National Instruments

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National Instruments Corporation

Création 1976
Dates clés 1981 : 1ère carte GPIB
1986 : LabVIEW
1987 : LabWindows/CVI
1999 : TestStand
Fondateurs James Truchard, Bill Nowlin, Jeff Kodosky
Action NASDAQ : NATI
Slogan Leader des solutions pour le test et la mesure
Siège social Drapeau : États-Unis Austin
Activité Electronique
Produits Logiciels : LabVIEW, LabWindows/CVI, TestStand, Measurement Studio, DIAdem,
Matériels : DAQ, PXI, VXI, Compact FiedPoint, CompactRIO
Filiales Electronics Workbench Inc.
Effectif + 6 100 [A 1]
Site web http://france.ni.com/
Chiffre d’affaires en augmentation 821.5 M $ (2008) [A 1]
en augmentation 914.8 M $ (2012)


National Instruments Corporation, communément appelée NI, est une entreprise américaine cotée au NASDAQ (sous le sigle NATI) qui compte (en 2011) plus de 6000 employés répartis dans 41 pays. Son siège social est basé à Austin, Texas. Pionnier de l’instrumentation virtuelle, National Instruments est un fournisseur de matériels et de logiciels permettant aux scientifiques et aux ingénieurs de concevoir, prototyper et déployer des systèmes aux applications de test et mesure, de contrôle/commande et embarqués.

La principale plate-forme de développement logiciel de l’entreprise, NI LabVIEW, intègre le langage de programmation graphique G. Parmi les autres produits logiciels, on compte NI LabWindows/CVI (outils de développement d’applications en C/C++), NI Measurement Studio (outils de développement d’applications avec Visual Studio .NET), NI TestStand (séquencement et gestion de programmes de test), NI VeriStand (développement configuratif d’applications de test temps réel), Multisim (anciennement Electronics Workbench, outil de conception de circuits électroniques) ou encore DIAdem (post-traitement de données et génération de rapports).

Côté matériel, National Instruments propose notamment la plate-forme d’instrumentation modulaire PXI et la plate-forme d’E/S NI CompactRIO, avec des modules d’acquisition de données, de mesure, de contrôle, de vision, de commande d’axes moteurs, de communication par bus industriel… permettant de construire des systèmes complets de test automatique ou d’automatisation industrielle. L’entreprise continue, comme à ses débuts, de fabriquer des interfaces GPIB de contrôle d’instruments avec une position de leader sur ce marché.

En 2010, National Instruments a vendu des produits à plus de 30 000 entreprises dans 91 pays différents, pour un chiffre d’affaires de 860 millions de dollars. Pour la douzième année consécutive (depuis 2000), le magazine Fortune a classé la société parmi les cent meilleures employeurs aux États-Unis. Et pour la troisième années consécutive, la filiale française figure parmi les 15 premières entreprises de moins de 500 salariés où il fait bon travailler, classement établi par l’institut Great Place To Work en France.


Le campus de National Instruments à Austin, Texas

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Au début des années 1970, trois jeunes hommes, James Truchard, Jeff Kodosky et Bill Nowlin, sont employés au Laboratoire de Recherche Appliqué de l’Université du Texas à Austin. Dans le cadre d’un projet de recherche pour l’U.S. Navy, ils font appel à l’informatique alors naissante pour la collecte et l’analyse de données. Comme les méthodes d'acquisition de données qu'ils ont à leur disposition leur semblent inefficaces, ils décident de créer un produit qui leur simplifie la tâche. En 1976, alors qu’ils travaillent encore dans le garage de James Truchard, ils fondent une entreprise. Ils tentent d'obtenir plusieurs appellations, au nombre desquelles Longhorn Instruments et Texas Digital, mais toutes sont refusées. Finalement, ils choisissent le nom actuel de National Instruments.

Ayant obtenu un prêt de 10 000 dollars, l'équipe s'achète un micro-ordinateur PDP-11/04. Leur premier projet consiste à concevoir et construire une interface GPIB compatible avec ce dernier[1]. Leur première vente est le fruit d’un appel téléphonique inopiné à la base aérienne de Kelly, à San Antonio (Texas). Comme ils sont encore tous trois sous contrat avec l’Université du Texas, ils embauchent en 1977 leur première employée à plein-temps, Kim Harrison-Hosen, pour gérer les commandes, la facturation et les demandes des clients. À la fin de l’année, ils ont vendu trois de leurs cartes et, pour augmenter leur activité, ils rédigent un courrier qu’ils envoient à 15 000 utilisateurs de PDP-11. En 1978, l’augmentation de leurs ventes leur permet d’emménager dans un véritable local commercial d’une superficie de 56 m2 au 9513 Burnet Road, à Austin.

Années 1980[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1970, la société affiche un montant de commandes de 400 000 $ et enregistre un bénéfice de 60 000 $. En 1980, James Truchard, Jeff Kodosky et Bill Nowlin quittent leur emploi pour se consacrer à National Instruments à plein temps. L'entreprise change de locaux à la fin de l'année et loue 500 m2 de bureaux. Dans le but d’augmenter son chiffre d’affaires, la société entreprend de nombreux projets spéciaux, au rang desquels un système de cartes de crédit pour des stations-service et un générateur de signaux pour le test acoustique des sonars de l'U.S. Navy. En 1981, l’entreprise a passé la barre du million de dollars de chiffre d’affaires, ce qui la pousse, en 1982, à emménager dans des bureaux de 1 000 m2.

En 1983, National Instruments franchit une étape majeure de son histoire en développant sa première carte GPIB capable de connecter des instruments de mesure à un PC IBM[1]. Au moment de l’arrivée de l’ordinateur Macintosh, la société est prête à tirer parti des interfaces graphiques qui en sont la nouveauté. Kodosky, aidé d'étudiants-chercheurs, lance un projet de recherche à l’Université du Texas, pour trouver de nouvelles manières d’exploiter cette nouvelle interface. Ses recherches mènent à la création du produit phare de NI, la plate-forme de développement graphique LabVIEW pour l’ordinateur Macintosh, mise sur le marché en 1986. Ce logiciel conçu pour les ingénieurs et scientifiques permet de programmer de façon graphique, en reliant des icônes entre elles, au lieu de rédiger du code textuel. En leur fournissant un environnement de développement plus intuitif et moins structuré, LabVIEW augmente leur productivité, ce qui lui assure un certain succès.

En 1986, la société compte 100 employés. Les fondateurs, soucieux du bien-être de leurs collaborateurs, mettent en pratique la devise : " Travaillons dur, on s’amusera bien ensuite". Les réussites des employés, petites ou grandes, sont fêtées, et l’entreprise met en place des événements pour ses collaborateurs pendant et après leurs heures de travail. Cette philosophie : féliciter ses employés et leur proposer des festivités animées, accompagnera la société tout au long de sa croissance.

La société prend la décision d’entreprendre la vente directe de ses produits au lieu de confier la vente à des distributeurs. En 1987, elle ouvre sa première filiale étrangère à Tokyo (Japon). Et en 1988, sa première filiale européenne, en France, au Blanc-Mesnil (93).

Années 1990[modifier | modifier le code]

En 1990, NI emménage dans un nouveau local au 6504 Bridge Point Parkway, qu'elle achète en 1991. Ce nouveau bâtiment, situé sur les rives du lac Austin près du pont Loop 360, devient connu sous le nom de Silicon Hills : Bridge Point.

NI obtient son premier brevet pour LabVIEW en 1991. Plus tard dans l’année, l'entreprise introduit le SCXI (Signal Conditioning eXtensions for Instrumentation), un système modulaire destiné à augmenter les capacités de ses matériels d’acquisition de données sur PC. En 1992 est lancée la première version de LabVIEW pour PC sous Windows et Unix. Pour compléter sa force de vente directe, NI crée également le Programme Partenaires Alliance, qui permet aux clients de faire appel aux services de développeurs, d’intégrateurs système et de consultants tiers sélectionnés dans le monde entier.

LabVIEW étant désormais disponible sur PC, donc pour un large éventail d’utilisateurs, l'entreprise atteint en 1993 la barre des 100 millions de dollars de ventes. C’est l’année où NI lance l’environnement logiciel LabWindows/CVI dans le but de répondre à la demande des programmeurs en C/C++. L’année suivante, un employé passionné fait un début d’expérimentation avec le World Wide Web, encore peu connu, et développe natinst.com, la première page Web de l'entreprise. National Instruments, en croissance continue, commence à manquer d'espace sur son campus de 12 600 m2. En 1994, l’entreprise pose la première pierre d’un nouveau campus sur un site de 290 000 m2 longé par le North Mopac boulevard, dans le Nord d'Austin. À ce moment, NI emploie mille personnes.

Le nouveau campus de NI, qui ouvre ses portes en 1998, a été conçu dans le souci du bien-être des employés. Il comprend des aires de jeu dédiées, comme des terrains de basketball et de volleyball, une salle de gym pour les employés et une promenade piétonne couvrant tout le campus. Chacun des bâtiments du campus est pourvu de larges vitrages et conçu selon un plan à étages ouverts, pour que les collaborateurs travaillant en open space dans le bâtiment reçoivent le plus de soleil possible, et puissent profiter de la vue sur le Nord-Est d’Austin. Afin d'insister sur l'égalité entre collaborateurs, même « Dr. T » (c’est le surnom donné par les employés à leur directeur James Truchard), travaille en open space et n’a pas de place de parking réservée.

Dans le cadre de leur régime de rémunération, les salaries de NI se voient attribuer des stock-options alors que la société est encore à capital fermé. Quand, en 1995, la société décide de s'ouvrir en bourse, plus de 300 employés, anciens ou en poste, possèdent des parts. Aujourd’hui, l’entreprise est cotée au NASDAQ sous le sigle NATI. Le premier appel public à l’épargne est un succès, et, alors que beaucoup des employés titulaires de stock-options se retrouvent subitement assez riches pour prendre leur retraite, la plupart d’entre eux choisissent de rester. Dix ans plus tard, ils seront toujours nombreux à travailler pour l'entreprise.

À la fin des années 1990, on commence à utiliser LabVIEW dans le cadre d’applications d’automatisation industrielle. Avec LabVIEW et les cartes d’acquisition de données de dernière génération fournies par l’entreprise, il devient possible pour les ingénieurs de remplacer des instruments coûteux, aux fonctions figées et définies par le fabricant, par un système personnalisé basé PC capable d’acquérir, d’analyser et de publier des données avec plus de souplesse, et à des coûts plus bas. Avec le rachat du logiciel Lookout de Georgetown Systems, les produits NI se taillent une place grandissante dans les applications en milieu industriel. En 1996, l'entreprise a passé les 200 millions de dollars de ventes annuelles, et est citée dans le classement des 200 Meilleures PME du magazine Forbes.

Sur les années suivantes, les ingénieurs de NI continuent de repousser les frontières de l’instrumentation virtuelle en proposant des logiciels et matériels de vision industrielle, qui utilisent des caméras en guise de capteurs, et des logiciels et matériels de commande d’axes moteurs. NI introduit également le standard industriel PXI, basé sur le CompactPCI, pour la création de systèmes de mesure et d’automatisation modulaires, et le logiciel NI TestStand pour la gestion des tests en production.

Années 2000[modifier | modifier le code]

Le trafic du site et l'e-commerce connaissent un essor rapide après l'acquisition du domaine ni.com par la société, qui commence à investir dans le Web afin de mieux mettre en valeur ses produits. Rapidement, des outils de configuration y sont mis à disposition des clients pour les aider à trouver la combinaison de produits idéale pour résoudre leur problème, de même que la section NI Developer Zone, qui permet aux développeurs utilisant les produits NI d'accéder à des programmes d'exemple, des extraits de code et des astuces de développement, mais également des forums sur lesquels utilisateurs et employés de NI s'efforcent de répondre à des questions concernant les produits.

En 2000-2001, NI se lance dans une série de constructions, avec premièrement l’ouverture à Debrecen (Hongrie) de sa première usine implantée à l'étranger. Ce site de 13 400 m2 permet à l’entreprise de diversifier ses capacités de production, qui étaient jusqu’alors localisées uniquement à Austin, et facilite les envois directs à ses clients européens (aujourd’hui, l'usine de Debrecen représente environ 90 % de la production de NI). En 2002, l’entreprise inaugure le Truchard Design Center, plus connu par les employés sous le nom de "bâtiment C", sur son campus de Mopac. Avec ses 35 200 m2, haut de huit étages, il devient le quartier général des opérations de R&D de National Instruments. Le bâtiment une fois terminé, le campus de NI a enfin une capacité d'accueil suffisante pour abriter l'ensemble des employés de NI à Austin sur un seul et même site.

En 2002, National Instruments attaque MathWorks en justice pour violations de brevets. Les années suivantes, NI fait valoir devant les tribunaux que MathWorks a violé quatre de ses brevets, mettant en lumière la grande similarité de leur logiciel Simulink avec LabVIEW. Le jury constate que ces quatre brevets, enregistrés aux États-Unis sous les Nos. 4 901 221, 4 914 568, 5 301 336 et 5 291 587, sont valables, et que les trois premiers ont été illégalement violés. Après plusieurs appels, le cas est finalement clos en 2004, avec la décision prise par un juge fédéral d'interdire à The Mathworks, Inc. la production et l’expédition de leurs produits Simulink. Aux clients de MathWorks, NI propose son toolkit LabVIEW Simulation Interface, qui leur permet d'exploiter les données acquises en utilisant Simulink.

Annoncé en 2003, LabVIEW 7 Express représente le couronnement de quatre ans d’efforts de la part des ingénieurs, et est certainement la mise à niveau la plus significative de LabVIEW depuis la version 2.5 pour Windows en 1992. LabVIEW 7 Express simplifie d’une façon inédite la création d’applications de mesure et d’automatisation et élargit l’éventail des cibles de LabVIEW aux FPGA embarqués, à Palm OS et aux PC de poche(PDA) de Microsoft.

En 2004, NI annonce la sortie du CompactRIO, un système de contrôle et d’acquisition de données dotés d’entrées/sorties reconfigurables (RIO) par FPGA. Ce PAC (contrôleur d’automatisme programmable) combine une architecture embarquée ouverte avec un encombrement réduit, la robustesse et des modules d’E/S industriels insérables à chaud. Il est aujourd’hui utilisé comme enregistreur de données temps réel, comme système de contrôle/commande industriel, ou encore comme plate-forme de prototypage et de déploiement de systèmes de contrôle embarqués.

En 2006, NI fête ses 30 ans en même temps que les 20 ans du logiciel LabVIEW. En se projetant dans la prochaine décennie, la société continue de faire évoluer tout naturellement son axe de développement. L’approche de conception graphique de systèmes de LabVIEW continuera à servir au mieux les besoins croissants aussi bien dans la conception de systèmes de contrôle et embarqués que dans le domaine du test et mesure.

En 2007, NI introduit LabVIEW 8.5 pour les processeurs multicœur, le PXI Express, et étend sa famille de matériels RIO. C’est aussi l’année du déménagement des locaux de la filiale française, qui s’installe à Nanterre (92).

En 2010, la société élargit considérablement les capacités de mesure RF de la plate-forme PXI, avec notamment l’introduction de l’analyseur de signaux RF le plus performant de l’industrie.

NIWeek[modifier | modifier le code]

Depuis 1995, National Instruments organise une conférence annuelle des développeurs à Austin. Des ingénieurs et scientifiques du monde entier viennent assister à cette conférence d'une semaine à l'Austin Convention Center. NIWeek consiste principalement en des sessions techniques, présentées par des employés de NI et des intervenants extérieurs, sur les produits de l’entreprise et les technologies mises en œuvre. Une salle d’exposition permet aux intégrateurs de l’industrie et aux fournisseurs de présenter leurs produits, et de nombreux clients et étudiants viennent présenter des articles sur leur travail avec les outils NI.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://www.ni.com/company/citizenship/profile.htm
  1. a et b (en) « Three Entrepreneurs Seed a Revolution », National Instruments,‎ 2006 (consulté en 2007-03-02)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]