Théodora (femme de Justinien)

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Théodora
Description de cette image, également commentée ci-après

Théodora représentée sur une mosaïque de la Basilique Saint-Vital de Ravenne, 547 de notre ère.

Titre

Impératrice byzantine

5 août 527 — 28 juin 548

Prédécesseur Euphémie
Successeur Sophie
Biographie
Naissance vers 500
Chypre
Décès
Constantinople
Sépulture Église des Saints-Apôtres
Père Acacius
Mère Théodora (?)
Conjoints Justinien
Enfants une fille
Religion Christianisme

Théodora (en grec Θεοδώρα, vers 500 - 548) est une impératrice de l'Empire byzantin, femme de Justinien. D'humble origine, elle est, semble-t-il, la fille d'un dresseur d'ours et belluaire, nommé Acacius, qui était attaché à l'hippodrome de Constantinople. Sa mère, dont le nom ne nous est pas parvenu, était une danseuse et actrice[1]. Avant de devenir la maîtresse du futur empereur Justinien, Théodora est, selon Procope de Césarée, danseuse et courtisane.

Historiographie[modifier | modifier le code]

Les principales sources historiques sur la vie de Théodora sont les œuvres de son contemporain Procope de Césarée, secrétaire du général Bélisaire. L'historien offre trois représentations contradictoires de l'impératrice. Son premier ouvrage historique, intitulé Histoires ou Discours sur les Guerres, dresse le portrait d'une impératrice courageuse et des plus influentes. Il dénote en particulier ses ressources culturelles et morales lors des moments difficiles « quand les hommes ne savent plus de quel côté se tourner »[2].

Son deuxième ouvrage Sur les monuments loue la beauté de l'impératrice et est un panégyrique qui décrit Justinien et Théodora comme un couple pieux. Son troisième ouvrage l'« Histoire Secrète », probablement une publication posthume, révèle un auteur qui est devenu profondément déçu par le couple impérial et même par son maître Bélisaire. Justinien est dépeint comme cruel, vénal, prodigue et incompétent. Procope rappelle que Théodora est une parvenue et va jusqu'à l'appeler « cette ruine publique de l'espèce humaine »[3].

Son contemporain Jean d'Éphèse écrit sur Théodora dans les Vies des bienheureux orientaux et mentionne qu'elle eut une fille illégitime avant d'épouser Justinien[4].

D’autres auteurs syriaques appartenant au courant monophysite (Zacharie, le Scolastique, l’évêque Jean d’Amide ou le patriarche d’Antioche Michel le Syrien) la présentent comme une « pieuse », une « sainte », ou comme la « dévote » impératrice[5].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

À l'image de ses deux sœurs, Comito et Anastasie, Théodora reçoit un prénom à consonance chrétienne. Les radicaux grecs théou dôron peuvent ainsi se traduire par « don de Dieu ». La mortalité infantile étant de l’ordre de cinquante pour cent à l’époque, on peut supposer qu’il s’agit également d’un remerciement pour une grossesse réussie[6].

Née vers 500 à Constantinople, en Paphlagonie ou sur l'île de Chypre selon les auteurs, elle devient vite orpheline de son père, Acacius, qui meurt brutalement laissant la famille sans ressources. Après la mort d’Acacius vers 503, la mère de Théodora trouve, semble-t-il, un nouveau compagnon qui reprend la fonction de gardien des ours pour la faction des Verts et est responsable devant un certain Astérios[7]. Dès leur plus jeune âge, Comito et Théodora sont autorisées à quitter régulièrement la maison pour se rendre au Kynêgion où leur père puis leur beau-père leur montre les fauves. Là-bas, elles apprennent à dompter des ours, des chevaux, des chiens ou encore des perroquets colorés importés d’Orient. Pour Théodora, ces visites ressemblent à une formation théâtrale, durant laquelle elle apprend à maîtriser sa posture, ses gestes ou encore à montrer son autorité, des qualités qui lui serviront par la suite. Mais cette relative tranquillité est de courte durée. Astérios, le choreographos des Verts de l'hippodrome de Constantinople, les « démet de cette charge »[8], ayant apparemment trouvé quelqu’un qui avait de meilleurs appuis et crédits au sein des Verts pour la fonction de gardien des ours[9].

La mère de Théodora, que l'historien Paolo Cesaretti présente comme une femme de caractère, décide de réagir. Le jour de la fête, elle pénètre dans l'hippodrome de Constantinople avec ses filles. Elles vont devant la tribune des Verts et s'agenouillent, suppliant la foule de les aider. Astérios demande alors le silence mais contre toute attente ne prononce aucune parole, leur signifiant ainsi qu’elles ne sont pas dignes d’intérêt. Lorsqu'il est clair qu'aucune réponse ne viendra de la part du chef des Verts, des huées commencent à monter de la tribune opposée, celle des Bleus. Les filles et leur mère se relèvent et vont alors trouver les Bleus. L'équivalent d'Astérios chez les Bleus demande alors le silence. Contrairement à son homologue, il prend la parole. Il fait remarquer qu’elles sont trois, comme la Trinité chère aux Bleus orthodoxes, et que le blanc de leurs robes reflète la pureté. Sous les acclamations de la foule, il accède à leur requête. La famille de Théodora intègre la faction des Bleus et le nouveau compagnon de sa mère trouve un poste, « même si ce n’était pas nécessairement son poste »[10]. Pour Paolo Cesaretti, la scène de l'hippodrome constitue un tournant à double titre dans la vie de Théodora. L'exemple de sa mère, qui avait su résister dans des conditions difficiles, la marqua profondément, tout comme l'attitude méprisante d'Astérios et des Verts à leur égard. Pour l'historien, ce fut le début d'une profonde aversion pour cette faction. Les décisions politiques que Théodora allait prendre envers eux, une fois au pouvoir, seraient le fruit d'une vengeance obstinée de leur refus de porter assistance à sa mère[11].

Lorsque les trois sœurs deviennent adolescentes, leur mère leur fait découvrir progressivement le monde du théâtre, « à mesure que chacune lui semblait mûre pour la tâche[12]». Théodora accompagne ainsi, Comito, l’aînée, lorsque celle-ci fait ses premiers pas. Ensemble, elles montent un petit théâtre de variétés, avec peu de paroles, beaucoup de gestes et d’intervention physique. Pour Paolo Cesaretti, il est probable que les deux sœurs aient proposé de petites interventions dans lesquelles la petite Théodora joue le rôle du serviteur, et sa sœur Comito celui de la maîtresse[13].

En 512, Théodora est âgée de 12 ans et n’est pas encore mûre sexuellement. Procope n’hésite pourtant pas à lui accorder une activité sexuelle très précoce. Dans les Anecdota, il note que Théodora « se laissait aller à de répugnants accouplements d’hommes avec certains misérables, esclaves de surcroît, qui, suivant leurs maîtres au théâtre, trouvaient dans cette abomination un soulagement à leur malheur – et elle consacrait aussi au lupanar beaucoup de temps à cet usage contre nature de son corps[14]. ». Pour Paolo Cesaretti, ses accusations sont à prendre avec précaution. Il note que lorsque Théodora sera au pouvoir, des lois très sévères seront promulguées contre l’homosexualité et contre certaines pratiques présentées comme des spécialités de la jeune fille par Procope[15]. D’autre part, le théâtre était un art blâmé par la culture officielle de l’époque, ce qui expliquerait l’identification entre l’actrice et la prostituée[16].

La mère n'hésite pas ensuite à faire de ses filles des danseuses nues et des courtisanes[17]. Il est probable que la petite Théodora fut ainsi présentée par sa mère, non pas à n’importe qui, mais à des personnes bien placées, fiables et ayant de sérieux moyens financiers[18].

Théodora entre ensuite dans une compagnie de mime. Ce rôle semble la mettre en lumière, à tel point que son premier détracteur, Procope, lui reconnaît certaines qualités : « Elle était on ne peut plus spirituelle et salace, de sorte qu’elle sut bientôt se mettre en évidence. […] jamais personne ne la vit se dérober. »[19].

Durant cette période, Théodora rencontre Antonina, la future femme de Bélisaire, avec laquelle elle restera amie tout au long de sa vie[20].

À l’âge de 16 ans, elle devient la maîtresse d'un haut fonctionnaire syrien, nommé Hecebolus[21]. Elle part avec lui en Afrique du Nord, lorsque celui-ci prend ses fonctions de gouverneur de la province libyenne de Pentapolis. Ils resteront ensemble pendant quatre années jusqu’au départ de Théodora pour Constantinople[22]. Maltraitée et abandonnée par Hecebolus, elle s’adresse à l’Église en invoquant le droit d’asile. Elle est alors interrogée par un prélat, dont le rôle est de recevoir son repentir et de vérifier la sincérité de ses projets. Ne voyant rien de « païen », il l’interroge sur le nombre de natures du Christ, sujet brûlant à l’époque en raison de la division entre monophysites et dyophysites. Théodora contourne la difficulté en lui posant à son tour des questions. Le prélat l’invite alors à se rendre au siège du patriarcat, à Alexandrie[23], afin d’approfondir ses connaissances. C’est ainsi qu’elle se rend dans la cité égyptienne, en ayant avec elle une lettre de présentation pour un couvent féminin. Comprenant que sa beauté seule ne suffirait pas à son ascension sociale, elle y apprend à lire et à écrire, et acquiert une culture philosophique. Grâce à des réseaux religieux et ecclésiastiques, elle approche le patriarche Timothée III, un monophysite, qui restera son père spirituel et qui savait faire vibrer « le métal de son cœur ». C’est à l’occasion de cette rencontre qu’elle se serait convertie à l'Église monophysite[24], même si pour l’historien Paolo Cesaretti, cette conversion s’explique plus par des éléments personnels que par pure conviction[25].

Elle s’arrête ensuite à Antioche[26], où elle rencontre Macedonia, une danseuse devenue voyante, qui a dans ses relations Justinien, dont elle est en fait un informateur.

Elle rentre à Constantinople en 522, où elle s’établit dans une maison près du palais. Elle bénéficie alors de l’aide de Macedonia, qui avait sympathisé avec elle, pour s’ouvrir les portes de la citadelle impériale[27]. Théodora est invitée au Palais et admise devant le consul. Sa beauté, son esprit, et son caractère fantaisiste attirent l’attention de Justinien. C'est ainsi que Théodora devient la maîtresse du futur empereur[28]. Pour épouser Théodora, de 17 ans sa cadette, Justinien obtient de son oncle l'empereur Justin Ier l'abrogation d'une loi qui interdisait à un sénateur de se marier avec une courtisane.

Vie politique[modifier | modifier le code]

L'empereur romain d'Orient Justinien, mosaïque de la basilique Saint-Vital de Ravenne, avant 547.

Mariée en 523 à Justinien, alors magister militum praesentalis, elle revêt la pourpre en même temps que lui en 527 dans la basilique Sainte-Sophie, ce qui l'associe pleinement à l'Empire et fait d'elle une impératrice pleine et entière. Elle conseille souvent Justinien, en particulier dans le domaine religieux. Elle partage ses plans et ses stratégies politiques, participe à ses conseils d'état. Justinien la désigne son «partenaire» dans ses délibérations[29]. Elle a sa propre cour, son entourage officiel et son propre sceau impérial[30].

Elle démontre ses qualités de leader en sauvant la situation en janvier 532 lors de la sédition Nika grâce à une attitude courageuse et énergique, qui tranche avec celle de Justinien, préférant « mourir dans la pourpre » que de céder face à la populace.

Cette année-là, les deux factions politiques de l'hippodrome, Les Bleus et Les Verts, déclenchent une émeute lors d'une course de chars et assiègent le Palais[31]. Alors que l’Empereur et la plupart de ses conseillers envisagent déjà la fuite devant la propagation de l’émeute, Théodora les interrompt et déclare :

« Mes Seigneurs, la situation actuelle est trop grave pour que nous suivions cette convention qui veut qu’une femme ne parle pas durant un conseil d’hommes. Ceux dont les intérêts sont menacés par un danger d’une extrême gravité ne devraient penser qu’à se tenir à la ligne de conduite la plus sage et non aux conventions. Quand il ne resterait d’autre moyen de salut que la fuite, je ne voudrais pas fuir. Ne sommes-nous pas tous voués à la mort dès notre naissance ? Ceux qui ont porté la couronne ne doivent pas survivre à sa perte. Je prie Dieu qu’on ne me voie pas un seul jour sans la pourpre. Que la lumière s’éteigne pour moi lorsqu’on cessera de me saluer du nom d’impératrice ! Toi, autokrator (en désignant l’Empereur), si tu veux fuir, tu as des trésors, le vaisseau est prêt et la mer est libre ; mais crains que l’amour de la vie ne t’expose à un exil misérable et à une mort honteuse. Moi, elle me plaît, cette antique parole : que la pourpre est un beau linceul ! »

L’éloquence virile de Théodora ranime le courage des officiers restés fidèles à l’Empereur[32]. Avec l'aide de Narsès et de Bélisaire, la sédition est écrasée.

Cette ancienne courtisane fait prendre à Justinien des mesures énergiques contre les propriétaires de maisons de tolérance, dépense de fortes sommes pour aider les prostituées, rachetant certaines d'entre elles et fonde une maison pour pécheresses repenties. Elle fait également adopter une loi qui interdit le proxénétisme, ce qui n'empêchera pas celui-ci de perdurer[33].

Elle a une influence certaine sur les dispositions concernant les femmes du Code justinien : mesures de protection à l'égard des comédiennes et des courtisanes, loi contre la « traite des blanches », possibilité pour les épouses de demander le divorce[34]. Elle fait également en sorte que les filles puissent faire valoir leur droit à l’héritage et fait passer des mesures de protection de leur dot en faveur des veuves[33].

Théodora est moins heureuse dans le choix de ses favoris et certaines de ses interventions sont pour le moins maladroites. Ainsi, après avoir couvert les débordements d'Antonina, la femme de Bélisaire, elle se brouille avec elle après avoir forcé sa fille Jeanne à se marier avec Anastase et fait rappeler Bélisaire d'Italie à un moment critique. Elle privilégie les hommes qui lui sont dévoués même s'ils sont incompétents. Elle marie sa nièce Sophie au neveu de Justinien, le futur Justin II[35].

Dans le domaine religieux, alors que Justinien penche pour l'orthodoxie et un rapprochement avec Rome, Théodora reste toute sa vie favorable aux monophysites et réussit à infléchir, du moins jusqu'à sa mort, la politique impériale. Par exemple, elle fit tout pour faire nommer Vigile pape à la place de Silvère qui luttait contre l'hérésie monophysite.

Selon Procope de Césarée, elle n'apprécie pas les thèses d'Origène qu'on accusait d'avoir soutenu la croyance en la réincarnation et la pré-existence de l'âme avant la naissance. Aussi, avant de mourir, Théodora pousse Justinien à convoquer le Deuxième concile de Constantinople de 553, qui condamne l'origénisme[36].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle n'a pas d'enfant de Justinien mais a eu avant leur rencontre une fille qui donne trois enfants, Anastase, Jean et Athanase[37].

Théodora meurt le 28 juin 548, 17 ans avant Justinien, d'une maladie dont les symptômes ressemblent à ceux d'un cancer du sein. Son corps fut enterré dans l'église des Saints-Apôtres à Constantinople[38].

Physionomie et personnalité[modifier | modifier le code]

Malgré ses critiques acerbes, Procope reconnait à Théodora un charme indéniable : « Elle était à la fois belle de visage et gracieuse, quoique petite, avec de grands yeux noirs et une chevelure brune. Son teint n’était pas tout à fait blanc mais plutôt mat ; Elle avait le regard brûlant et concentré[39]». Décrivant une de ses statues en pied, il écrit : « La statue a bel aspect mais n’égale pas en beauté l’impératrice, car il était absolument impossible, du moins pour un mortel, de rendre l’harmonieuse apparence de cette dernière[40]».

À l’égard de sa beauté, son talent « spirituel et salace » était reconnu de tous, y compris par ses détracteurs. « Elle était extrêmement vive et moqueuse » écrit Procope. Outre sa volonté et son ambition, Théodora disposait de qualités innées telles que la mémoire et le sens de l’opportunité, qualités qu’elle affinera au cours de sa carrière d’actrice. Sa spécialité consistait à dédramatiser les conflits et les heurts violents par l’ironie[41].

L'auteur Jean Haechler la décrit comme une impératrice rusée et sans scrupule, d’une habileté rare, qui impose sa détermination et démontra sa profonde patience.

Elle ne se ménage pas lorsqu'il s’agit d’aider ceux à qui elle a accordé son amitié, ce qui lui vaut le surnom de « la fidèle impératrice». Elle vient en aide à son amie Antonina, mariée à Bélisaire, lorsque celle-ci se compromet dans une relation extra-conjugale avec un jeune Thrace. Un jour, lorsqu'Antonina lui apprend que son amant a été emprisonné suite aux révélations d'un eunuque, elle le fait rechercher et libérer pour le rendre à Antonina[33].

Peu de critiques lui sont faites sur sa conduite et ses mœurs en tant qu’impératrice. Procope lui reproche seulement une chose : avoir fait mettre à mort un intendant, après que celui-ci ait propagé la rumeur, fondée selon lui, selon laquelle elle était amoureuse de lui[42].

Les principales critiques que lui adressent Procope concernent les années qui ont précédé son arrivée au trône, et durant lesquelles elle aurait menée une vie dissolue. Dans son Histoire secrète, Procope fait notamment de Théodora une véritable érotomane. Cependant, les exagérations de Procope, si tant est que l'oeuvre soit réellement de lui, sont certainement à mettre sur le compte d'une opposition politique envers une femme qui, selon une rumeur probablement exagérée, gouvernait son mari et par là-même tout l'empire. Selon Procope, "l'émancipation des femmes sous quelque forme que ce soit, est un mal absolu" et voir une femme d'origine modeste, gouverner de manière indépendante était difficilement acceptable. Attaquer une femme sur sa vertu était un moyen commode de la discréditer. Cette thèse est notamment défendue par l'historien Pierre Maraval. La malveillance de Procope serait, selon lui, le reflet de la haine de l'élite envers une impératrice qui n'était pas issue du milieu aristocratique, et qui était une ancienne actrice, une profession considérée comme déshonorante à l'époque.[42]

Postérité[modifier | modifier le code]

Sarah Bernhardt dans le rôle de Théodora, en 1884.

Son influence sur Justinien fut telle qu'il continua, après sa mort, à s'efforcer de préserver l’harmonie entre monophysites et dyophysites au sein de l'Empire, et il respecta sa promesse de protéger la petite communauté de réfugiés monophysites dans le palais Hormisdas[43].

Après sa mort, la ville d’Olbia en Cyrénaïque (région de l’actuelle Lybie) a été rebaptisée « Theodoria », en l’honneur de l’impératrice. La ville, aujourd’hui appelée Qasr Lybia, est connue pour ses splendides mosaïques datant du VIe siècle[44].

Tout comme son mari Justinien, elle est une sainte de l'Église orthodoxe et est commémorée le 14 novembre.

Tous deux sont représentés sur les mosaïques de la basilique Saint-Vital de Ravenne en Italie, qui existent aujourd’hui et qui ont été complétées après leur mort.

Théâtre[modifier | modifier le code]

L'écrivain et dramaturge français Victorien Sardou lui dédie un drame en cinq actes intitulé Théodora en 1884. Lors de la représentation de la pièce, l'impératrice fut jouée par Sarah Bernhardt.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Plusieurs films relatent la vie de Théodora dès l'époque du cinéma muet. En 1912, le cinéaste français Henri Pouctal adapte au cinéma la pièce de Victorien Sardou. En 1921, l'Italien Leopoldo Carlucci réalise un Théodora (Teodora), film muet en noir et blanc.

Riccardo Freda lui consacre un film en 1952 : Théodora, impératrice de Byzance avec Gianna Maria Canale dans le rôle de Théodora et Georges Marchal dans celui de Justinien.

Théodora est également un des personnages du film d'aventure Pour la conquête de Rome I de Robert Siodmak. Le personnage est incarné par l'actrice italienne Sylva Koscina.

Littérature[modifier | modifier le code]

En littérature, Michel de Grèce a écrit un roman sur sa vie : Le palais des larmes. La princesse Bibesco a écrit un roman sur sa jeunesse :Théodora, le cadeau de Dieu (1953). Guy Rachet, archéologue et historien, a écrit un roman sur l'ascension de Théodora au trône de Byzance intitulé Théodora (1984). Odile Weulersse, agrégée de philosophie, a publié en 2002 le roman Théodora, impératrice et courtisane, réédité en 2015 sous le titre La poussière et la pourpre.

Jean d'Ormesson écrit une Histoire du Juif Errant en 1990, dans laquelle le héros rencontre Théodora à l'occasion de la sédition Nika et lui conseille de se battre.

Peinture[modifier | modifier le code]

Dans le domaine pictural, de nombreux hommages postérieurs lui furent rendues et plus particulièrement au XIXe siècle avec la veine orientaliste. C'est notamment le cas du peintre français Benjamin-Constant, ce dernier ayant réalisé en 1887 deux portraits fictifs de l'impératrice byzantine. D'autres artistes réalisèrent un portrait de Théodora par le prisme de l'actrice contemporaine Sarah Bernhardt, incarnant alors le rôle de cette dernière au théâtre. Des portraits du nom de Sarah Bernhardt en Théodora voient ainsi le jour au début du XXe siècle par le biais des peintres Georges Clairin, en 1902 et Michel Simonidy, en 1903.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. John R. Martindale, La prosopographie de l'empire byzantin, 1992 Cambridge University Press, p. 1240.
  2. Procope, Guerres, I, 24,33.
  3. Jean Haechler, Les Insoumises : 18 portraits de femmes exceptionnelles, de l'Antiquité à nos jours, Nouveau Monde éditions, , p. 121..
  4. Charles Diehl, Théodora, impératrice de Byzance, (lire en ligne), p. 62.
  5. Paolo Cesaretti, Théodora impératrice de Byzance, , p. VII, p 121.
  6. Cesaretti 2003, I, p. 29-30.
  7. (en) John Womack Vandercook, Empress of the Dusk. A Life of Theodora of Byzantium, Reynal & Hitchcock, , p. 244.
  8. Procope, Histoire Secrète, 9,5.
  9. Cesaretti 2003, I, p. 36-37-38-48.
  10. Cesaretti 2003, II, p. 53.
  11. Cesaretti 2003, II, p. 48 à 56.
  12. Ibid.
  13. Cesaretti 2003, III, p 65.
  14. Procope, Histoire Secrète (Anecdota), p. 9,10.
  15. Cesaretti 2003, III, p 67.
  16. Cesaretti 2003, III, p62-63.
  17. (en) Edward Gibbon, The History of the Decline and Fall of the Roman Empire, Volume 4, Cosimo Inc, , p. 212.
  18. Cesaretti 2003, IV, p73.
  19. Procope, Histoire Secrète, 9,13.
  20. Procope, Anecdota.
  21. (en) Robert Browning, Justinian and Theodora, Gorgias Press LLC, , p. 39.
  22. Chisholm 1911.
  23. Procope, Histoire Secrète .
  24. (en) « Justinian and Theodora: Christendom's 6th Century Power Couple ».
  25. Cesaretti 2003, VII, p 125 – 126 – 127 - 133.
  26. Justinien, un empereur de gauche? p. 164.
  27. 12 Femmes d'Orient qui ont changé l'Histoire.
  28. (en) James Allan Evans, he Empress Theodora. Partner of Justinian, University of Texas Press, , p. 17..
  29. Diehl, Charles (1963). Byzantine Empresses. New York, NY: Alfred A. Knopf.
  30. Anderson & Zinsser, Bonnie & Judith (1988). A History of Their Own: Women in Europe, Vol 1. New York, NY: Harper & Row. p. 47.
  31. Dielh, ibid
  32. Henry Houssaye, Revue des Deux Mondes, 3e période, tome 67, 1885 (pp. 568-597).
  33. a, b et c Jean Haechler, Les Insoumises
  34. Marie-Andrée Roy, Agathe Lafortune, Mémoires d'elles, Médiaspaul, , p. 52.
  35. (en) Joannes Asiae, The third part of the ecclesiastical history of John bishop of Ephesus, University Press, , p. 461.
  36. Dorothée Koechlin de Bizemont, L'univers d'Edgar Cayce : toutes les révélations du plus grand médium américain sur la réincarnation, l'histoire, la médecine, le futur, etc, Paris, R. Laffont, , 409 p. (ISBN 978-2-221-04237-3, OCLC 412229587), p. 120.
  37. (en) Averil Cameron, Procopius and the Sixth Century, University of California Press, , p. 80.
  38. J. Rouesse, Une histoire du cancer du sein en Occident, XXII
  39. Procope, Histoire Secrète, IX, X
  40. Procope, Sur les monuments
  41. Cesaretti, 2003, IV, p. 77
  42. a et b Pierre Maraval, Justinien, le rêve d'un empire chrétien universel
  43. Diehl, ibid., p.184
  44. https://en.wikipedia.org/wiki/Theodora_(6th_century)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Théodora, le cadeau de Dieu, de la Princesse Bibesco (1953)
  • Théodora, de l'archéologue et historien Guy Rachet (1984).
  • Histoire du Juif Errant, de Jean d'Ormesson (1990)
  • Théodora, impératrice de Byzance, de l'historien et enseignant en civilisation byzantine Paolo Cesaretti (2003)
  • Le palais des larmes, de Michel de Grèce (2005)
  • Les insoumises : 18 portraits de femmes exceptionnelles, de Jean Haechler (2007)
  • Les Grandes Courtisanes, de Joëlle Chevé (2012)
  • La poussière et la pourpre : Théodora, impératrice et courtisane, de Odile Weulersse (2015)
  • Les couples royaux dans l'histoire, de Jean-François Solnon (2016)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Jeux vidéos[modifier | modifier le code]

  • Théodora est le leader des Byzantins dans l'expansion Gods and Kings du jeu de stratégie Civilization V.
  • Théodora donne des missions à Bélisaire, le personnage principal du pack de campagne "Le Dernier Romain" dans l'extension du jeu Total War ™: ATTILA.

Radio[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]