Pierre Motin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Pierre Motin, né à Bourges en 1566 et mort à Paris en 1612, est un poète français.

D’une haute famille bourgeoise qui avait été anoblie par lettres patentes du roi Louis XI[réf. nécessaire], il suivit les cours de l’Université, alors célèbre, de sa ville natale et y reçut les leçons de Cujas. Puis il alla tenter la fortune littéraire à Paris, « centre des merveilles », et compta parmi les plus estimés poètes de 1600 à 1610, époque « ou la mort le ravist a la fleur de son asge », ainsi que l’écrit son compatriote, l’avocat Chenu, dans les Antiquités de la Ville de Bourges.

Pierre Motin n’est plus guère connu que par ce distique de Boileau :

J’ayme mieux Bergerac et sa burlesque audace
Que ces vers ou Motin se morfond et nous glace,

dans lequel le satirique oppose la prétendue froideur de Motin à l’audace de Cyrano par le plus énorme des contresens et la plus profonde méconnaissance de leurs deux œuvres respectives[non neutre].

Pierre Motin fut, avec François de Malherbe, l’autre grand de la poésie française du XVIIe siècle, mais cette renommée fut bien éphémère. Il jouit cependant, de son temps, d’une assez grande célébrité. Ses vers devaient fournir des exemples, des testi di lingua, au dictionnaire de l'Académie.

L’existence de Motin semble avoir été peu accidentée, des velléités de se faire moine capucin, des études de droit, des vers érotiques, des stances pieuses pour les racheter. Il écrivit pour la cour, éprouva un amour malheureux pour une mademoiselle de La Croix et une grande douleur à la mort d’un jeune frère. C’est ce qui l’a poussé à fournir au lyrisme chrétien et funèbre certains de ses plus beaux textes.

Une ode de sa façon figure dans plusieurs éditions en tête des œuvres du satyrique Régnier dont il était l’ami et qui lui a adressé sa Satyre IV qui commence par ce vers :

Motin, la muse est morte, ou la faveur pour elle.

Faute d’avoir été réunis en volume, les nombreux vers de Motin se trouvaient éparpillés dans divers recueils et dans le Cabinet satyrique jusqu’à ce Paul d’Estrée exhume un manuscrit de la Bibliothèque nationale et en entreprenne la publication, précédée d’une notice biographique, en 1882.

Motin a aussi traduit, à la demande d’Henri IV, deux petits poèmes latins du père Téron sur la naissance de Louis XIII.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Œuvres inédites de Pierre Motin, Éd. Paul d’Estrée, Paris, Librairie des bibliophiles, 1882 ; réimp. Genève, Slatkine Reprints, 1971
  • Poésies, éd. G. Peureux, Paris, S.T.F.M., 2006.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Pierre Antonin Brun, Études sur le XVIIe siècle, Paris, Édouard Cornély et cie, 1908 p. 285-6
  • Société bibliographique, Revue bibliographique universelle, 2e série, t. 17, Paris, Bureaux du Polybiblion 1883, p. 219-220
  • Annegret Baumert, Ein Dichter zwischen Petrarkismus und Libertinismus, Tubingen, G. Narr, "Biblio 17", 2006.
  • Kilien Stengel, Poètes du vin, poètes divins, préface de Jean-Robert Pitte, Paris, collection Écriture, Éditions de l'Archipel 2012, 280p.