Ratonnade

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Une ratonnade est une violence physique exercée à l'encontre de personnes d'origine nord-africaine. Par extension, le terme peut s'appliquer aux violences exercées contre une minorité ethnique ou un groupe social[1].

Des Blancs faisant la chasse aux Noirs, pendant les émeutes à Chicago de 1919 déclenchées à la suite de la noyade d’un jeune Noir.

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'expression vient du mot raton, très fortement péjoratif et raciste, apparu en 1937[2], qui désigne un Maghrébin en argot français. À noter qu'un raton est un petit rat dans la langue française.

Historique[modifier | modifier le code]

Les ratonnades (au sens premier historique, c'est-à-dire des violences contre les personnes nord-africaines) ont été particulièrement violentes dans les années 1950 et 60, faisant de très nombreux blessés et morts dans le contexte de la guerre d'Algérie.

La plus importante fut le massacre des Algériens à Paris les 17 et 18 octobre en 1961, qui fut qualifiée de ratonnade à l'époque, et qui fit des dizaines de morts (les estimations varient de 30 à plus de 200). Une autre ratonnade importante fit 127 blessés graves[3] : la « ratonnade de la Goutte d'Or », les 2 et 3 avril 1961.

Ces dizaines de morts dans les manifestations font suite à des centaines d'arrestations arbitraires d'Algériens par la police de Paris et les supplétifs FPA[4], à l'occasion desquelles de nombreux Algériens ont été torturés, parfois à mort. Parmi les tortures, citons celle où on fait boire au prisonnier de l'eau de Javel. Des viols ont également été commis pendant les perquisitions chez les Algériens de Paris[5].

En 1973, des ratonnades ont lieu à Marseille.

Au Royaume-Uni, de nombreuses ratonnades, appelées là-bas « paki-bashing », ont été commises par des racistes d'extrême droite dans les années 1970 à la suite de la venue d'immigrés pakistanais (« Paki » est un terme informel péjoratif utilisé pour désigner une personne d'origine pakistanaise).

En Espagne, des ratonnades eurent lieu à la suite des attentats du 11 mars 2004 à Madrid, plus précisément en Andalousie.

En revanche, le phénomène de ratonnade exercée par des citoyens ordinaires a été également très important. Il est notamment, mais pas seulement, le fait de skinheads néonazis, comme Blood & Honour appelant à la violence contre les immigrés. Un des derniers exemples en France, en 1998, fit un mort[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Définition sur Le Trésor de la Langue Française informatisé
  2. Dictionnaire historique de la langue française, dir. Alain Rey, Dictionnaire LE ROBERT, 1998
  3. Ratonnades à Paris, p. 111
  4. Emmanuel BlanchardPolice judiciaire et pratique d'exceptions pendant la guerre d'Algérie, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, no 90, février 2006
  5. Les harkis à Paris dans le livre de Paulette Péju, Ratonnades à Paris, p. 40–100
  6. Mouloud Aounit : non au "racisme ordinaire", 21 mai 1998, L'Humanité L'Humanité. Autre exemple de violences commis par des skinheads en réunion : L'humanité

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]