Nicolas Thomas Barthe

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Nicolas Thomas Barthe
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Nicolas-Thomas Barthe, né à Marseille le 21 décembre 1734 et mort à Paris le , est un poète et auteur dramatique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il fait ses études chez les Oratoriens au collège de Juilly, où il se passionne pour Virgile, Horace et Ovide. Il compose des épîtres en vers octosyllabiques à la manière de Jean-Baptiste Gresset : sur le Génie considéré par rapport aux beaux-arts, sur l'Influence des femmes sur les mœurs, sur le Malheur d'aimer une femme gaie. Ses poésies fugitives le font rechercher par les gens du monde et entrer à l'Académie de Marseille en 1759. Encouragé par ses amis, il s'essaie au théâtre, mais ne connaît qu'un seul véritable succès en 1768 avec une petite comédie en un acte intitulée Les Fausses Infidélités. Après l'échec de sa dernière pièce, il retourne à Ovide et tente de traduire son Art d'aimer, dont seuls seront publiés quelques fragments.

Membre de la société bachique de Grimod de la Reynière, Barthe était de tous les dîners, de tous les soupers ; et sa réputation était celle d'un homme qui dînait et soupait excessivement. Au lendemain d'un souper en ville, il se réveille un jour en proie à de violentes coliques. On court chercher un chirurgien ; plusieurs se présentent à la fois ; ils l'examinent, se concertent, décident d'opérer. Tandis qu'on le met dans un bain pour calmer ses douleurs, il dicte son testament d'une voix ferme. Puis, désignant les chirurgiens assemblés, il dit en souriant à un de ses amis : « Ce n'est pas moi, c'est vous qui paierez ces gens-là ». À peine douze heures après l'opération, on sut qu'il avait dit vrai.

Sa plus grande réussite fut sans doute son unique roman, La Jolie femme, ou la Femme du jour, huit fois réédité en moins de dix ans, dont le thème fut repris ensuite par de nombreux écrivains. Barthe y fait l'éloge ironique du joli, qu'il oppose au beau et au sublime délaissés par les nouvelles élites en quête d'une vie brillante et artificielle[1]. Son roman se termine par une image parodique de la France où triomphe la frivolité :

« Heureuse Nation qui avez de jolis appartements, de jolis meubles, de jolis bijoux, de jolies femmes, de jolies ariettes ; qui prisez avec fureur ces charmantes bagatelles, puissiez-vous prospérer longtemps dans vos jolies idées ! perfectionner encore votre joli persifflage, qui vous conclie l'amour de l'Europe ; et toujours merveilleusement coiffés, ne jamais vous réveiller du joli rêve qui berce mollement votre légère existence[2]. »

Il fut un familier de Denis Diderot et surtout de sa fille Marie-Angélique, à qui il avait l'habitude de prêter des éditions de Voltaire. L'anecdote est rapportée par Diderot dans ses Mémoires pour Catherine II, où il dit de Barthe qu'il est un : « jeune étourdi, homme d'esprit, homme de lettres, auteur des Fausses Infidélités, une jolie petite pièce, et de La Mère jalouse, comédie qui n'est pas sans mérite »

Œuvres[modifier | modifier le code]

Théâtre
Varia

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christian Mouchel et Colette Nativel, République des lettres, République des arts : mélanges en l'honneur Marc Fumaroli, Droz, Genève, 2008, p. 345-346.
  2. Nicolas-Thomas Barthe, La Jolie femme, ou la Femme du jour, Deville, Lyon ; Abraham Lucas, Rouen ; Le Jay, Paris, 1769, p. 217-218. Orthographe modernisée.

Sources biographiques[modifier | modifier le code]

  • « Notice sur la vie et les ouvrages de Barthe » in Œuvres choisies de Barthe, Firmin Didot, Paris, 1811, p. 5-13
  • Philippe Le Bas, L'Univers. France : dictionnaire encyclopédique, Firmin Didot, Paris, 1840-1845, t. 2, p. 159

Liens externes[modifier | modifier le code]