Pierre Joseph de Beauchamp

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Pierre Joseph de Beauchamp
Pierre-Joseph de Beauchamp by François-Marie Rosset (attributed to).jpg
Portrait de Beauchamp attribué à François-Marie Rosset [(d) Voir avec Reasonator], 1781.
Fonction
Consul (en)
France
depuis le
Biographie
Naissance

Vesoul
Décès
(à 49 ans)
Nice
Nationalité
Française
Activité
Diplomate, astronome
Autres informations
Religion
Ordre religieux
Membre de

Pierre Joseph de Beauchamp, né le à Vesoul et décédé le [1] à Nice, est un religieux cistercien, diplomate et astronome français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Charles-François-Xavier Beauchamp, avocat en parlement et conseiller de ville à Vesoul, Beauchamp entra dès l’âge de seize ans dans l’ordre des Bernardins, lequel comptait neuf couvents en Franche-Comté[2]. S’étant rendu peu de temps après à Paris, il suivit, au Collège de France, les leçons d’astronomie du célèbre professeur Lalande, et devint l’objet de ses soins particuliers, qui avait remarqué en lui les plus heureuses dispositions[2]. Lorsque son oncle Miroudot du Bourg, nommé consul de France et évêque à Babylone[3], partit pour l’Asie, en 1781, Beauchamp le suivit en qualité de grand-vicaire, pour Alep. Lorsque, malade, Miroudot renonça à se rendre à Bagdad et retourna en France au printemps 1782, laissant la responsabilité de l’évêché à son neveu, ce dernier gagne Bagdad, en octobre 1782, avec la caravane du consul Jean-François Rousseau et en compagnie du botaniste André Michaux. Après une expédition en Perse et un séjour de dix ans dans ces contrées, il fit d’importantes observations astronomiques, qui furent insérées dans le Journal des Savants[2], il rentra en France en 1790[4].

De retour en France au commencement de la Révolution, il vécut au sein de sa famille jusqu’au moment où le gouvernement le nomma consul à Mascate[2], le . Il part pour sa destination en l’an IV, séjourna quelque temps à Venise, se rendit à Constantinople, et de là sur les bords de la mer Noire[2] mais, à cette époque avait lieu l’expédition d’Égypte[2] et, au moment de partir pour son consulat, Bonaparte l’appela au Caire[2]. Nommé membre de l’Institut d’Égypte le , il est adjoint à la section de physique lors de la troisième séance de cet institut. Celui-ci demeura quelques mois en Égypte où il eut de fréquentes conférences avec le général en chef[2]. Il enrichit les Mémoires de l’Institut du Caire de notices très savantes sur Constantinople[2]. Peu après, il est chargé par Bonaparte d’une mission conciliatrice avec la Porte. À peine avait-il quitté le port d’Alexandrie, le , que son navire est capturé en mer par les Anglais et livré aux Turcs comme espion. Ces derniers ayant déclaré la guerre à la France, il fut emprisonné avec le chargé d’affaires à Constantinople, ainsi que tout le personnel de l’ambassade, aux Sept Tours. Après avoir éprouvé, pendant trois ans, les rigueurs de la plus dure captivité, la liberté venait de lui être enfin rendue et Bonaparte l’avait nommé commissaire général des relations commerciales à Lisbonne, lorsque la mort le surprit à Nice, au moment de rentrer dans son pays et d’y recevoir la nouvelle et haute mission qui l’attendait.

La plupart de ses mémoires ont été insérés dans le Journal des Savants des années 1784, 1785, 1787 et 1790; dans les Mémoires de l’Académie des sciences de 1787, et dans le Journal du baron de Zach. On en trouvera le catalogue exact dans la Bibliographie astronomique de Lalande. Lalande lui a consacré une notice dans le Moniteur.

Gravure du Pierre Joseph de Beauchamp, physionotrace de Guenedey et Peter Paul Westermayeur, 7 x 6 cm à Gray, musée Baron-Martin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Galerie biographique du département de la Haute-Saône donne le .
  2. a b c d e f g h et i Louis Suchaux, Galerie biographique du département de la Haute-Saône, t. 1, Vesoul, A. Suchaux, , 424 p. (lire en ligne).
  3. Autrement dit évêque de Bagdad.
  4. Voir Régis Pluchet, L’Extraordinaire Voyage d’un botaniste en Perse : André Michaux 1782-1785, Toulouse, Privat, , 239 p., 24 cm (ISBN 978-2-70891-777-4, OCLC 891655599).

Sources[modifier | modifier le code]

  • Archives Nationales, AF IV 1687, dossier 2 : Pièces concernant le décès et le testament de l’astronome-diplomate Beauchamp, membre de l’Institut d’Égypte (novembre 1801).
  • Bibliothèque Nationale, manuscrits, Fr. n.a. 10157 : Papiers de Beauchamp.
  • Yves Laissus, L’Égypte, une aventure savante 1798-1801, Paris, Fayard, 1998.
  • Jean-Joseph Marcel, Supplément à toutes les biographies. Souvenirs de quelques amis d’Égypte [Sulkowski, Venture de Paradis, Gloutier, Ch. Magallon, Beauchamp, Belletête, Raige], par J J. Marcel, Paris, H. Dupuy impr., 1834.
  • Régis Pluchet, L’extraordinaire voyage d’un botaniste en Perse : André Michaux : 1782-1785, Toulouse, Privat, p. 2014.
  • Louis Suchaux, Galerie biographique du département de la Haute-Saône, t. 1, Vesoul, A. Suchaux, , 424 p. (lire en ligne).
  • Édouard de Villiers du Terrage, Journal et souvenirs sur l’expédition d’Égypte : mis en ordre et publiés par le baron Marc de Villiers du Terrage, Paris, E. Plon, & Nourrit, .
  • Édouard de Villiers du Terrage, L’expédition d’Égypte 1798-1801 : Journal et souvenirs d’un jeune savant, Paris, Cosmopole, 2001 et 2003, p. 351.