Reptile humanoïde

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Photographie, détail sur vitrail, à Fougères (35)

Le reptile humanoïde est une créature légendaire mi-humain, mi-reptile. Ce sont des personnages de fiction, présents dans des mythes et des légendes qui connaissent des adaptation selon les cultures et les époques.

Pour des raisons de ressemblances phénotypiques, différents noms associés aux êtres vivants du clade des Sauria leurs sont attribués : homme/femme-lézard, dinosauroïde, parfois reptilien, reptoïde, reptite, saurial.

Dans les théories du complot, on considère que leur existence est avérée.

Fictions[modifier | modifier le code]

Mythologie[modifier | modifier le code]

Des personnages humanoïdes avec des attributs de reptiles ont pu être représentés en Occident, comme en Orient, à différentes périodes.

En effet, dans l'Antiquité, au Moyen-Orient, des figurines anthropomorphiques ont été retrouvées sur le site de l'antique cité mésopotamienne d'Ur, datées de la période d'Obeid I, Obeid II et Obeid III, de 5200 à 4200 av. J.-C.. Certaines présentant une tête de lézard sur un corps de femme, parfois allaitante. Une partie de leur découverte serait attribué aux fouilles menées par Henry Hall, entre 1919 et 1922[1],[2]. Des cas similaires d'anthropomorphisme se retrouvent aussi dans le panthéon égyptien.

On rencontrerait aussi des formes de dragons humanoïdes dans les cultures asiatiques. Bien que créature fantastique, le dragon est considéré comme un reptile. Les serpents, dragons ou autres appellations similaires ont souvent désigné des êtres de pouvoir liés le plus souvent aux éléments de la nature[réf. souhaitée].

Romans[modifier | modifier le code]

On en retrouve également trace dans la littérature du Moyen-Âge, comme le personnage de la fée Mélusine écrit par Jean d'Arras, à la fin du XIVe siècle[3]. Dans ce cas-ci, il s'agit d'une créature hybride, mi-humaine mi-serpent, prenant modèle sur la représentation des centaures.

Récits contemporains[modifier | modifier le code]

Le paléontologue Dale Russell publie en 1982 une uchronie dans laquelle les Troodon survivent à l'extinction du Crétacé-Paléogène, avec pour conséquence une poursuite de l'évolution des dinosaures non-aviens dont aurait tiré parti les Troodontidae[4]. Afin d'illustrer l'article, il confie à l'artiste taxidermiste Ron Séguin la réalisation d'une sculpture de ce « dinosauroïde » et qui est exposée au musée canadien de la nature à Ottawa[5]. C'est un phénotype comparable à celui-ci qui sera utilisé par Kenneth Johnsson pour imaginer les antagonistes de la série télévisée de science-fiction V, en .

Si dès sa publication cette hypothèse est critiquée, en partie parce que le genre Troodontidae est un taxon poubelle, en 2006, le paléozoologiste Darren Naish, de l'université de Southampton, fait valoir qu'aucun cas de convergence évolutive des dinosaures non aviens vers une posture horizontale comparable à celle des mammifères vivant à cette période n'est observée[6]. Aussi, depuis 2017, la quasi-totalité des restes fossiles attribués à Troodon le sont pour Stenonychosaurus inequalis[5].

Théories complotistes[modifier | modifier le code]

Vue d'artiste mettant en perspective deux figures : celle d'un être humain et celle d'un « extraterrestre reptilien ».

Contexte[modifier | modifier le code]

Durant les deux dernières décennies du XXe siècle, plusieurs auteurs élaborent, partagent et prennent pour vrai divers récits qui mettent en scène les mêmes types de créatures, reprenant pour leur compte ce que d'autres auteurs ufologiques ont pu dire à ce sujet. Ils défendent notamment l'idée que des reptiles humanoïdes manipulent les êtres humains.

Le public américain connaît un engouement relatif pour ces récits. En effet, un sondage d'opinion menée en 2013 fait apparaître que 4 % des étatsuniens interrogés pensent que des reptiliens « contrôlent nos sociétés »[7].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Ces récits se distinguent par une épistémologie, des objets d'études (picturale, photographique, audiovisuel), des méthodes d'analyse et des conclusions (souvent politiques) éloignées des domaines qui les étudient habituellement.

Si tous ces auteurs ont en commun de ne pas être des spécialistes des domaines qu'ils étudient, leurs versions différent en certains points :

  • En 1990, R. A. Boulay soutient ce qu'il imagine être le « passé reptilen de l'Humanité » en présentant des œuvres culturelles supposées être des réminiscences d'un passé oublié[8].
  • À la fin des années , David Icke[9], décrié pour être proche des cercles antisémites en Amérique du Nord[9], popularise le thème des reptiles humanoïdes et le terme reptilien. Il échafaude une théorie du complot en mélangeant des thèses ufologiques, comme la théorie des anciens astronautes, et des œuvres de science-fiction comme la franchise Stargate ou la série V. Aux deux œuvres il reprend l'idée de voyages spatiaux, les métamorphoses et la volonté d'asservissement de l'humanité, reprenant et mélangeant des éléments choisis des deux fictions. Dans la première œuvre, il reprend l'idée d'origine extraterrestre des divinités antiques, mais au lieu de situer son récit dans l'ancienne égypte, il le situe au temps de l'antiquité sumérienne[10],[11],[9],[12] ; il emprunte à la seconde l'apparence des extraterrestres, la collaboration et la corruption des personnes de pouvoir (politique, économique, financier). Fritz Springmeier et Don Bradley les assimileront quant à eux aux figures bibliques des Nephilims.
  • D'autres auteurs reprennent, popularisent et tiennent pour vrai l'uchronie de Dale Russel en y ajoutant des éléments que l'on retrouve dans le roman de Jules Verne, Voyage au centre de la Terre, ou le roman Dinotopia adapté en série au début des années . Parmi eux, John Rhodes pense que des dinosaures ont survécu à l'extinction Crétacé-Paléogène et ont continué d'évoluér en se réfugiant dans des cavités souterraines. Les théories ufologiques et New Age se réfèrent également à l'auteur suédois écrivant sous pseudonyme Ole K., qui déclare s'être entretenu le avec une « dinosauroïde » du nom de Lacerta[13].
  • Max Spiers soutient que des êtres issus de la planète Alpha Draconis pilotent une gouvernance mondiale secrète de type nazi à travers les élites, les institutions et le système financier et que d'autres extraterrestres formeraient aussi un État vampire pratiquant des sacrifices d'enfants.

Au cours des années , certaines conclusions actualisent le discours de l'idéologie néonazie[14],[15] en soutennant que des chefs d'État et de gouvernement (Élisabeth II, George W. Bush, Barack Obama), de riches familles bourgeoises (Rockefeller et Rothschild) et certaines communautés religieuses en sont les descendants[16],[17].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Dominique Collon, Ancient Near Eastern Art, , 247 p. (ISBN 978-0-520-20307-5, lire en ligne), p. 46
  2. (en) I. E. S. Edwards, N. G. L. Hammond, The Cambridge Ancient History, vol. 1 (ISBN 978-0-521-07051-5), p. 359
  3. Jean d'Arras, Le roman de Mélusine ou Histoire de Lusignan, Klincksieck, coll. « Bibliothèque française et romane », (réimpr. 1982), 401 p. (ISBN 978-2-86563-019-6, BNF 34737201, lire en ligne Accès libre [PDF])
  4. (en) Dale Russel et Ron Séguin, « Reconstruction of the small Cretaceous theropod Stenonychosaurus inequalis and a hypothetical dinosauroid », Syllogeus, vol. 37,‎ (lire en ligne Accès libre [PDF])
  5. a et b (en) Jeff Hecht, « Smartasaurus – If they hadn't been wiped out in a global catastrophe 65 million years ago, could dinosaurs have evolved intelligence? », sur cosmosmagazine.com, (consulté le ).
  6. (en) Darren Naish, « Tetrapod Zoology: Dinosauroids revisited » Accès libre, sur blog de Darren Naish, (consulté le )
  7. (en-GB) Paul Harris, « One in four Americans think Obama may be the antichrist, survey says », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le ).
  8. (en) R.A. Boulay, Flying Serpents and Dragons: The Story of Mankind's Reptilian Past, Galaxy Books, Clearwater, Florida, 1990.
  9. a b et c (en) Jon Ronson, « Beset by lizards », The Guardian UK, (consulté le )
  10. (en) David Icke et Neil Hague, The biggest secret, , 517 p. (ISBN 978-0-9526147-6-0)
  11. (en) David Icke et Neil Hague, Human race get off your knees : the lion sleeps no more, , 517 p. (ISBN 978-0-9526147-6-0)
  12. (en) Maximillien De Lafayette, Anunnaki Genetic Creation of the Human Races, Demons and Spirits., , 3e éd., 282 p. (ISBN 978-0-557-64421-6), p. 359
  13. « l'interview de Ole K. »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le )
  14. Emmanuel Kreis et Stéphane François, « Littérature ufologique et dérives conspirationnistes (1/2) », sur Conspiracy Watch, 2009a.
  15. Emmanuel Kreis et Stéphane François, « Littérature ufologique et dérives conspirationnistes (2/2) », sur Conspiracy Watch, 2009b.
  16. (en) Susie Mesure, « David Icke is not the Messiah. Or even that naughty. But boy, can he drone on », The Independent,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  17. (en-US) Michael Barkun, A Culture of Conspiracy : Apocalyptic Visions in Contemporary America, University of California Press, , 243 p. (ISBN 978-0-520-24812-0, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]