Nuit des paras

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La « Nuit des Paras » est un événement dramatique s'étant déroulé dans la nuit du au à Montigny-lès-Metz puis à Metz.

Contexte[modifier | modifier le code]

En , tandis que les partis politiques algériens (FLN, MNA) luttent pour l'indépendance de l'Algérie, la ville de Metz, siège de la région militaire du Nord-Est et ville militaire depuis plusieurs siècles, abrite depuis quelques semaines 1 500 parachutistes du 1er régiment de chasseurs parachutistes (1er RCP). Les militaires ont été retirés d'Algérie à la suite du putsch avorté du .

Nuit du au [modifier | modifier le code]

La boîte de nuit Le Trianon (en 2018 : Le Rouge) est, à Montigny-lès-Metz, ouverte aux clients le dimanche . Une bagarre éclate. On évoque une jeune fille qui aurait dansé avec un Algérien provoquant des commentaires jugés racistes de la part des parachutistes. Un militant du FLN aurait alors ouvert le feu tuant sur le coup le barman Jean-Marie Defrannoux (33 ans) et un parachutiste appelé du contingent de 22 ans, Francis Soro. Un cuisinier appelé du contingent (Henri Bernaz) décédera dans la nuit des suites de ses blessures.

Pour venger la mort de leur collègue, la soixantaine de parachutistes présents dans la boîte de nuit vont chercher des renforts dans les casernes Serret et Raffenel. Plus tard, trois cents « bérets rouges » déferlent sur la ville. Tout homme suspecté d'être d'origine maghrébine est violemment frappé. Des hommes sont ainsi agressés au jardin botanique, dans la rue Pasteur, au buffet de la gare de Metz, dans la rue des Jardins, au Pontiffroy.

Un Nord-Africain (Aougeb M'Marek), marchand ambulant, est abattu par balle rue Gambetta près du kiosque à journaux. Plusieurs personnes d'origine maghrébine auraient été jeté dans la Moselle depuis les ponts du Pontiffroy mais aucun noyé n'a été recensé le lendemain.

Le mardi , Le Républicain lorrain titrera en une : « La nuit sanglante de Metz ».

Conséquences humaines[modifier | modifier le code]

  • Trois morts à la boîte de nuit Le Trianon (un barman, un appelé du contingent parachutiste, un appelé du contingent) ;
  • Un mort Nord-Africain à Metz ;
  • 27 blessés graves (dont 6 militaires touchés par balles, et 17 Nord-Africains blessés par armes blanches) dans le centre-ville de Metz.

Un travail de mémoire[modifier | modifier le code]

Un collectif a été créé en juillet 2016 pour que cet événement dramatique ne tombe pas dans l'oubli des Messins et des Lorrains. Le 23 juillet 2016, soit 55 ans après la "Nuit des paras", ses membres ont déposé une gerbe du souvenir aux portes de l'ancien dancing du Trianon à Montigny-lès-Metz, là où tout a commencé, et sur le pont Saint-Georges, lieu symbolique choisi pour se souvenir des différents endroits de Metz où des agressions contre des Algériens ou d'autres Maghrébins ont été commis. Cette commémoration a été suivi d'une conférence-débat dans le salon De Guise de la Mairie de Metz. Devant plus d'une centaine de participants, l'historien Franco-allemand, Lucas Hardt, a présenté les travaux qu'il a menés sur "la ratonnade de Metz", autre appellation usuelle pour désigner ce qui s'est passé dans la nuit du 23 au 24 juillet 1961.

Ce collectif, d'abord informel, s'est constitué en association le 23 septembre 2019. Ses objectifs dépassent le seul travail de mémoire de l'épisode tragique messin pour valoriser le rapprochement entre les peuples des deux côtés de la Méditerranée : "L'association (Collectif Juillet 1961) a pour objet de promouvoir sous toutes ses formes les liens passés, présents et à venir entre les Algériens, leurs connexions maghrébines, africaines et mondiales et les Messins, leurs connexions lorraines, françaises et européennes". Les statuts ont été enregistrés par le registre des associations du tribunal de Metz le 5 mars 2020, sous le volume 181, folio n° 34, comme le veut le Droit local d'Alsace Moselle.

L'association milite également pour que le jumelage établi entre Metz et Blida en 1956 soit non seulement rétabli mais aussi revu dans ses fondements et ses options. Elle a organisé un colloque sur ce sujet en

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Source principale[modifier | modifier le code]

  • Olivier Jarrige, « C'était la nuit des paras », Le Républicain lorrain,‎ , cahier Metz-Métropole, p. 22. Document utilisé pour la rédaction de l’article

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]