Rachid Guerraoui

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Rachid Guerraoui, né le 5 janvier 1967, est un informaticien et professeur à la Faculté informatique et communications de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), connu pour ses contribution aux domaines de la programmation concurrente et du calcul distribué[1],[2]. Il est Fellow (en) de l'Association for Computing Machinery[3] et titulaire de la chaire annuelle d'informatique et sciences numériques au Collège de France en 2018-2019[4] pour l'algorithmique répartie.

Éducation et carrière[modifier | modifier le code]

Rachid Guerraoui soutient sa thèse de doctorat en 1992 à l'université d'Orsay. Il a été affilié à l'École des Mines de Paris, au Commissariat à l'énergie atomique de Saclay, aux laboratoires Hewlett Packard (en) et au Massachusetts Institute of Technology[5]. Il est rédacteur au Journal of the ACM[6] et est le coauteur de plusieurs livres, dont Algorithms of Concurrent Systems[7], Introduction to Reliable and Secure Distributed Programming[8] et Principles of Transactional Memory[9]. Il a été lauréat d'une bource ERC Advanced en 2013[10] et une Focused Research Award de Google en 2014[11].

Avec ses collaborateurs, Rachid Guerraoui a reçu le prix du meilleur article aux conférences suivantes : ACM Middleware (2016, 2014, 2012), ICDCN (2011), Eurosys (2010), DISC (2010) et OPODIS (2006)[2]. Il a également reçu le prix décennal du meilleur article à la conférence Middleware 2014[12].

Au-delà de son travail scientifique et académique, Rachid Guerraoui œuvre à la popularisation de l'informatique. Il est un des initiateurs du projet d'enseignement Wandida sur YouTube[13], une collection de plus de 300 vidéos sur l'informatique et les mathématiques qui accumule 2,5 millions de vues et 25000 abonnés, ainsi que le projet éducatif Zettabytes, une collection de vidéos destinées à présenter les découvertes et problèmes ouverts majeurs en informatique à un grand public[14].

Implication dans la vie politique marocaine[modifier | modifier le code]

Fils de l'ancien gouverneur marocain Mohammed Guerraoui[15], et issu de la grande famille Guerraoui comptant plusieurs notables du régime marocain comme l'autre gouverneur Abdellatif Guerraoui[16] ou le conseiller des premiers ministres Driss Guerraoui[17],[18],[19], Rachid Guerraoui maintient des liens avec le Maroc sous la forme de participations au débat public et à la vie politique marocaine[20].

En 2019, il se prononce sur les choix linguistiques au Maroc dans une tribune publiée sur le portail d'information Barlamane[21], site connu pour sa proximité avec les services sécuritaires marocains[22], et sujet d'une grande controverse pour avoir publié la vidéo du militant Nasser Zefzafi nu[23], ainsi que des documents médicaux confidentiels de la journaliste Hajar Raissouni accusée d'avortement illégal[24].

Le roi du Maroc le nomme en décembre 2019 membre de la Commission spéciale sur le modèle de développement[25].

Domaines de recherche centraux et principales publications[modifier | modifier le code]

Rachid Guerraoui a travaillé pour établir les fondements théoriques de la mémoire transactionnelle (en) (TM). Il a défini, en collaboration, un concept appelé opacité[26], qui est utilisé pour établir la correction des mémoires transactionnelles. Côté pratique, il a développé, en collaboration, les transactions élastiques[27], ainsi que SwissTM[28], une mémoire transactionnelle logicielle (STM) à fort taux de production, ainsi qu'un banc d'essai pour les systèmes de mémoire transactionnelle, STMBench7[29].

Auparavant, Rachid Guerraoui avait étudié les méthodes de dissémination d'information susceptible de monter en charge. Son article sur la diffusion épidémique légère d'information[30] était le premier qui prenait en compte les vues partielles et/ou asynchrones des différents processus dans un système distribué fondé sur le bavardage. Cet article, avec celui qu'il a écrit sur le service d'adhésion sous-jacent[31], ont obtenu plus de 1250 citations combinées jusqu'en 2018, parmi lesquelles figurent un certain nombre d'articles théoriques sur l'analyse des protocoles de bavardage dans des contextes réalistes[32].

Rachid Guerraoui a fait ses preuves dans l'étude des fondements de la programmation distribuée asynchrone. Par exemple, il a établi, en collaboration, des bornes inférieures pour le bavardage et le renommage asynchrones[33],[34]. Il a de plus établi des résultats fondamentaux sur les relations entre problèmes classiques de programmation distribuée, tels que l'engagement atomique[35] et le problème du consensus, pour lequel il a contribué à résoudre la question ouverte du détecteur de la plus faible erreur avec un nombre quelconque de fautes et il a établi, en collaboration, une nouvelle classification des problèmes de programmation distribuée[36]. Rachid Guerraoui et ses collaborateurs ont de plus défini une méthodologie générale pour construire des structures de données asynchrones hautement concurrentes[37],[38] et ils ont montré comment l'asynchronie permet de produire des nombres pseudo-aléatoires[39].

Rachid Guerraoui a inventé la notion mathématique abstraite d'indulgence[40] pour capturer précisément l'essence des algorithmes asynchrones dont la sécurité ne dépend pas d'hypothèses sur le temps, tels que Paxos de Lamport ou PBFT de Castro-Liskov. Guerraoui a, en collaboration, utilisé ce concept pour définir un cadre général pour les protocoles sûrs et fiables[41].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « dblp: Rachid Guerraoui », sur dblp.uni-trier.de (consulté le 22 octobre 2018)
  2. a et b « EPFL - DCL - Rachid GUERRAOUI », sur lpdwww.epfl.ch (consulté le 22 octobre 2018)
  3. Alexandra Walther, « Prof. Guerraoui and Prof. Sifakis elected as ACM Fellows », (consulté le 4 janvier 2019)
  4. « Rachid Gerraoui – Informatique et sciences numériques (2018-2019) », (consulté le 4 janvier 2019)
  5. (en) « Rachid Guerraoui: Biography and current work », sur people.epfl.ch (consulté le 4 janvier 2019)
  6. « ACM JACM », sur Journal of the ACM (consulté le 22 octobre 2018)
  7. Rachid Guerraoui et Petr Kuznetsov, Algorithms for Concurrent Systems, EDPFL Press, coll. « Computer Science », , 256 p. (ISBN 9782889152834, lire en ligne)
  8. Christian Cachin, Rachid Guerraoui et Luis Rodrigues, Introduction to Reliable and Secure Distributed Programming, Springer, (ISBN 978-3-642-15260-3, lire en ligne)
  9. Rachid Guerraoui et Michał Kapałka, « Principles of Transactional Memory », Synthesis Lectures on Distributed Computing Theory, vol. 1, no 1,‎ , p. 1–193 (ISSN 2155-1626, DOI 10.2200/s00253ed1v01y201009dct004)
  10. (en) « Guerraoui Wins an ERC Grant », (consulté le 4 janvier 2019)
  11. (en) Kamila Madry, « Prof. Rachid Guerraoui received a Google Focused Award »,
  12. (en) Alexandra Walther, « Middleware 2014 and 10-Years Best Paper Award for Rachid Guerraoui », (consulté le 4 janvier 2019)
  13. « Wandida, EPFL », sur YouTube (consulté le 22 octobre 2018)
  14. « ZettaBytes, EPFL », sur YouTube (consulté le 22 octobre 2018)
  15. Mustapha Jmahri, « Rachid Guerraoui du DHJ au collège de France », sur Mazagan24 - Portail d'El Jadida, (consulté le 10 janvier 2020)
  16. « Abdellatif Guerraoui, wali de Laâyoune“Je suis ici pour créer des emplois” », sur L'Economiste, (consulté le 10 janvier 2020)
  17. « Pr. Driss GUERRAOUI », sur L'Economiste, (consulté le 10 janvier 2020)
  18. (en-US) Guest Contributor, « Hawaii, Morocco Commemorate Sister State Relations », sur Hawaii Reporter, (consulté le 10 janvier 2020)
  19. « La Semaine de S.M. le Roi Mohammed VI à Hawaii: l’oeuvre d’un homme, Driss Guerraoui », sur Ibn Kafka's obiter dicta - divagations d'un juriste marocain en liberté surveillée, (consulté le 11 janvier 2020)
  20. « Rachid Guerraoui: « Je n’habite pas le Maroc mais le Maroc m’habite » (replay) », sur 2M (consulté le 10 janvier 2020)
  21. Rachid Guerraoui*, « Dans quelle langue faudrait-il enseigner les sciences au Maroc ? – Barlamane » (consulté le 10 janvier 2020)
  22. (en-US) « « Barlamane » : enquête sur une machine à salir », sur Le Desk (consulté le 10 janvier 2020)
  23. (en-US) « L’Etat lézardé par la vidéo humiliante de Zafzafi », sur Le Desk (consulté le 10 janvier 2020)
  24. Avec AFP, « Maroc. Une journaliste arrêtée pour « avortement illégal » », sur Ouest-France.fr, (consulté le 10 janvier 2020)
  25. « Biographie de M. Rachid Guerraoui, désigné par SM le Roi membre de la Commission Spéciale sur le Modèle de Développement | MapNews », sur www.mapnews.ma (consulté le 10 janvier 2020)
  26. (en) Rachid Guerraoui et Michał Kapałka, Proceedings of the 13th ACM SIGPLAN Symposium on Principles and practice of parallel programming - PPoPP '08, , 175 p. (ISBN 9781595937957, DOI 10.1145/1345206.1345233), « On the correctness of transactional memory »
  27. (en) Pascal Felber, Vincent Gramoli et Rachid Guerraoui, « Elastic transactions », Journal of Parallel and Distributed Computing, vol. 100,‎ , p. 103–127 (DOI 10.1016/j.jpdc.2016.10.010)
  28. (en) Aleksandar Dragojevik, Pascal Felber, Vincent Gramoli et Rachid Guerraoui, « Why STM can be more than a research toy », Communications of the ACM, vol. 54, no 4,‎ , p. 70 (DOI 10.1145/1924421.1924440)
  29. Guerraoui, Kapalka et Vitek, « STMBench7 », ACM Sigops Operating Systems Review, vol. 41, no 3,‎ , p. 315 (DOI 10.1145/1272998.1273029)
  30. P. Th. Eugster, R. Guerraoui, S. B. Handurukande, P. Kouznetsov et A.-M. Kermarrec, « Lightweight probabilistic broadcast », ACM Transactions on Computer Systems, vol. 21, no 4,‎ , p. 341–374 (DOI 10.1145/945506.945507)
  31. Márk Jelasity, Spyros Voulgaris, Rachid Guerraoui, Anne-Marie Kermarrec et Maarten Van Steen, « Gossip-based peer sampling », ACM Transactions on Computer Systems, vol. 25, no 3,‎ , p. 8–es (DOI 10.1145/1275517.1275520)
  32. « Rachid Guerraoui - Google Scholar Citations », sur scholar.google.com (consulté le 22 octobre 2018)
  33. Chryssis Georgiou, Seth Gilbert, Rachid Guerraoui et Dariusz R. Kowalski, « Asynchronous gossip », Journal of the ACM, vol. 60, no 2,‎ , p. 1–42 (DOI 10.1145/2450142.2450147, lire en ligne)
  34. Dan Alistarh, James Aspnes, Keren Censor-Hillel, Seth Gilbert et Rachid Guerraoui, « Tight Bounds for Asynchronous Renaming », Journal of the ACM, vol. 61, no 3,‎ , p. 1–51 (DOI 10.1145/2597630)
  35. Rachid Guerraoui, « Non-blocking atomic commit in asynchronous distributed systems with failure detectors », Distributed Computing, vol. 15,‎ , p. 17–25 (DOI 10.1007/s446-002-8027-4)
  36. Carole Delporte-Gallet, Hugues Fauconnier et Rachid Guerraoui, « Tight failure detection bounds on atomic object implementations », Journal of the ACM, vol. 57, no 4,‎ , p. 1–32 (DOI 10.1145/1734213.1734216)
  37. Tudor David, Rachid Guerraoui et Vasileios Trigonakis, Proceedings of the Twenty-Fourth ACM Symposium on Operating Systems Principles - SOSP '13, , 33–48 p. (ISBN 9781450323888, DOI 10.1145/2517349.2522714), « Everything you always wanted to know about synchronization but were afraid to ask »
  38. Tudor David, Rachid Guerraoui et Vasileios Trigonakis, « Asynchronized Concurrency », ACM Sigplan Notices, vol. 50, no 4,‎ , p. 631–644 (DOI 10.1145/2775054.2694359)
  39. Karolos Antoniadis, Peva Blanchard, Rachid Guerraoui et Julien Stainer, « The entropy of a distributed computation random number generation from memory interleaving », Distributed Computing, vol. 31, no 5,‎ , p. 389–417 (DOI 10.1007/s00446-017-0311-5)
  40. Rachid Guerraoui, Proceedings of the nineteenth annual ACM symposium on Principles of distributed computing - PODC '00, , 289–297 p. (ISBN 978-1581131833, DOI 10.1145/343477.343630), « Indulgent algorithms (preliminary version) »
  41. Pierre-Louis Aublin, Rachid Guerraoui, Nikola Knežević, Vivien Quéma et Marko Vukolić, « The Next 700 BFT Protocols », ACM Transactions on Computer Systems, vol. 32, no 4,‎ , p. 1–45 (DOI 10.1145/2658994, lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]