Nora Astorga

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Nora Astorga
Illustration.
Nora Astorga en 1982.
Fonctions
Ambassadrice du Nicaragua auprès des Nations unies
Président Daniel Ortega
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Managua
Date de décès
Lieu de décès Managua
Nationalité Nicaraguayenne
Parti politique FSLN
Diplômé de Université catholique d'Amérique
Profession Avocate, juge
Religion Catholicisme

Nora Astorga Gadea de Jenkins, dite La Norita, née en 1948 à Managua et morte le dans la même ville, est une femme politique, avocate, juge et guerrillera nicaraguayenne. Elle est membre du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) pendant la révolution sandiniste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Elle naît dans une familiale religieuse et de la classe moyenne nicaraguayenne, liée à la famille Somoza[1].

À l'âge de 22 ans, elle se marie avec Jorge Jenkins, dont elle a deux ans. Deux autres naissent d'un sandiniste, José Maria Alvarado[1].

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Elle est d'abord une catholique pratiquante, faisant de nombreuses œuvres charitables dans les quartiers pauvres.

En 1967, lors des élections présidentielles, elle soutient Fernando Agüero face au président sortant Anastasio Somoza Debayle. Sa famille l'envoie alors étudier la médecine aux États-Unis, où elle reste de 1967 à 1969. Elle s'inscrit également pour des cours de sociologie à l'université catholique d'Amérique. Dégoûtée par les dissections d'animaux, elle abandonne finalement ses études. Elle dira plus que tard que « ce qui [l]'a le plus impressionnée aux États-Unis était les inégalités sociales et surtout le racisme » et que « [sa] conscience politique est née là »[2].

Engagement révolutionnaire[modifier | modifier le code]

Elle retourne au Nicaragua et s'inscrit en cursus de droit à l'université de l'Amérique centrale de Managua. C'est alors qu'elle intègre le mouvement sandiniste[3]. De 1969 à 1973, elle est chargée de trouver des lieux sûrs où cacher le leader Oscar Turcios.

Après son mariage, elle et son épouse partent en Italie, où ils étudient respectivement l'anthropologie et le droit bancaire et la programmation informatique[1]. Elle mène une double vie d'épouse et mère et d'avocate d'un grand groupe de construction qui aide clandestinement les sandinistes.

En 1977, elle fonde l'« Asociación de Mujeres ante la Problemática Nacional ».

Après l'assassinat du journaliste d'opposition Pedro Joaquín Chamorro Cardenal en 1978, elle décide de prendre les armes. Elle prend part à la révolution sandiniste qui renverse le régime d'Anastasio Somoza Debayle en 1979.

Elle est ensuite la principale protagoniste de l'assassinat général Reynaldo Pérez Vega, chef adjoint de la Garde nationale et agent de la CIA. Le , elle l'invite dans son appartement de Managua, faisant mine de lui accorder une faveur sexuelle. Lorsqu'il arrive, trois membres du FSLN, Hilario Sánchez, Raúl Venerio et Walter Ferreti, ouvrent le placard de la chambre et l'enferment dedans. Alors qu'il comptent initialement s'en servir de rançon pour échanger des camarades emprisonnés, le général oppose une résistance et est tué.

Plus tard, il est retrouvé égorgé, avec à ses côtés le drapeau sandiniste.

Faisant l'objet d'une chasse à l'homme de la part du pouvoir en place, Astorga s'arme d'un AK-47 en permanence et rejoint le maquis. C'est dans ces conditions qu'elle tombe enceinte de son troisième enfant.

Ministre et représentante auprès des Nations Unies[modifier | modifier le code]

Après que les sandinistes prennent le pouvoir en , elle est nommée vice-ministre de la Justice. À ce titre, elle supervise le procès de 7 500 membres de la Garde nationale du président déchu Somoza[4].

En 1984, sa nomination comme ambassadrice aux États-Unis est refusée par l'administration Reagan, qui argue de son implication dans le meurtre du général Pérez Vega, agent de la CIA[5].

Elle devient alors à la place représentante adjointe auprès des Nations unies, avant de devenir la titulaire de ce poste en — qu'elle conserve jusqu'à sa mort —[6]. Elle joue un rôle dans la reconnaissance par la Cour internationale de justice de l'illégalité du soutien des États-Unis aux Contras.

Mort et postérité[modifier | modifier le code]

Elle meurt d'un cancer des cervicales à l'âge de 39 ans.

Elle est honorée du titre d'« Héros de la Patrie et de la Révolution » et est élevée dans l'ordre de Carlos Fonseca en .

Un quartier — barrio — de Managua porte son nom.

La chanson « Mariel », composée en 1986 par les KBC Band, est inspirée de Nora Astorga[7].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Margaret Randall et Lynda Yanz, Sandino's Daughters: Testimonies of Nicaraguan Women in Struggle, Rutgers University Press, 1995
  • Patricia Daniel, No Other Reality: The Life and Times of Nora Astorga, CAM, 1998

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c [ « Nora Astorga, a Sandinista Hero And Delegate to U.N., Dies at 39 », The New York Times]
  2. « Nora Astorga in her own words », Envío
  3. The Houghton Mifflin Dictionary of Biography, Houghton Mifflin, 2003.
  4. Margaret Randall, Todas estamos despiertas. Testimonios de la mujer nicaragüense de hoy, 1980.
  5. « 800 Attend Mass for Nicaraguan », The New York Times
  6. « Nora Astorga », madre.org
  7. « Paul Kantner's Nicaragua Diary or How I Spent My Summer Vacation or I Was A Commie Dupe for the Sandinistas », jeffersonstarshipsf.com

Liens externes[modifier | modifier le code]