Polyphème d'Amérique

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Antheraea polyphemus

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Polyphème d'Amérique (Antheraea polyphemus) est un lépidoptère nocturne appartenant à la famille des Saturniidae. Il est répandu en Amérique du Nord et au nord du Mexique. Il est caractérisé par une coloration beige à brune et à la présence d'ocelles sur les ailes postérieures. On le retrouve dans les boisés de feuillus, dans les milieux humides et dans les milieux urbains[1]. L'adulte est attiré par la lumière[2].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Polyphème est le nom d'un cyclope, fils de Poséidon et de la nymphe Thoosa, dans la mythologie grecque. Cette créature ne possédait qu'un seul œil au milieu de son front. Chez l'insecte, ce nom fait référence aux deux grands ocelles que l'on retrouve dans le centre des ailes postérieures.

Distribution[modifier | modifier le code]

L'espèce est largement répartie en Amérique du Nord, du le sud du Canada jusqu'au Mexique. Au Canada, il se retrouve dans toutes les provinces à l'exception de celles de l'Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve-et-Labrador[3]. Aux États-Unis, il se retrouve dans 48 États à l'exception de l'Arizona et du Nevada[4].

Description[modifier | modifier le code]

L'adulte du polyphème d'Amérique a une envergure de près de 15 cm. Il possède une coloration brune qui peut varier de pâle à foncé. Les ailes antérieures ont de petits ocelles de forme ovale et de couleur jaune clair. Les ailes postérieures possèdent des ocelles ressemblant à de gros yeux. Les mâles ont de larges antennes plumeuses contrairement aux femelles[5]. La chenille mature est de couleur verte et possède une série de petites taches orangées et de fines lignes blanches sur les côtés. La tête de la chenille est brune orangée[6].

Cycle de vie[modifier | modifier le code]

Selon les régions, le polyphème d'Amérique peut produire plus d'une génération par année. Aux États-Unis, l'espèce n'a qu'une seule génération à partir du nord de la Pensylvannie[7] et devient bivoltine à partir du sud de la vallée de l'Ohio[4]. Au Canada, il produit généralement qu'une seule génération.

À l'éclosion, la chenille est de couleur jaune. Le développement larvaire comprend 5 stades. Chaque stade est légèrement différent en coloration. Vers le 3ème stade, la chenille affiche un vert très vif et possèdent une série de petites taches orangées et de fines lignes blanches sur les côtés. La chenille du polyphème d'Amérique ressemble à s'y méprendre à celle du papillon lune (Actias luna).

Au cours de son développement, la chenille se nourrira abondamment de sa plante hôte. À la fin de son stade larvaire, elle mesurera près de 7,5 cm[6]. Au moment venue, la chenille débutera le tissage d'un cocon de soie brune ou grise. Elle fait son cocon au sol ou dans les branches exposés aux grands vents[8]. Celui-ci sera généralement enveloppé dans les feuilles de la plante-hôte[1]. Avant d'entamer sa chrysalidation, elle vide ses intestins de l'excédent d'eau, de nourritures, de matières fécales et d'autres fluides. Sa peau se fend alors et elle se transforme en chrysalide à l'intérieur de son cocon.

Cycle larvaire du polyphème d'Amérique (Antheraea polyphemus)

Plantes-hôtes[modifier | modifier le code]

La femelle pond ses œufs sur une grande variété de plantes[9] :

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Prédation[modifier | modifier le code]

Les chenilles du polyphème d'Amérique sont les hôtes de nombreux insectes parasitoïdes (mouche tachinide, guêpe ichneumonide et guêpe braconide)[4]. Tous les stades de développement sont sujets à la prédation par plusieurs types d'invertébrés et d'invertébrés prédateurs.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Polyphème d'Amérique », sur Espace pour la vie (consulté le 27 mai 2015)
  2. « Species Antheraea polyphemus - Polyphemus Moth - Hodges#7757 - BugGuide.Net », sur bugguide.net (consulté le 27 mai 2015)
  3. « Butterflies and Moths of North America | collecting and sharing data about Lepidoptera », sur www.butterfliesandmoths.org (consulté le 18 octobre 2015)
  4. a, b et c Tuskes PM, Tuttle JP, Collins MM. 1996. The Wild Silk Moths of North America: The Natural History of the Saturniidae of the United States and Canada. Cornell University Press. Ithaca, New York. 250 pp.
  5. « Auburn University Entomology and Plant Pathology | Polyphemus Moth », sur Auburn University Entomology and Plant Pathology (consulté le 27 mai 2015)
  6. a et b (en) David L. Wagner, Caterpillars of Eastern North America, Princeton, New Jersey, Princeton University Press,‎ , 512 p. p. (ISBN 978-0-691-12143-7), p. 242 p.
  7. Holland WJ. 1968.The Moth Book: A Guide to the Moths of North America. Dover Publications, Inc. New York. (First published in 1903 by Doubleday, Page and Company. New York) 479 pp.
  8. Yves Dubuc, Les insectes du Québec, Ottawa, Les éditions Broquet,‎ , 456 p. p. (ISBN 978-2-89000-825-0)
  9. Louis Handfied, Le guide des papillons du Québec, Canada, Broquet,‎ , 536 p. p. (ISBN 2-89000486-4)