Prieuré Saint-Hilaire de Commagny
| Prieuré Saint-Hilaire de Commagny | |
Le logis prieural. | |
| Ordre | Bénédictin |
|---|---|
| Abbaye mère | Abbaye de Saint-Martin d'Autun |
| Fondation | XIIe siècle |
| Style(s) dominant(s) | Roman |
| Protection | |
| Localisation | |
| Pays | |
| Région | Bourgogne-Franche-Comté |
| Province historique | Nivernais |
| Département | Nièvre |
| Commune | Moulins-Engilbert |
| Coordonnées | 46° 58′ 23″ nord, 3° 47′ 32″ est |
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Le prieuré Saint-Hilaire, dit aussi prieuré de Commagny, est un prieuré médiéval situé à Moulins-Engilbert, au hameau de Commagny, dans le département français de la Nièvre.
L'ensemble se compose de l'ancienne église prieurale, du XIIe siècle, dédiée à Saint-Laurent. Le bras nord du transept est prolongé par un bâtiment médiéval, le logis du XVe siècle. Juste à l'ouest de ce dernier, se tient le cimetière toujours en activité.
Présentation
[modifier | modifier le code]Le prieuré de Commagny, installé sur le bord d’un petit plateau calcaire à 2,1 km au sud-ouest du château et du village de Moulins-Engilbert.
À la séduction du site, au caractère des bâtiments conventuels [...], à l'agrément des bâtiments ruraux qui se groupent alentour, on ajoutera que l'église de Commagny est parvenue jusqu'à nous dans son intégrité et n'a encore subi que d'infimes restaurations[1].
Actuellement en travaux, l'église n'est pas ouverte au public. Le logis est une propriété privée.
Toponymie
[modifier | modifier le code]On relève les mentions suivantes du nom du hameau : Prioratu de Commagniaco (1161), Ecclesia de Colmaniaco (1164), Comagniacum (1180), Comaigni (1194), Comeigniacum (1287), Comaigny (1293), Commaigneium (1336), Comagny (1367), Commaigniacum (1367), Coumagny (1567)[2].
Historique
[modifier | modifier le code]Général
[modifier | modifier le code]De nombreux écrits et auteurs (Crosnier, Bulliot...) du XIXe siècle évoquent le monastère de Commagny comme remontant aux VIIe et VIIIe siècles avec de possibles liens avec la reine Brunehaut, fondatrice de l'abbaye Saint-Martin d'Autun, maison-mère de Commagny. Il ne subsiste cependant aucune source de première main capable de valider ces informations.
La première mention du prieuré de Commagny remonte donc à la fin du XIIe siècle, lorsque Bernard de Saint-Saulge, évêque de Nevers énumère les églises possédées par les obédiences de Saint-Martin dans son diocèse. Ces lettres sont confirmées par le pape Alexandre III en 1164.
Le prieuré de Commagny a laissé peu de traces dans les sources ; ses effectifs, l'agencement des bâtiments de vie, son temporel ne sont donc jamais vraiment connus avec précision. Un cloître est mentionné dans le terrier de 1452 : « Item a droit ledit monsieur le Prieur que le curé de Commagny ne autres pour luy n'a puissance d'enterrer et sépulturer aucuns corps soit de gens nobles et non nobles en lad. esglise, ne aussy au cloistre du prieuré sans lissance dud. monsr. »[3]. Cette évocation ouvre la voie aux hypothèses quand à l'effectif du monastère (plus de quatre religieux ?).
Les prieurs de Commagny participent à la vie de leur maison-mère :
- en 1336, face au mauvais état financier de l’abbaye, l’abbé Jean de Marcigny convoque les prieurs de plusieurs de ses maisons (Commagny, Saint-Pierre-le-Moûtier, Anzy et du Feste) en assemblée générale. Au terme de ce chapitre, Jean de Marcigny promet de réduire ses charges personnelles et nomme une commission composée des quatre prieurs précédemment cités pour administrer l'abbaye pendant six ans[4].
- en 1462, le prieur Guillaume de Corvol participe comme électeur et comme membre du collège restreint chargé de conduire et de garantir l'élection du futur abbé, le cardinal Rolin[5].
Quelques prieurs issus de l'aristocratie locale officient à la tête de l'établissement comme Jean de Marry, Guillaume de Corvol ou François Boutillat. À partir du XVIe siècle, ces derniers, commendataires, ne résident plus. Sur place, la communauté monastique se limite au sacristain ou au fermier du revenu chargé de collecter les biens appartenant au prieuré.
Un prieur violent et rebelle
[modifier | modifier le code]En se basant probablement sur les archives de la maison-mère autinoise, Bulliot relate une série d'événements impliquant Guillaume de Corvol, prieur de Commagny et issu d'une famille de l'aristocratie locale :
Le jour de la fête de saint Matthieu évangéliste [le 21 septembre ndlr], le sacristain de Commagny fit apporter une partie de la vendange de son office au pressoir du prieur. Les vignerons de ce dernier lui firent observer qu'il faillait tailler le marc encore une fois, afin de lui faire rendre davantage, mais le sacristain se débattait en disant que par leur faute et retard à satisfaire sa demande, il avait déjà perdu un ponson de vin. Sur ces entrefaites arriva le prieur, Guillaume de Corvol, qui demanda au sacristain : « Que faites-vous icy ? Je suis icy venu pour pressourer ma vendange. Le dit prieur contredisant qu'il n'y mettrait jà rien sur son pressour, le dit sacristain dict que sé y venoit deux ou trois paillars, que ils seroient bien receus ». Le prieur, irrité, ordonna à ce moine insolent de se rendre en prison ; mais l'autre soutint qu'il n'était « ne larron, ne meurtrier, et qu'il n'y entreroit jà. Et tantôt incontinent le dict prieur mal meu s'en vint à la personne du dict sacristain et lui donnat sur le visaige et sur la teste, dix ou douze coups de poing en telle manère qu'il eut le visaige taint et enflez et à grant effusion de sang par les nez, et incontinent fist prendre le sacristain par les sergens et vallés séculiers, et le fist mettre en prison où il demourat dès lors jusques au lendemain vespres, sans boire ne manger[6]».
L’affaire est alors portée devant le chapitre général, mais Guillaume de Corvol refuse de comparaître et méprise les sanctions. Il multiplie ensuite les abus : calomnies contre l’abbé, violences, dilapidation des biens, décisions illégales et exactions graves. Il s’allie à Guy de Marry, prieur de Colombier, lui aussi accusé de nombreuses fautes. Tous deux refusent longtemps de répondre de leurs actes, font appel à Rome, puis, privés de leurs bénéfices, se regroupent à Commagny avec le soutien de leurs familles, qui participent à des violences contre les religieux. Face à ces troubles, l’abbé sanctionne leurs proches et, après plusieurs années, les deux prieurs finissent par se présenter devant le chapitre en 1459. Guillaume de Corvol se soumet, obtient l’absolution et conserve son prieuré en réparant ses fautes. Guy de Marry, malgré son repentir, est exclu de l’ordre et perd son bénéfice, tout en étant relevé de son excommunication[6].
Description
[modifier | modifier le code]L'église Saint-Hilaire
[modifier | modifier le code]Extérieur
[modifier | modifier le code]La façade occidentale a été rejointoyée à l'époque moderne, et la partie supérieure du pignon remontée vers la fin du Moyen Âge pour supporter une toiture à pentes rapides. La fenêtre en plein cintre qui l'éclaire est légèrement désaxée vers le sud. À l'origine, le portail consistait en une simple arcade en plein cintre ; très tardivement, un are plus bas vint diminuer sa hauteur vers l'extérieur. À droite et à gauche de la retombée, des corbeaux marquent l'emplacement d'une petite galerie de charpente : à l'intérieur, d'autres corbeaux, contemporains de la porte actuelle, ont soutenu une tribune.
Le mur nord, construit comme l'ensemble de l'édifice dans un petit appareil irrégulier, était percé d'une porte basse, semblant avoir été murée très tôt, dont le cintre à claveaux irréguliers, certains très étroits, présente des joints épais.
Deux gros contreforts plats contre-butent encore l'abside principale. Le niveau supérieur du mur des absidioles, terminé par un simple boudin comme celui de l'abside, était sensiblement moins élevé que lui. L'absidiole nord a conservé cette disposition. Par contre, l'absidiole sud a été tardivement remontée pour recevoir, comme à Jailly, le prolongement de la couverture de l'abside.
Enfin, la présence de corbeaux contre le mur occidental du clocher indique un niveau antérieur de la toiture de la nef, donnant à celle-ci un angle beaucoup trop aigu pour qu'il puisse s'agir de la disposition primitive ; la baie inférieure du clocher ouvre sous la couverture actuelle.

Le clocher est une tour de plan carré, à trois étages, construite en petit appareil irrégulier. Le niveau inférieur comporte une fenêtre murée sur chacune de ses faces ; les arcs sont en plein cintre, à petits claveaux allongés. Au niveau suivant, deux petites archères séparées ouvrent sur chaque face ; l'are est constitué par un linteau échancré, les piédroits taillés en biseau. L'étage supérieur est éclairé par deux baies géminées en plein cintre dont les retombées communes se font au nord et à l'est sur des colonnettes jumelées dans l'épaisseur du mur, au sud et à l'ouest sur un étroit piédroit biseauté. Les chapiteaux des colonnettes, décorés de feuillages roulés en boule sous les angles des tailloirs, portent une tablette biseautée. Les retombées extérieures se font sur des piédroits munis d'une imposte.
Enfin, un gros tore analogue au précédent règne au sommet. S'il paraît évident que les ouvertures des deux niveaux supérieurs sont plus récentes que les baies de l'étage inférieur, rien ne permet, d'après l'aspect de la maçonnerie, d'affirmer que la tour elle-même ait été exhaussée. La charpente actuelle, d'un type bourguignon, se compose d'une partie basse à quatre pans, sommée d'une flèche octogone aux proportions médiocres[7].
Intérieur
[modifier | modifier le code]Le chœur comprend une travée droite voûtée d'un berceau ; il communique de part et d'autre par une arcade en plein cintre à double rouleau avec ses collatéraux, couverts d'une voûte d'arêtes et terminés comme lui-même par une abside en cul-de-four. Il s'ouvre sur la croisée du transept par une grande arcade à double rouleau ; les retombées se font sur des colonnes engagées dont les chapiteaux sont décorés de feuilles d'acanthe stylisées et traitées en méplat, de motifs en grappe, en pomme de pin ou de palmettes sur deux niveaux, et comportent une petite volute. Entre la travée droite et l'abside, un doubleau au cintre surhaussé retombe sur des colonnettes engagées ; l'un des deux chapiteaux présente, sur chacune de ses trois faces, un personnage aux bras écartés en V sous le tailloir, les angles étant amortis par un personnage incliné ; l'autre chapiteau est décoré de fauves dressés sur leur arrière-train, adossés sur la face principale, isolés sur les faces latérales, tous tournés vers un personnage assis sous l'angle du tailloir : c'est le thème de Daniel dans la fosse aux lions.
Quant à l'abside principale, elle présente des dispositions singulières. Elle est répartie entre cinq arcades en plein cintre retombant sur un stylobate ; les premières de part et d'autre sont aveugles, les trois suivantes inscrivent chacune une baie en plein cintre dont elles constituent le rouleau extérieur, la baie d'axe ayant été murée lors de la mise en place du retable. Le stylobate porte six colonnettes engagées supportant les pilastres des arcades ; la base rectangulaire des colonnettes est surmontée de deux tores. Les corbeilles des chapiteaux sont garnies soit de grandes feuilles d'eau, soit de palmettes isolant une sorte de buste sous chaque angle du tailloir, soit, en même place, d'un masque portant dans sa bouche des tiges recourbées vers le milieu de la corbeille, où elles laissent la place à une palmette renversée ; les tailloirs biseautés supportent des pilastres plats rejoignant, à la base du cul-de-four, une arcature décorative de petits ares en plein cintre retombant sur des corbelets, trois dans les travées aveugles et cinq dans les travées éclairées. Les absidioles latérales sont simples, et percées d'une seule baie dans leur axe.
La croisée du transept porte une coupole sur trompes soigneusement appareillée; ses doubleaux en plein cintre à double rouleau retombent à l'est sur les colonnes engagées des grosses piles cruciformes qui reçoivent les arcs ouvrant le chœur sur ses collatéraux et ceux-ci sur les bras du transept ; à l'ouest, donnant sur la nef de part et d'autre de l'arc triomphal, un étroit « passage berrichon » fait songer à Notre-Dame du Puy-Ferrand et à toute une série d'édifices dont le plus occidental se situe sur la rive gauche du Cher à Meusnes, entre Selles et Saint-Aignan.
Les croisillons, très courts, sont voûtés en berceau. Ils communiquent avec la nef par le moyen des « passages » mentionnés. Une porte en plein cintre ouvre dans le mur occidental du bras nord ; lui aussi, le mur occidental du bras sud possédait une porte en plein cintre munie d'un linteau ; au-dessus du linteau, des traces de peinture sont encore discernables. Cette porte a été murée lors de la construction du curieux escalier à vis, en bois, établi sur un massif de maçonnerie, qui aboutit au-dessus des voûtes du transept. Enfin, une baie aujourd'hui murée éclairait le pignon du bras nord ; sans doute avait-elle son vis-à-vis avant l'édification de l'escalier.
Les colonnes engagées, dont les bases sont munies de deux tores dégagés par un filet et séparés par une petite gorge, supportent d'intéressants chapiteaux. L'un, au sud, à l'entrée du chœur, présente un chevalier, son long bouclier pointu au bras gauche, perçant de sa lance une femme nue abattue sous ses pieds. Il s'agit sans aucun doute de la chasteté triomphant de la luxure. Anfray signale encore « une corbeille garnie d'une collerette de petites feuilles surmontée de belles acanthes se recourbant gracieusement sous la console ornée d'une rosace ». Ailleurs, à la pile nord-est, on trouve le thème bien connu des monstres affrontés dont les têtes viennent souligner, à la manière de crochets, l'angle du tailloir, monstres répétés dos à dos sur chaque face du chapiteau, ainsi que « deux aigles aux ailes éployées perchées sur l'astragale aux angles de la corbeille ». Les tailloirs sont épais, taillés en biseau. Pour deux des chapiteaux cités, ils reposent sur l'abaque à faces concaves issue du chapiteau corinthien antique ; la rosace qui en décore le milieu (chapiteau de la chasteté) est ailleurs remplacée (chapiteau des monstres affrontés) par un masque tirant la langue. Ailleurs encore (chapiteau aux aigles), l'abaque est rectiligne et décoré d'une suite de palmettes. Le lait de chaux qui noie l'ensemble limite fâcheusement l'analyse de la sculpture comme celle de l'appareil.
Au décor sculpté et à l'architecture de la croisée et de l'abside principale, centre d'intérêt pour l'œil comme pour la liturgie, s'oppose la nudité de la nef. La face ouest des grandes arcades de la croisée comporte, comme sur le carré, des colonnes engagées sommées de leurs chapiteaux, la construction étant restée interrompue à ce niveau. La liaison des murs du transept et de la nef ne présente aucune trace de reprise, la petite porte qui ouvrait au nord de la nef près du transept est analogue à celles de ce dernier ; aussi semble-t-il plus probable que le parti d'une nef à bas-côtés ait été abandonné en cours de construction. Peu profonde par rapport à sa largeur, couverte d'une simple charpente, la nef ne comporte aucune espèce de décor. Là où l'enduit a disparu, le mur présente un petit appareil assez irrégulier. Il est muni, à sa base, au sud et au revers de la façade occidentale, d'un talus à hauteur de siège, qui a existé au nord. À trois mètres environ des « passages berrichons », les restes de deux pilastres plats, disposés comme des contreforts et construits d'origine, finissent en glacis aux deux tiers de la hauteur des murs goutterots[7].
Dimensions de l'église
[modifier | modifier le code]- Longueur totale : environ 30 mètres ;
- Longueur de la nef : 17,35 mètres ;
- Largeur de la nef : 9,80 mètres.
Les bâtiments du prieuré
[modifier | modifier le code]À l'est de l'église, il subsiste un petit bâtiment possédant un four, qui peut dater de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle.
Au sud, un corps de bâtiment moderne (XVIIe ou XVIIIe siècle) sis dans le prolongement du portail de l'église comporte un grand nombre de réemplois (pierres de tailles, claveaux et un chapiteau roman).
Au nord, le logis, sis dans le prolongement du transept, est une haute construction carrée du XVe siècle ; il possède une belle fenêtre à meneaux sommée de deux arcs en accolade portant des blasons et il est flanqué d'une haute tour d'angle[8]. Ce logis, à un étage carré, comporte plusieurs fenêtres à croisées et accolade, mais a été transformé à l'époque moderne (toit à la Mansard). Une tourelle étroite à canonnière est bâtie sur l'angle nord-ouest de ce logis[9].
Mobilier
[modifier | modifier le code]Jean Martin-Demézil signale les fonts et le grand bénitier de la nef, l'autel de la chapelle nord, décoré de tierce-feuilles inscrites dans des orles et d'une croix fleuronnée cantonnée de quatre-feuilles du XVe siècle, le retable du maître-autel du XVIIe siècle, divers fragments d'inscriptions funéraires des XIVe et XVIIIe siècles, enfin une cloche du XVIIe siècle[8].
À l'exception de l'autel, qui est classé au titre d'objet depuis 1922, aucun des autres éléments évoqués ne font l'objet d'une inscription ou d'un classement au titre des Monuments historiques[10]. La cloche date de 1679, elle se trouvait dans l'église de James[11]. Elle porte l'inscription suivante :
Parrain — Marraine.
Sgr et dame Clarde de Courtenay, baronne de Boys, la Montagne, Limanton,
Messire Jehan Simonnet et de Bard, fabriciens 1679.
Messire Povthvs de Sibeyran, chevalier seigneur.
Sancta Maria, ora pro nobis.
Protection
[modifier | modifier le code]L'ensemble du prieuré fait l’objet d’une inscription au titre des Monuments historiques depuis le [12]. L'ancienne église, quant à elle, fait l’objet d’un classement au titre des Monuments historiques depuis le [12].
Propriétés, terriers, bénéfices
[modifier | modifier le code]Propriétés
[modifier | modifier le code]La terre (grange ou domus) de Beunas (commune de Maux) est donnée aux religieux de Saint-Martin par l'abbé Jean de Marigny en 1334[13]. En 1367, elle est gouvernée par le sacristain de Commagny : « religieuse personne et honeste frère Jehan de Taloye, segretain de Comagny, maistre et gouverneur de la maison, terre et justice de Bunais »[14].
Terriers
[modifier | modifier le code]Un terrier du prieuré, daté de 27 février 1452, se trouve dans les archives du château de Vandenesse. Un autre, daté de 1480, aurait été traité par un notaire de Decize nommé Boulard[15].
Bénéfices
[modifier | modifier le code]En 1161, dans une lettre qu’il adresse à l’abbé de Saint-Martin, Bernard de Saint-Saulge, évêque de Nevers énumère les églises possédées par l’abbaye dans son diocèse : le prieuré de Commagny a sous son patronage les cures de Moulins-Engilbert, de Saint-Péreuse et de la chapelle de James[16]. Trois ans plus tard, le pape Alexandre III confirme ces possessions en y ajoutant l'église d'Aunay. À cette occasion, James n'est plus mentionné comme capellam mais comme ecclesiam[17]. À la fin du XVe siècle, dans le pouillé diocésain, seule la paroisse de Moulins est évoquée comme étant à la collation du prieuré[18].
Le terrier de 1452 révèle que le droit d'institution du maître d'école de Moulins-Engilbert appartenait au prieur de Commagny, que celui-ci avait le droit de choisir cinq enfants qui pouvaient fréquenter l'école sans acquitter de rétribution et que le maître d'école exerçait une sorte de prépondérance, presque de suzeraineté sur les écoles de la prévôté de Moulins : « Et premièrement est chose toute notoire que Monsieur le prieur de Commagny au nom et à cause de son prieuré a droit de mettre et instituer en icelle ville de Molins Engilbertz pour le bien et profict du pays, maistre d'escolle pour régir et gouverner les escholles d'icelle ville et entretenir les enffans tant d'icelle ville que de ceulx de dehors. [...] Item ledit maistre desdites escholles, quand ledit prieur l'a institué, peut régenter et lever les proffictz desdites escholles, sans nul contredit en toute la prévôté de Molins, en telle manière que s'il n'y a aucun curé ou clerc qui tienne en ladite prévôté escolles sans le congé du maistre, ledit maistre de Molins les peut contraindre de les en désister et prendre le gain qu'il y auroit s'il venoient en sadite escolle »[3].
Prieurs
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(liste non exhaustive)
- 1265 : Bartholomé[19] ;
- 1289 : Guillaume ;
- 1320 : Jean de Marry ;
- 1336 : Guillaume[20] ;
- Mentionné entre 1386 et 1393 : Jean de Thalaye[21] ;
- Mentionné entre 1439 et 1462 : Guillaume de Corvol[22] ;
- 1470 jusqu'en 1506 : François Boutillat[23] ;
- 1506 : Jean de Salazar[23] ;
- 1542 : Robert Hurault ;
- 1557 : Henri Lemaire[24] ;
- 1561 : Balthazar de la Bouttière ;
- 1566 : Etienne Tenon ;
- Mentionné entre 1579 et 1584 : André Paradis ;
- 1588 : Jean Rémot ;
- 1595 - 1616 : Nicolas de Chandon ;
- 1659 : Henry de Castille ;
- 1667 : Michel Amelot ;
- Mentionné entre 1679 et 1716 : Jean Raymond Ferrier ;
- 1721 : François Souchon ;
- Mentionné entre 1726 et 1731 : Armand Durand ;
- Mentionné entre 1753 et 1781 : Jean-Baptiste Henry Limosin ;
- 1790 : Gabriel Cortois de Pressigny.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Archives départementales de la Nièvre : série H 1/2, 80 J 735, 1 Q 825 et 19 J 125.
- Serge Bernard, Haut lieu de Bourgogne, Commagny église romane, prieuré bénédictin, autoédition, 2011.
- Jacques-Gabriel Bulliot, Essai historique sur l'abbaye de Saint-Martin d'Autun, vol. 1 et 2, Autun, la Société Éduenne, .
- Jean Martin-Demézil, Congrès archéologique de France, Nivernais, Paris, Société française d'archéologie, , p. 119-128.
- Henri de Flamare, Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, vol. 1 et 2, Nevers, Vallière, 1891 et 1897.
- Auguste Longnon, Pouillés de la province ecclésiastique de Sens : Diocèses de Nevers et d'Auxerre, vol. IV, Paris, Imprimerie Nationale, .
- Vincent Marchaisseau, « Les prieurés nivernais de l'abbaye Saint-Martin d'Autun : implantation et attributs seigneuriaux », Regards sur la Nièvre : l’expression des jeunes chercheurs, n°6, 2004, p. 17-28.
- Michel de Marolles et Georges de Soultrait (ed.), Inventaire des titres de Nevers, Nevers, Imprimerie de Paulin-Fay, 1873.
- Victor Moreau, « Notice sur Commagny », Bulletin de la Société nivernaise des lettres, sciences et arts, Nevers, Mazeron, t. IX, , p. 417-448.
- Georges de Soultrait, Répertoire archéologique du département de la Nièvre, Paris, Imprimerie Nationale, , p. 206-207.
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Martin-Demézil 1967, p. 119.
- ↑ Georges de Soultrait, Dictionnaire topographique du département de la Nièvre, , p. 53.
- Terrier de 1452.
- ↑ Bulliot 1849, p. vol. 2, n°144, p. 188-194..
- ↑ Bulliot 1849, p. vol. 2, n°5, p. 305-318..
- Bulliot 1849, p. vol. 1, p. 315-318..
- Jean Martin-Demézil, Congrès archéologique de France, Nivernais, Paris, Société française d'archéologie, , p. 119-128.
- Martin-Demézil 1967, p. 127.
- ↑ https://gorria.fr/Cecab/cecab.html?
- ↑ « autel », notice no PM58000322, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
- ↑ Victor Moreau, « Notice sur Commagny », Bulletin de la Société nivernaise des lettres, sciences et arts, Nevers, Mazeron, t. IX, , p. 446.
- Notice no PA00112926, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ Bulliot 1849, vol. 2, no 112, p. 177-184.
- ↑ Bulliot 1849, vol. 2, no 130, p. 222-223.
- ↑ ADN : 3 E 1/119.
- ↑ Bulliot 1849, vol. 2, no 17, p. 39.
- ↑ Bulliot 1849, vol. 2, no 18, p. 42.
- ↑ Auguste Longnon, Pouillés de la province ecclésiastique de Sens : Diocèses de Nevers et d'Auxerre, vol. IV, Paris, Imprimerie Nationale, , p. 532.
- ↑ Bulliot 1849, vol. 2, no 75, p. 121.
- ↑ Bulliot 1849, vol. 2, no 144, p. 188.
- ↑ Archives du château de Vandenesse et ADN, H 1/2.
- ↑ Bulliot 1849, vol. 2, no 5, p. 305.
- Michel de Marolles et Georges de Soultrait (ed.), Inventaire des titres de Nevers, Nevers, Imprimerie de Paulin-Fay, , p. 193.
- ↑ https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/ir/consultationIR.action?consIr=&frontIr=&optionFullText=&fullText=&defaultResultPerPage=&irId=FRAN_IR_005800&formCaller=GENERALISTE&gotoArchivesNums=false&auSeinIR=false&details=true&page=&udId=d_3_176
Voir aussi
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