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Pavlo Skoropadsky

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Pavlo Petrovitch Skoropadsky
Pavlo Skoropadsky en uniforme de Hetman d’Ukraine
Fonction
Hetman d'Ukraine
-
Biographie
Naissance
Décès
(à 71 ans)
MettenVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Павло́ Петро́вич Скоропа́дськийVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Allégeances
Formation
Activités
Famille
Maison des Skaropadsky
Père
Petro Skoropadsky (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Mariya Myklashevska (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Oleksandra Skoropadska (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Mariya Skoropadska (d)
Yelyzaveta Skoropadska (d)
Danylo Skoropadskyi (en)
Olena Ott-Skoropadska (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique
Ukraińska Partia Demokratyczno-Włościańska (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Arme
Cavalerie
Conflit
Grade
Distinction
Blason
signature de Pavlo Petrovitch Skoropadsky
Signature

Pavlo Skoropadsky (en ukrainien : Павло Петрович Скоропадський, en russe : Павел Петрович Скоропадский), né le à Wiesbaden en Allemagne et mort le à la clinique du monastère de Metten en Bavière, est un homme politique ukrainien. Il se rallia tardivement au mouvement national ukrainien et représenta son aile droite[1],[2].

Pavlo Skoropadsky est un aristocrate et un général décoré de l'armée impériale russe, qui devient un chef conservateur dans la lutte de l'Ukraine pour l'indépendance durant la guerre civile russe[3].

Formé au Corps des Pages il en sort en 1893 et sert dans le prestigieux régiment des chevaliers-gardes, en 1897 il se marie avec la fille du gouverneur général de Moscou Alexandra Dournovo.

Guerre russo-japonaise

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Il est affecté au régiment de Tchita des Cosaques de Transbaïkalie puis servit à l'état-major du général Nicolas Petrovitch Linevitch. En 1905, le tsar Nicolas II lui confère le grade de colonel[3]. Ensuite il est à la tête du 20e régiment de dragons finlandais en 1910. Il est alors aide de camp du Tsar et affecté au régiment des chevaliers-gardes puis général en décembre 1912[3].

Grande Guerre

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Il entre dans la guerre à la tête de la 1re brigade des Chevaliers gardes intégrée à la 1ere division de cavalerie de la garde. Il combat donc avec la 1re armée de l'Empire de Russe de Rennenkampf et sera décoré de l'Ordre impérial et militaire de Saint-Georges[3]. Du 22 janvier au 2 juillet 1917 il commandait la 34e corps d'armée qui devint, en juillet 1917 le 1er Corps Ukrainien.

Révolution

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En 1918 avec Guillaume II à Berlin.

En octobre 1917 il participait au Corps libre cosaque, une armée de soixante mille hommes qui combattait en Podolie sur le front roumain et contre la 2e corps d'armée de Ievguenia Bosch. Il y fut élu ataman.

Le , lors d'un coup d'État contre la Rada Centrale, Skoropadsky est proclamé hetman (chef) du gouvernement d'un État ukrainien (Ukraïnska Derjava)[4]. Son gouvernement, et sa période au pouvoir, sont également connus comme l'Hetmanat[5].

Du point de vue du droit, la République populaire ukrainienne a été abolie par un Congrès des fermiers de tous les Ukrainiens. Dans la réalité, le coup d'État a été sanctionné par l'armée allemande, qui occupe Kiev et d'autres parties de l'Ukraine au printemps 1918. Cette occupation a lieu avec l'accord du gouvernement républicain ukrainien, afin de repousser l'invasion des forces russes bolcheviques. En retour, le gouvernement républicain s'engage à fournir aux forces allemandes des stocks de nourriture réquisitionnés. Rapidement, le commandement de l'armée allemande est mécontent de l'inefficacité et de l'incompétence du gouvernement républicain, qui peine régulièrement à fournir le ravitaillement à temps, peut-être parce que cet accord est resté largement impopulaire[6].

Pavlo Skoropadsky au centre droit de la photo et Constantin Prissovsky deuxième depuis la gauche.

Les autres politiciens ukrainiens accusent Skoropadsky d'être la marionnette des Allemands, soutenue par une grande partie des propriétaires fonciers locaux. Il est également jugé trop pro-russe et dictatorial : il forme un nouveau cabinet comprenant surtout des monarchistes russes, favorables à une fédération avec une future Russie non-bolchevique.

En dépit de ces critiques, par contraste avec le Rada socialiste précédente, son gouvernement a réussi à créer une organisation administrative effective, établi des relations diplomatiques avec de nombreux pays, conclu un traité de paix avec la Russie soviétique et bâti plusieurs écoles et universités.

En , Skoropadsky est chassé du pouvoir lors d'un soulèvement mené par Simon Petlioura[7],[8]. Ce soulèvement restaure nominalement la République populaire ukrainienne, mais le pouvoir est tenu par un Directoire, un corps non-élu de cinq directeurs présidé par Volodymyr Vynnytchenko[9].

Bien qu'évincé du pouvoir, Skoropadsky n'a jamais renoncé à son titre d’hetman. Installé à Berlin-Wannsee en Allemagne, il maintient des liens étroits avec le gouvernement allemand de Weimar et les officiels de l'armée, auxquels le lient des liens personnels d'amitié remontant aux années de formation à l'école militaire[10]. Il refuse toutefois de collaborer avec les nazis arrivés au pouvoir en 1930[3]. Il fonde le magazine Nation en mouvement publié à Berlin de 1939 à 1941. À la fin de la Seconde guerre mondiale, Skoropadsky s'enfuit devant l'avancée des forces soviétiques avec l'armée allemande en retraite. Blessé par une bombe alliée, il meurt quelques jours plus tard à la clinique du monastère de Metten[3]. Inhumé d'abord sur le territoire du monastère, ses restes sont transférés plus tard au cimetière d'Oberstdorf[11].

Son mouvement continue jusqu'au début des années 1980. Celui-ci présente depuis les années vingt un programme ukrainien monarchiste héréditaire basé sur le modèle britannique tout en se référant à l'Hetmanat cosaque. Il disparaît avec le vieillissement des communautés émigrées de l'est de l'Ukraine.

La fille de Skoropadsky, Olena Ott-Skoropadska, est regardée comme l'héritière de ses titres et honneurs. Résidant en Suisse, elle a visité l'Ukraine à plusieurs reprises et a été récompensée pour ses écrits historiques[12].

Notes et références

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  1. Nathalie de Kaniv, « Horthy, Piłsudski et Skoropadsky : trois militaires chefs d’État, figures de l’indépendance de leurs pays », Revue Défense nationale, no 867,‎ , p. 112-116 (lire en ligne)
  2. « Ukraine : Pavlo Skoropadsky, le nationaliste qu'on n'attendait pas », sur L'Express,
  3. a b c d e et f (en) Spencer C. Tucker, World War I, vol. 5, ABC-CLIO, coll. « The Definitive Encyclopedia and Document », , 2307 p. (ISBN 9781851099658, lire en ligne), p. 1470-1471
  4. Luc Thanassecos, Chronologie des relations internationales 1914–1971, De Gruyter, , 690 p. (ISBN 9783110810738, lire en ligne)
  5. Tetiana Ostashko, « La pensée monarchique à l’ukrainienne. Comment les partisans de Pavlo Skoropadsky ont construit un réseau international d’hetmans », sur The Ukrainian Week,
  6. Jean-Jacques Marie, « La guerre des Russes blancs : Chronologie », Cairn.info,‎ , p. 503-510 (lire en ligne)
  7. Alla Lazareva, « L’affaire Petlioura : une grande manipulation venue de Moscou », sur The Ukrainian Week,
  8. Hélène Menegaldo, « Une guerre qui n'en finit pas... », La Revue russe, no 47,‎ , p. 75-89 (lire en ligne)
  9. Hélène Carrère d'Encausse, L'Empire d'Eurasie : Une histoire de l'Empire Russe de 1552 à nos jours, Fayard, , 506 p. (ISBN 9782213649733, lire en ligne)
  10. (en) Ivan Katchanovski, Zenon E. Kohut, Bohdan Y. Nebesio, Myroslav Yurkevich, Historical Dictionary of Ukraine, Scarecrow Press, , 992 p. (ISBN 9780810878471, lire en ligne)
  11. (de) Pavlo Petrovych Skoropadsʹkyĭ, Günter Rosenfeld, Jaroslaw Pelenski, Erinnerungen 1917 bis 1918, Franz Steiner Verlag, , 475 p. (ISBN 9783515074674, lire en ligne)
  12. (en) Iaroslav Lebedynsky, Skoropadsky et l'édification de l'État ukrainien (1918), Harmattan, , 192 p. (ISBN 9782296111066, lire en ligne)

Bibliographie

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Liens externes

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