Radiesthésie

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La radiesthésie est un procédé divinatoire de détection reposant sur la croyance selon laquelle les êtres vivants seraient sensibles à certaines radiations qu'émettraient différents corps[1], permettant ainsi de localiser des sources, retrouver un objet perdu, un trésor ou une personne disparue, établir un diagnostic médical, déterminer la profondeur d'un puits, etc. Les études rigoureuses qui ont été menées (notamment la grande expérience de l'université de Munich réalisée entre 1986 et 1988) n'ont mis en évidence aucune efficacité de la radiesthésie. Le mouvement de la baguette serait dû à l'effet idéomoteur[2],[3] et est donc considéré comme étant une pseudoscience.

On doit le mot « radiesthésie » (du latin radius, « rayon » et du grec aisthêsis, « sensibilité ») aux abbés Bouly et Bayard [4]. La radiesthésie est, selon la définition de l'abbé Bouly, la croyance en la faculté d'exercer cette sensibilité pour découvrir, grâce au pendule ou à la baguette, ce qui est caché aux facultés normales mais dont l'existence est réelle ou imaginaire.

Accessoires[modifier | modifier le code]

Le radiesthésiste Alfred Bovis (1871-1947) en 1935.

Les accessoires les plus courants du radiesthésiste sont :

  • le pendule (masse pesante quelconque mais symétrique et suspendue à un fil souple) ; cet objet est parfois creux de façon à pouvoir y placer des échantillons « témoins » (voir ci-dessous).
  • la baguette, est constituée de deux branches en matière flexible d'environ trente centimètres de long, reliées à une extrémité. Elle sert le plus souvent à la recherche de sources, mais peut tout aussi bien servir en matière de radiesthésie médicale. Autrefois, la baguette était taillée dans une branche de noisetier.
  • l'antenne de Lecher ; elle est inspirée de l'invention d'Ernst Lecher (les « fils de Lecher ») et a l'avantage, non seulement de pouvoir tester (réception), mais aussi d'émettre[réf. nécessaire] ;
  • les témoins servent de support psychique, mais ils n'ont rien d'indispensable. Ils peuvent aider à mobiliser les connaissances relatives à l'objet de la recherche.

Expériences[modifier | modifier le code]

Un bas-relief de Yu le Grand authentifie son emploi en Chine dès le troisième millénaire avant Jésus Christ. La première description dans la littérature d'une baguette de sourcier a lieu en 1556 dans l'ouvrage du savant allemand Georgius Agricola sur les techniques minières, De re Metallica.

Des expériences récentes, à partir des années 1980, ont été réalisées pour essayer de mettre en évidence le phénomène radiesthésique, les plus rigoureuses, comme celle de Munich ou Kassel, n'ont pas prouvé l'existence du phénomène. Au contraire, dans ces expériences réalisées à double insu, les sourciers ne dépassent pas les résultats dus au hasard. Voir l'article Sourcier pour plus de détails.

La radiesthésie et les mesures faites avec un pendule, système de mesure faisant intervenir systématiquement la sensibilité des êtres vivants, se base par principe sur la subjectivité de la personne effectuant la mesure, ce qui est incompatible avec la démarche scientifique, qui se base sur des données chiffrées précises et répétables[5],[6],[7].

Certains radiesthésistes emploient parfois le Bovis comme unité de mesure[8]. Il exprimerait le supposé taux vibratoire ou la supposée énergie cosmo-tellurique d'un lieu ou d'un corps. Sa définition varie suivant les auteurs, et aucun protocole expérimental ne permet d'en faire une estimation objective et reproductible. Il n'existe ainsi aucun moyen de le mesurer[9].

Les observations du chimiste Michel-Eugène Chevreul ont conduit à découvrir que les mouvements de la baguette de sourcier et ceux du pendule de radiesthésiste étaient causés par l'effet idéomoteur, dû aux praticiens eux-mêmes et non à des phénomènes extérieurs (ondes ou champs). Chevreul publia ses observations en 1854 dans un livre intitulé De la baguette divinatoire, du pendule dit explorateur et des tables tournantes, au point de vue de l'histoire de la critique et de la méthode expérimentale[10],[11].

Applications[modifier | modifier le code]

Sourcellerie[modifier | modifier le code]

La sourcellerie consiste à chercher de l'eau dans le sol avec différents outils radiesthésiques.

Article détaillé : Sourcier.

Géobiologie[modifier | modifier le code]

La géobiologie (au sens radiesthésique) est l'étude de l'ensemble des influences de l'environnement sur le vivant, et notamment des ondes liées aux champs magnétiques, courants d'eau souterrains, réseaux métalliques, failles géologiques.

Article détaillé : géobiologie (radiesthésie).

Recherche sur plan[modifier | modifier le code]

Les pendules sont parfois utilisés sur des cartes pour la recherche de personnes disparues ou de sources (cf. "Comment j'opère" de l'abbé Mermet).

Radionique[modifier | modifier le code]

La radionique est le domaine de la radiesthésie qui s'occupe de l’action à distance par les ondes de formes.

Ce nom a été donné pour la première fois aux États-Unis dans un but thérapeutique et pratique. L'expression "onde de forme" fut créée par Léon Chaumery et André de Belizal. Leurs travaux sont une référence dans le monde de la radionique. Jean de la Foye poursuivit les recherches sur la radionique et établit des rapports avec la kabbale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stéphane Crussol, Manuel du pendule, avec 40 planches pendulaires, éd. Exclusif, 2003 (ISBN 2848910097)
  • Emma Decourtay, Initiation à la radiesthésie, éd. Cristal, 2004 (ISBN 284895020X)
  • Bernard Peltier, Guide des cadrans pendulaires, 100 cadrans pour tous les domaines, 2007 (ISBN 9782848950457)
  • Gilbert Degueldre, La Radiesthésie, cet instinct originel, éditions Florikosse asbl, Verviers - Belgique
  • Marc Aurice, Le Grand Livre de la radiesthésie, poche, éditions Trédaniel, 2008 (ISBN 9782844459121)
  • Adolphe Landspurg, Comment devenir sourcier et géobiologue (La pratique de la radiesthésie vibratoire), éditions Dangles, 2003 (ISBN 2703305532)
  • Catherine Solaris, 101 jours pour apprendre le pendule, éd. De Mortagne, 2010 (ISBN 9782890749672)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]