Raymond Halter

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Raymond Halter
Image illustrative de l'article Raymond Halter
Biographie
Naissance
Chaux (Territoire de Belfort)
Ordination sacerdotale
Fribourg (Suisse)
Décès
Abidjan (Côte d'Ivoire)

Raymond Halter, né le à Chaux (Territoire de Belfort) et mort le à Abidjan (Côte d'Ivoire), est un prêtre catholique français qui a exercé une forte influence dans le courant du Renouveau charismatique en France et en Afrique francophone de 1979 à sa mort.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans le Territoire de Belfort, il rejoint la congrégation des marianistes qu'il a connue comme élève du collège Sainte-Marie de Belfort. Au sein de la congrégation, il cumule une formation théologique, qui le conduira à la prêtrise, et une solide formation littéraire qui lui permettra de rédiger un ouvrage sur La Vierge Marie dans la vie et l'œuvre de Paul Claudel qui sera publié en 1958 chez Mame. Il est ordonné prêtre chez les Marianistes le à Fribourg (Suisse).

Il sert plusieurs années comme aumônier des étudiants à Bordeaux. En 1972, un accident de voiture l'oblige à ralentir son rythme et lui fait redécouvrir la prière. C'est ainsi qu'en janvier 1973, il fait l'expérience, avec un groupe d'étudiants, d'une forme de prière, nouvelle pour lui, qu'il découvrira correspondre à l'expérience des groupes alors naissants du Renouveau charismatique. Il consacre à partir de ce moment une grande partie de son action à approfondir et enseigner cette expérience[1].

En 1979, sur la demande du fondateur de la Communauté de l'Emmanuel, Pierre Goursat, il est mis à la disposition des groupes de prière du Renouveau charismatique pour les assister dans leurs besoins de formation[2]. Ceci va l'amener à exercer un ministère itinérant en France et même en Afrique au cours de toutes les années précédant son départ pour Abidjan[3].

Au début des années 1980, Raymond Halter se rend deux fois au Québec, pour nouer des liens avec les marianistes du Québec et avec les centres du Renouveau. Il le disait lui-même : il a beaucoup appris et aussi beaucoup donné[4].

En 1983, Raymond Halter est délégué en tant qu'expert par la Conférence épiscopale française pour préparer la réunion des délégués pour le Renouveau[5].

Tombe de Raymond Halter
Sépulture du Père Raymond Halter au Noviciat marianiste Notre Dame del Pilar d'Abidjan (Côte d'Ivoire)

En 1989, il est envoyé comme aumônier du Renouveau charismatique au sanctuaire marial d’Abidjan (Côte d'Ivoire), inauguré deux ans plus tôt[4]. Le Cardinal Bernard Yago, alors archevêque d'Abidjan, souhaite la création de ce sanctuaire pour l'éducation et le renforcement de la dévotion mariale à Abidjan et plus généralement en Côte d'Ivoire. De fait pour les catholiques de ce pays, ce lieu devient rapidement un centre de ressourcement et de rassemblement important. Le père Raymond Halter entre avec enthousiasme dans cette mission tout spécialement au service de Marie et de l'Esprit Saint et il peut exercer un ministère fécond et influent dans lequel son charisme[6] de guérison joue un grand rôle[7]. Cela lui permet d'apporter un profond réconfort aux nombreux pèlerins souvent pauvres, démunis, malades ou tourmentés. Fin novembre 1998, Raymond Halter tombe dans un coma diabétique et s'éteint seul, à la polyclinique Sainte-Marie d'Abidjan, dans la nuit de Noël du 25 au 26 décembre. Ses funérailles ont lieu au sanctuaire marial le 7 janvier 1999, le jour de la fête de son saint patron, Raymond de Peñafort. Il est inhumé à la tombée de la nuit au noviciat marianiste Notre Dame del Pilar, sur la commune d'Abadjin-Doumé[4].

Vocation[modifier | modifier le code]

Lors d'un entretien à la paroisse Notre-Dame-d'Afrique d'Abidjan (Côte d'Ivoire), Raymond Halter répond à Marek Halter[8] :

- C'était le 14 novembre 1944, au matin. Je m'en souviens comme si ça se passait aujourd'hui !… Les Allemands ont à nouveau investi le village et, une fois de plus, ils n'ont rien trouvé. Alors, le commandant nazi a décidé de prendre une douzaine de jeunes gens en otages. J'étais l'un d'eux…
- Que s'est-il passé ?
- Une chance ! Une chance inouïe ! L'armée française soutenue par les Alliés avançait sur Montbéliard au moment même où les Allemands s'apprêtaient à nous fusiller !
- Tu as failli être fusillé à cause de la générosité de ton père. Avez-vous reparlé tous les deux, après la guerre, de cet épisode ?
- Nous étions dedans, ensemble. Et jamais je n'aurais reproché à mon père d'aider quelqu'un, de sauver des gens.
- Même si ça devait te coûter la vie ?
- Même si ça devait me coûter la vie, oui !… Je vais te faire une confidence : par deux fois dans ma vie, j'ai éprouvé des sentiments exceptionnels. La première fois, à l'âge de dix-huit ans, ç'a été lorsque j'ai appris que des hommes comme nous n'avaient rien fait pour secourir d'autres hommes. Alors j'ai eu honte. Et la deuxième fois, peu après, quand j'ai pris connaissance de la dimension du désastre - quand j'ai su pour Auschwitz -, j'ai ressenti, je m'en souviens, un sentiment de colère jamais égalé ! Et c'est à ce moment-là - je dis cela en public pour la première fois - que j'ai décidé de devenir prêtre…
- Pourquoi prêtre ?
- Parce que j'ai compris que le désastre n'était pas seulement physique, mais moral. Qu'il fallait reconstruire le monde, certes, mais aussi l'âme de l'homme.

Hommage[modifier | modifier le code]

Jean-Louis Barré, marianiste, dédie sa thèse de doctorat en théologie mariale soutenue le 8 juin 2007 à l’Université Pontificale Le Marianum à Rome à « Marie qui défait les nœuds et au Père Raymond Halter s.m. (1925-1998), en action de grâces. »

Depuis plusieurs années, des chrétiens de Côte d'Ivoire se rassemblent à une date proche de l'anniversaire de sa mort, au début du mois de janvier. Ils se rendent sur sa tombe, à Abadjin-Doumé, pour y prier et confier des intentions personnelles[9].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • La Vierge Marie dans la vie et l'œuvre de Paul Claudel, étude et anthologie, Mame C.D.S.M., 1958
  • Chevauchant le vent - À L'école des chemins de l'esprit, Pneumathèque, 1979 (ISBN 2-858-47020-0)
  • Le disciple La prit chez lui - La Consécration à Marie, F.X. de Guibert, 1992 (ISBN 2-86839-336-5)
  • Préface de La vraie vie en Dieu, entretiens avec Jésus de Vassula Ryden, F.X. de Guibert, 1997 (ISBN 978-2868394101)
  • À l'école de Jésus, F.X. de Guibert, 1995 (ISBN 2-86839-398-5)

Participations à des publications[modifier | modifier le code]

Vidéos[modifier | modifier le code]

  • À l'occasion du colloque du Renouveau dans l'Esprit, à Yamoussoukro (Côte d'Ivoire) en 1996, Raymond Halter a donné une conférence dont l'enregistrement vidéo est disponible en quatre parties (partie 1, partie 2, partie 3, partie 4).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marek Halter, La force du Bien, Robert Laffont, 1995, chapitre 59
  • Collectif, Être Marianiste aujourd'hui. Béatification du père Chaminade (3 septembre 2000), Éditions Saint-Augustin, 2000, p. 43-47, [lire en ligne]
  • Olivier Landron, Les Communautés nouvelles : Nouveaux visages du catholicisme français, Cerf/Histoire, 2004, p. 262-267.
  • Marek Halter, Je me suis réveillé en colère, Robert Laffont, 2007, p. 110.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Raymond Halter, Le disciple la prit chez lui, p. 27-47
  2. Olivier Landron, Les communautés nouvelles…, p. 262
  3. Olivier Landron, p. 262-264
  4. a, b et c « Père Raymond Halter (1925-1998) », sur site de la Congrégation des marianistes (consulté le 12 août 2010)
  5. Olivier Landron, Les communautés nouvelles: nouveaux visages du catholicisme français, p. 334, [lire en ligne]
  6. Robert Witwicki, Les Marianistes, missionnaires de Marie en Afrique, p. 110, [lire en ligne]
  7. Olivier Landron, p. 265-266
  8. Marek Halter, La force du Bien, Robert Laffont, 1995, chapitre 59
  9. En 2017, le rassemblement a eu lieu le samedi 7 janvier. Cf. : http://urbi-orbi-africa.la-croix.com/afrique/cote-divoire-p-raymond-halter-rayonne-toujours/.