehameha le grand vers la fin de sa vie.
Titre
Roi d'Hawaï

(9 ans 4 mois et 7 jours)
Couronnement
Prédécesseur Aucun
Successeur Kamehameha II
Roi de l'Île d'Hawaï

(18 ans)
Prédécesseur Kīwalaʻō
Successeur Lui-même
Biographie
Dynastie Maison de Kamehameha
Nom de naissance Kalani Paiʻea Wohi o Kaleikini Kealiʻikui Kamehameha o ʻIolani i Kaiwikapu kaui Ka Liholiho Kūnuiākea
Date de naissance
Lieu de naissance Kohala, Hawaï
Date de décès (à 61 ans)
Lieu de décès Kailua-Kona, Hawaï
Père Keōua Kalanikupuapaʻikalaninui
Mère Kekuʻiapoiwa II
Conjoint Kaʻahumanu
Enfant(s) Kamehameha II Red crown.png
Kamehameha III Red crown.png
Elisabeta Kinau Red crown.png

Kamehameha Ier
Monarques d'Hawaï

Kamehameha Ier [kəmehəˈmɛhə ], Kamehameha le Grand, né vers 1758, mort le 8 ou le 14 mai 1819[1], est le premier roi d'Hawaï. Il est l'artisan de l'unité des îles, et fonde le royaume d'Hawaï en 1810. Par le développement d'alliances avec les principales puissances coloniales du Pacifique, il a su préserver l'indépendance de son royaume durant son règne. Son nom complet est Kalani Paiʻea Wohi o Kaleikini Kealiʻikui Kamehameha o ʻIolani i Kaiwikapu kauʻi Ka Liholiho Kūnuiākea.

Biographie[modifier | modifier le code]

Monogramme du roi Kamehameha.

Naissance et jeunesse (1758-1782)[modifier | modifier le code]

Un chant traditionnel concernant Ke-Aka, l'épouse d'un roi de l'île d'Hawaï indique que Kamehameha Ier est né en ikuwā, soit en hiver ou autour du mois de novembre. Un autre chant place cette naissance en Makaliʻi[2]. Les historiens d'Hawaï considèrent le plus généralement 1758 comme son année de naissance la plus probable. Cette supposition est étayée par la légende de l'apparition d'une étoile brillante l'année de sa naissance. Cette étoile brillante correspondrait à la comète de Haley, qui était visible cette année-là[3].

Kamehameha est le fils du chef Keōua et, par lui, le neveu du roi Kalaniʻōpuʻu, qui avait reçu James Cook lors de l'incident qui a coûté la vie à ce dernier. Toutefois, Keōua peut ne pas avoir été le père biologique de Kamehameha, n'ayant fait que l'adopter et le reconnaître. Selon cette hypothèse, Kahekili II serait le père biologique le plus probable de Kamehameha[4].

Elevé à la cour de son oncle Kalaniʻōpuʻu, Kamehameha Ier accède en 1782 au pouvoir à la mort de ce dernier. Alors que son cousin, Kīwalaʻō, hérite du trône de son père, Kamehameha est élevé à une position religieuse de premier plan. Il devient le gardien du dieu hawaïen de la guerre, Kuka'ilimoku. Il reçoit également le district de la vallée de Waipiʻo.

De cette position initiale, il réalise la conquête de l'ensemble de l'archipel qu'il réunit sous sa domination.

A la conquête du trône (1782-1810)[modifier | modifier le code]

Les premiers conflits[modifier | modifier le code]

Les deux cousins ne s'apprécient guère. Lorsqu'un groupe de chefs du district de Kona offre de soutenir Kamehameha contre Kīwala'ō, Kamehameha accepte avec empressement. Ce groupe de cinq chefs se composait du beau-père de Kamehameha, Keeaumoku Pāpaiahiahi, de Keawe-a-Heulu, Kameʻeiamoku et Kamanawa, tous trois apparentés au futur roi, et de Kekūhaupiʻo. Kīwala'ō est vaincu lors de la bataille de Moku'ōhai et Kamehameha prend le contrôle le contrôle des districts de Kohala, Kona et Hamakua sur l'île de Hawaii[5].

Avec les deux tiers de l'île sous sa tutelle, Kamehameha envisage d'étendre son pouvoir et planifie la conquête du reste de l'archipel. Il négocie de l'aide de marchands britanniques et américains qui lui vendent des fusils et des munitions. Isaac Davis et John Young, deux européens qui vivaient sur Hawaii à la suite du massacre d'Olowalu, deviennent ses conseiller et entraînent ses troupes au maniement des armes à feu.

En 1790, Kamehameha marche contre le district de Puna et dépose son chef, Keawemauhili. Profitant de l'absence du roi, son cousin, Keōua Kūʻahuʻula, demmi-frère de Kīwala'ō, suscite un soulèvement. Le retour de Kamehameha du district de Puna lui permet de mater cette rébellion. Keōua Kūʻahuʻula s'enfuit et lui et ses partisans se réfugient sur les flancs du Kīlauea où ils sont surpris par une éruption du volcan, qui tue une part conséquente des guerriers de Keōua. Les traces fossilisées de cette expédition, des empreintes de pas laissées par les troupes de Keōua se sont imprimées dans la cendre volcaniques, solidifiées depuis, et sont encore visibles aujourd'hui[6]. Avec la mort de Keōua l'année suivante, Kamehameha devient le seul souverain de l'île d'Hawaii.

La conquête de l'Archipel[modifier | modifier le code]

En 1795, Kamehameha met sur pied une flotte de 960 bateaux et de près de 10000 hommes. Il circonscrit rapidement les faibles défense des îles de Maui et de MolokaiMolokai à la bataille de Kawela. Puis il fait route vers l'île d'Oahu ou il débarque ses hommes à Wai'alae et Waikiki. Cependant, l'un des commandants de Kamehameha, l'aliʻi Kaʻiana, fait défection et rejoint le camp de son opposant, Kalanikūpule. Kaʻiana a notamment aidé lors de la fortification de la falaise de Nu‘uanu Pali et de la mise en place d'artillerie au sommet de celle-ci[7].

Suite à une série d'escarmouches, les troupes de Kamehameha ont pu repousser les forces de Kalanikūpule jusqu'à la falaise, en essuyant cependant un feu nourri de la part des canons adverses. Kamehameha envoie finalement deux unités prendre l'artillerie à revers et capturer les canons. La perte de leurs artillerie jette le désarroi au sein des troupes de Kalanikūpule. Lors du combat acharné qui s'ensuit, près de 400 hommes de Kalanikūpule chutent de la falaise, poussés par les soldats de Kamehameha. Kaʻiana est tué et Kalanikūpule capturé.

Après sa victoire à Nu‘uanu Pali, Kamehameha s'attache à réduire le ressentiment des populations nouvellement conquises. Les guerriers adverses sont soignés, les dégâts réparées et des plantations de patates douces sont faites[8].

En avril 1810, KaumualiʻI, roi de Kauai, devient vassal de Kamehameha. Ce dernier apparaît désormais comme le souverain suprême de la totalité de l'archipel d'Hawaii[9]. Furieux de cette décision, un groupe de chefs décident de tuer KaumualiʻI en l'empoisonnant lors d'un dîner en son honneur; Le complot est éventé par Isaac Davis, qui avertit le roi vassal et lui permet ainsi de s'échapper indemne.

Règne absolu (1810-1819)[modifier | modifier le code]

Affirmation du pouvoir[modifier | modifier le code]

En tant que roi, Kamehameha prend plusieurs mesures afin de s'assurer que son royaume demeure uni après sa mort. Il unifie le système légal et utilise le produit des taxes pour promouvoir le commerce avec l'Europe et les États-Unis. Les non-hawaiiens ne sont pas autorisés à posséder de terres. Cette mesure sera en vigueur jusqu'en 1848 et l'application du Grand ''Māhele'', une réforme agraire du roi Kamehameha III. Ces édits assurent l'indépendance de l'Archipel alors même que plusieurs autres îles du Pacifique succombaient au pouvoirs coloniaux.

Kamehameha institue également la ''Māmalahoe Kānāwai'', la "loi de l'aviron éclaté". Cette loi - "Que chaque personne âgée, femme et enfant puisse aller sur la route en toute sécurité" - a influencé ultérieurement de nombreuses lois de la guerre sur le traitement des civils et des non-combattants. Elle trouve son origine lors d'évènements antérieurs à l'unification de l'île d'Hawaï. Lors d'un raid en 1782, le roi se coince la jambe dans un trou de rocher. deux pêcheurs, par crainte du grand guerrier, s'approchent et l'assomment avec une rame, brisant celle-ci sous la force du coup puis s'échappent en laissant le roi pour mort. Douze ans plus tard, le pêcheur qui avait asséné le coup est amené devant le roi, afin d'y être puni pour cet acte. Arguant qu'il n'avait fait que protéger sa famille devant le raid royal, Kamehameha récompense finalement le pêcheur et le relâche. Il édicte alors cette loi qui sera ensuite intègrée à la constitution du royaume. Cette loi fait encore jurisprudence aujourd'hui au sein de l'État d'Hawaii[10].

Kamehameha ayant aussi des fonctions religieuses auprès du dieu de la guerre de la mythologie hawaïenne, Kū, cela limite également l'introduction au sein de l'archipel de missionnaires chrétiens.

Fin de vie et succession[modifier | modifier le code]

Après 1812, Kamehameha se retire à Kamakahonu, le domaine qu'il a fait bâtir à Kailua-Kona. Il meurt le 8 ou le 14 mai 1819, à l'âge de 61 ans. Selon l'ancienne coutume hūnākele, son corps est alors enterré en secret dans un lieu inconnu par des gens de confiance, Hoapili et Hoʻolulu. Cette coutume veut en effet que le mana, ou pouvoir d'une personne soit sacré. On doit donc dissimuler les restes d'une personne possédant un grand mana. L'emplacement de la sépulture de Kamehameha Ier est donc inconnu[11].

Après sa mort en 1819, la Maison de Kamehameha règne sur l'archipel d'Hawaï jusqu'en 1873. Marié à Kaʻahumanu, la succession de Kamehameha Ier est assurée par ses deux fils, d'abord par son fils aîné Kamehameha II qui meurt lors d'un voyage à Londres après 5 ans de règne, puis par son fils cadet, Kamehameha III qui règne trente ans, le plus long règne de la monarchie hawaïenne.

Hommage et inspirations[modifier | modifier le code]

  • Le 11 juin célèbre la naissance de ce grand roi, dont la date exacte est inconnue. Ce jour donne lieu à une cérémonie de dépose de colliers de fleurs (leis) sur la statue de Kamehameha à Honolulu et Kapa'au. Cette date fut instaurée par proclamation royale par Kamehameha V, petit-fils de Kamehameha Ier, en 1871 pour célébrer la vie et les accomplissements du plus grand roi, chef d'état et guerrier d'Hawaï.
  • L'un des deux seuls sous-marins de l'US Navy à avoir le nom d'un monarque fut l'USS Kamehameha (SSBN/SSN-642) en service de 1966 à 2002.
  • Akira Toriyama se serait inspiré de ce personnage pour nommer une technique spéciale très utilisée par les héros guerriers de son manga Dragon Ball : Kamé Hamé Ha.

Ascendance[modifier | modifier le code]

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
16. Aliʻi Nui Kanaloaikaiwilena Kapulehu de Oʻahu
 
 
 
 
 
 
 
8. Roi Keaweikekahialiʻiokamoku de l'Île d'Hawaï
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
17. Reine Keakealaniwahine de l'Île d'Hawaï
 
 
 
 
 
 
 
4. Prince Keʻeaumoku Nui de l'Île d'Hawaï
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
18. Aliʻi Nui Kaneikaiwilani de Oʻahu
 
 
 
 
 
 
 
9. Princesse Kalanikauleleaiwi de l'Île d'Hawaï
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
19. Reine Keakealaniwahine de l'Île d'Hawaï (= 17)
 
 
 
 
 
 
 
2. Aliʻi Nui Keōua Kalanikupuapaʻikalaninui de Kohala
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
20. Aliʻi Nui Nuʻuanu de Oʻahu
 
 
 
 
 
 
 
10. Aliʻi Nui Ku-a-Nuʻuanau de Oʻahu
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
21. Aliʻi Nui Kealomako de Kaʻū
 
 
 
 
 
 
 
5. Aliʻi Nui Kamakaʻimoku de Oʻahu
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
22. Aliʻi Nui Mahiolole de Kohala
 
 
 
 
 
 
 
11. Aliʻi Nui Umiula-a-Kaʻahumanu de Kohala
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
23. Aliʻi Nui Kanekukaʻailani de Hilo
 
 
 
 
 
 
 
1. Kamehameha I d'Hawaï
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
24. Aliʻi Nui Mahiolole de Kohala (= 22)
 
 
 
 
 
 
 
12. Aliʻi Nui Kauaua-a-Mahi de Kohala
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
25. Aliʻi Nui Kanekukaʻailani de Hilo (= 23)
 
 
 
 
 
 
 
6. Aliʻi Nui Haʻae-a-Mahi de Kohala
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
26. Aliʻi Nui Kaneikaiwilani de Oʻahu (= 18)
 
 
 
 
 
 
 
13. Princesse Kalanikauleleaiwi de l'Île d'Hawaï
(= 9)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
27. Reine Keakealaniwahine de l'Île d'Hawaï (= 17)
 
 
 
 
 
 
 
3. Aliʻi Nui Kekuʻiapoiwa II de Kailua-Kona
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
28. Aliʻi Nui Kanaloaikaiwilena Kapulehu de Oʻahu (= 16)
 
 
 
 
 
 
 
14. Roi Keaweikekahialiʻiokamoku de l'Île d'Hawaï
(= 8)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
29. Reine Keakealaniwahine de l'Île d'Hawaï (= 17)
 
 
 
 
 
 
 
7. Princesse Kekelakekeokalani-a-Keawe de l'Île d'Hawaï
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
30. Aliʻi Nui Kaneikaiwilani de Oʻahu (= 18)
 
 
 
 
 
 
 
15. Princesse Kalanikauleleaiwi de l'Île d'Hawaï
(= 9)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
31. Reine Keakealaniwahine de l'Île d'Hawaï (= 17)
 
 
 
 
 
 

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Esther T. Mookini, « Keopuolani: Sacred Wife, Queen Mother, 1778-1823 », Hawaiian Journal of History, vol. 32,‎ Document utilisé pour la rédaction de l’article

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hawaiian Journal of History
  2. S. Kamakau, Ruling chiefs of Hawaii, Kamehameha Schools Press, 1991 édition révisée.
  3. J. H. Chambers, Hawaii, Interlink Books, 2006, p. 65.
  4. G. H. Kanahele; G. S. Kanahele, Pauahi: The Kamehameha Legacy, Kamehameha Schools Press, 1986, p. 5.
  5. S. L. Desha, Kamehameha and his warrior Kekūhaupiʻo, Kamehameha Schools Press, 2000 édition révisée.
  6. Les empreintes et leur histoire
  7. Herbert Henry Gowen, The Napoleon of the Pacific: Kamehameha the Great, Revell, republished AMS Press, 1977.
  8. D. Stephen, ‘’Kamehameha and his warrior Kekuhaupiʻo, Kamehameha Schools Press, 1921.
  9. Norris Potter, History of the Hawaiian Kingdom, Bess Press, 2003.
  10. Michael Hoffman, "Thematic Essay on the Law of the Splintered Paddle: Compass Point for Hawaiian Leadership in International Humanitarian Law"
  11. N. Potter, History of the Hawaiian Kingdom, Bess Press, 2003.