Pierre le Patrice

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Pierre le Patrice (en grec Πέτρος ό Πατρίκιος), dit parfois Pierre le Magistre (en grec Πέτρος ό Μάγιστρος), est un haut fonctionnaire, diplomate et historien byzantin du VIe siècle, mort en 565.

Carrière[modifier | modifier le code]

Natif de Thessalonique, il était d'origine illyrienne selon Procope de Césarée. Il suivit d'abord à Constantinople une carrière de juriste (σχολαστικός). Remarqué par l'impératrice Théodora, il fut envoyé en mission à la cour des Ostrogoths après la mort du jeune roi Athalaric (octobre 534). Théodat, épousant sa cousine Amalasonte, s'imposa sur le trône et incarcéra la fille de Théodoric ; il dépêcha ensuite une ambassade pour se faire reconnaître par l'empereur Justinien. Pierre rencontra les messagers de Théodat dans le port d'Aulon. Après avoir demandé de nouvelles instructions de l'empereur, qui lui ordonna d'avertir Théodat qu'Amalasonte était sous sa protection, il se rendit en Italie, mais la reine y avait déjà été étranglée (30 avril 535). Pierre condamna ce meurtre avec véhémence, prévenant qu'il conduirait à la guerre, puis retourna à Constantinople porteur de lettres de Théodat et du sénat romain demandant un règlement pacifique du conflit. Dès l'été, il était de retour en Italie pour transmettre un ultimatum de l'empereur : Théodat devait renoncer au trône et rendre l'Italie à l'Empire ; mais sans attendre la réponse, Justinien ordonna dès la fin de l'année 535, à Mundus d'envahir la Dalmatie, et à Bélisaire de débarquer en Sicile. Effrayé, Théodat renvoya Pierre à Constantinople avec des propositions de quasi-capitulation, évidemment acceptée par Justinien, mais au retour de Pierre à Ravenne, en 536, les dispositions du roi, entouré et soutenu par ses guerriers, étaient bien changées : le diplomate fut incarcéré et resta détenu trois ans.

Il fut libéré pendant l'été 539 par le roi Vitigès en échange d'ambassadeurs envoyés par les Ostrogoths aux Perses et qui avaient été capturés par les Byzantins. De retour à Constantinople, il fut nommé par Justinien maître des offices, à l'époque le poste le plus élevé dans l'administration byzantine, qu'il conserva jusqu'à sa mort en 565. Il reçut aussi le titre de patrice et l'appellation de gloriosissimus, la plus élevée dans la hiérarchie.

Dans ses nouvelles fonctions, Pierre fut entre autres choses mêlé à la controverse religieuse des Trois Chapitres, prenant part à la négociation avec les évêques occidentaux en 548, puis portant plusieurs fois des messages de l'empereur au pape Vigile en 551-553, et assistant au concile œcuménique de 553. Il fut envoyé en 550 pour négocier la paix avec les Perses, et une deuxième fois en 561, rencontrant l'ambassadeur perse Izedh Guchnap à Dara. Au printemps 562, il se rendit en Perse pour des pourparlers directs avec le roi Khosro Ier. Après sa mort, le poste de maître des offices fut également occupé par son fils Théodore sous le règne de Justin Ier.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Les ouvrages écrits par Pierre le Patrice subsistent seulement par fragments, conservés dans des anthologies byzantines (notamment les Excerpta de legationibus). Il était l'auteur d'une Histoire de l'Empire romain de la mort de Jules César (44 av. J.-C.) à celle de Constance II (361), dont une vingtaine de fragments sont préservés ; d'une histoire de la fonction de maître des offices depuis sa création par Constantin Ier, avec une description des cérémonies auxquelles prenait part ce fonctionnaire (extraits dans le De ceremoniis de Constantin Porphyrogénète, I, 84-95) ; d'un compte-rendu de sa mission diplomatique en Perse en 561-562, qui a été utilisé comme source par Ménandre le Protecteur et se retrouve donc indirectement dans les fragments de ce dernier.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger C Blockley (éd.), The Fragmentary Classicising Historians of the Later Roman Empire (texte et traduction anglaise), Liverpool, 1980 (vol. I), 1983 (vol. II).
  • Michael Maas (dir.), The Cambridge Companion of the Age of Justinian, Cambridge University Press, 2005.
  • Warren Treadgold, The early Byzantine Historians, Basingstoken, 2007.